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Une vingtaine de Guinéens vient d’être expulsés du Mozambique. A leur arrivée à Conakry, il y a environ deux semaines, ils ont été regroupés dans un centre d’accueil ouvert pour la circonstance dans la commune de Matam. Une autre vague suivra dans les prochains jours, selon le ministère des Affaires Etrangères, de la Coopération et des Guinéens de l’Etranger. Le Mozambique vient d’emboîter le pas à l’Angola, qui s’est forgé une mauvaise réputation dans l’expulsion des ressortissants africains, en mettant hors de ses frontières des immigrants qui étaient en situation irrégulière dans ce pays de l’Afrique Australe. Dans le lot des expulsés figurent de nombreux Guinéens. Une vingtaine a déjà regagné Conakry. Ce sont de petits exploitants appréhendés dans les zones diamantifères du Mozambique. Le département des Affaires Etrangères, de la Coopération, de l’Intégration Africaine et des Guinéens de l’Etranger a pris la mesure de la situation et entend mener des actions visant à réserver un bon accueil à ces Guinéens indésirables. Il entend également s’informer sur le traitement réservé à nos compatriotes, une fois arrêtés, pour ce qui concerne surtout la violation de leurs droits. Détenus dans des prisons, sous la garde de geôliers qui n’ont aucune connaissance du Droit International Humanitaire (DIH), ils subissent parfois l’humiliation et des abus de toute sorte. Au centre d’accueil de Matam, qui a été ouvert pour la circonstance, cette première vague d’expulsés a bénéficié du gîte et du couvert avant leur transfert dans leurs familles respectives. Et le département des Affaires Etrangères, de la Coopération, de l’Intégration Africaine et des Guinéens de l’Etranger a annoncé que d’autres suivront dans les prochains jours. Du côté de l’Europe, les opérations d’expulsion se déroulent aussi régulièrement en direction de Conakry. C’est le cas récemment de la Suisse qui a renvoyé une dizaine de Guinéens. Le gouvernement de Lansana Kouyaté avait promis il y a quelques mois de trouver un remède à cette sortie massive de nos compatriotes qui sont aujourd’hui parmi ceux qui fuient le plus leur pays, en direction parfois d’un eldorado qui n’en est malheureusement pas un. Aucun effort n’a pourtant été fait dans ce sens. C’est le moins qu’on puisse dire avec ce gouvernement qui est retombé dans la guerre des clans dont les conséquences ne peuvent être que dévastatrices pour le sort des populations, surtout pour ce qui concerne la couche juvénile qui se retrouve sans repères et sans travail. Qu’on ne soit donc pas surpris de voir cette jeunesse fuir vers des cieux plus cléments. Mamadou Dian Baldé Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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