Faux leaders, leaders intrus, leaders à la solde du CNDD, espions, etc. On aura tout entendu à Ouaga pour nommer certains leaders politiques qui se sont invités dans la capitale burkinabé. En effet, une honteuse scène s’était produite le mardi matin à la Présidence du Faso et qui a entraîné le refus de l’accès à la salle polyvalente de certains membres des Forces vives, plutôt pris comme proches de la junte.
Ainsi, d’altercations en conciliabules, le linge sale a été lavé en famille et tout semble rentrer dans l’ordre pour le bonheur de la Guinée. Selon d’ailleurs Soriba Sorel Camara, le chargé des affaires politiques de Mamadou Sylla, président de l’UDG (Union démocratique de Guinée), qui a été exclu de la rencontre du mardi, cité par des confrères burkinabés, "il n’y a pas de dissension entre les Forces vives guinéennes." Cette appréhension est-elle plausible à l’heure où nous sommes ? Ce qui est sûr, le nombre de décideurs arrivé à Ouaga était plutôt pléthorique. Certains leaders ne pouvant même pas émettre des idées. On parle de plus de cinquante représentants. D’où le tri pour n’en retenir qu’une dizaine dans un souci d’efficacité et de sérénité des débats. Conséquence de cette coupe "sombre": de "célèbres" délégués comme l’ancien Premier ministre Lansana Kouyaté et le richissime Mamadou Sylla ont été éconduits.
C’est ce qui justifie en grande partie le déchaînement des passions. Compaoré, dépassé par l’incident a choisi d’accorder de petites audiences à certains et d’une façon séparée. « On croyait la querelle de leadership terminée, réglée depuis lors. Mais ce n’est visiblement pas le cas au regard de la pléthore de représentants qui a convergé à Ouagadougou. A ce que l’on dit, certains sont même venus sans être invités, convaincus d’être incontournables. Chacun se dit représentatif sur l’échiquier politique, syndical ou de la société civile et tient à être de la partie, quitte, pour cela, à jouer les indisciplinés », note la presse ‘’ouagalaise’’ qui n’a manifestement pas manqué de chou gras en recevant la pléthore guinéenne.
Pourtant, poursuivent nos confrères, c’est le propre des négociations de n’inviter autour de la table que ceux qui comptent. « Vouloir y convier tout le monde, c’est prendre le risque de créer une belle pagaille. En médiateur averti, Blaise Compaoré s’est vu obligé de mettre de l’ordre dans le cafouillage que les Forces vives n’ont pas pu régler au pays avant de venir. Le chef de l’Etat burkinabè n’a donc pas hésité à tailler le nombre des "incontournables" et aussi à mettre la bride à certains délégués qui font des déclarations à l’emporte-pièce, sans être des porte-parole attitrés. Si cette propension arrange la presse qui a alors quelque chose à se mettre sous la dent, il n’en demeure pas moins qu’elle peut compliquer les négociations en l’absence de tout encadrement. »
Peut-on donc dire réellement que le linge sale a été lavé ? Du moins momentanément, car, un autre sujet à discussion est à venir : la composition de la structure de la transition et bien d’autres... On va certainement se manger, oubliant qu’ils luttent tous pour l’avenir de la Guinée, leur patrie. Celle qui a été longtemps prise en otage par des vautours à la corruption rampante et aux détournements endémiques. Attention donc aux dissensions incultes !
Thierno Fodé SOW
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