vendredi 2 octobre 2009
Ils ne doivent pas être morts pour rien !
Faya L. Millimouno

Face à l’énormité de la perte du 28 septembre 2009, je commence ce message par la présentation de mes condoléances les plus attristées aux familles des disparus et à tout le peuple de Guinée. Je prie pour le repos de l’âme de nos martyrs et je souhaite prompte rétablissement à tous les compatriotes blessés ou violées.

Ces crimes haineux donnent au peuple de Guinée un enseignement important. En effet, les criminels de Cosa en 2001, ceux de juin 2006, de janvier et février 2007, et de juin 2008 sont enfin connus par les guinéens et la communauté internationale. Le style d’embuscade criminel perpétré le 28 septembre 2009, sous le commandement direct du CNDD et du gouvernement, ressemble étrangement à celui qui a été utilisé en janvier et février 2007, et qui a couté la vie à un demi-millier de guinéens au pont de la mort, anciennement appelé « Pont Fidel Castro ».

En ce moment, dans la colère et la douleur, beaucoup d’entre nous avions naïvement émis l’hypothèse d’une bande armée venue de la Guinée Bissau. Aujourd’hui, après avoir été témoin de ce qui s’est passé le 28 septembre 2009, nous nous rendons à l’évidence que cette hypothèse était fausse. C’est l’armée guinéenne qui avait tué, comme elle vient d’en donner la preuve, son propre peuple qu’elle est censé protéger.

Après la phase de condamnation en cours, gardons présent à l’esprit qu’il faut que tous les guinéens qui rêvent d’une Guinée paisible, où il fait bon de vivre, restent soudés jusqu'à la condamnation de ces criminels et complices par la cour pénale internationale. Ne cédons pas à la division, car elle a toujours été utilisée par les dictateurs de Conakry et, surtout, ça leur profite.

Aujourd’hui, cette bande de criminels tente de faire croire à une partie de la population guinéenne que les peulhs sont contre l’accès au pouvoir d’un ressortissant de la Forêt. Pour convaincre cette partie de la population, elle met au compte des peulhs la réaction de rejet qui a suivi la nomination par Lansana Conte de M. Eugene Camara comme Premier Ministre en 2007. Elle essaye également de faire passer les réactions contre la candidature de M. Moussa Dadis Camara pour l’œuvre de l’ethnie peulh seulement. L’objectif inavoué est bien entendu de créer la division pour régner. Je rappelle à mes frères ressortissants de la Forêt que Moussa Dadis Camara ne s’était pas présenté comme un peulh ou un malinké ou encore un soussou ou même un musulman le 23 décembre 2008 pour être accepté par la quasi totalité de la population guinéenne. Je vous rappelle que le leader religieux guinéens le plus admiré et respecté est Monseigneur Robert Sarah. Il n’est ni musulman, ni peulh, ni malinké encore moins un soussou.

La stratégie de diviser pour régner est maintenant devenue classique dans l’histoire politique de notre pays. En effet, M. Sékou Toure, en mal d’initiatives porteuses, a crée la division en inventant le « Complot Peulh » et la « Cinquième Colonne » pour asseoir son système criminel. Le résultat pour tous les guinéens, nous le savons : la misère, l’exil, les pendaisons publiques, le Camp Boiro, le Coco Lala, les Normes, et que sais-je encore.

Avec M. Lansana Conte, on se rappelle de l’exploitation à outrance du dédain présumé d’Ismaël Toure à l’égard de Lansana Beavogui, le successeur constitutionnel de M. Sékou Toure. On a fait passer la faute d’un individu ou de quelques individus pour la « position officielle » des malinkés à l’égard des ressortissants de la Forêt. Cela a permis à M. Conte de réunir les ressortissants de la Forêt en bloc solide et loyal à son régime pendant 24 ans.

Toujours sous Conte, nous avons vécu en 1985 son « Wo Fatara » et l’assassinat sans procès des dignitaires du régime de M. Sékou Toure, des officiers et cadres supérieurs malinkés. Les conséquences de son système qu’il réussît à mettre en place ont été et sont les mêmes pour tous les guinéens: la misère, la corruption, la chasse aux ressortissants de la Forêt après les évènements de février 1996, l’assassinat à Cosa des jeunes ressortissants de la Forêt en 2001 et la confiscation de leurs corps au mépris de toute valeur humaine pendant 8 ans, la destruction sans reconstruction de la ville de Gueckedou en 2001, les tueries de 2006, 2007 et 2008, le narcotrafic, la prostitution, et que sais-je encore.

Encore aujourd’hui, comme pour recycler la même stratégie de diviser pour régner, les nouveaux stratèges de Conakry trouvent soudain un argument supplémentaire pour convaincre notamment les ressortissants de la Forêt à soutenir une troisième dictature qui s’annonce plus dévastatrice que les deux premières : « il est le vôtre » disent-ils. Quelle différence y’a –t-il entre se faire assassiner par son frère et se faire assassiner par un blanc ? Quelle différence y’a-t-il entre sa misère créée par son frère et celle créée par un blanc ? Aucune !

Ce qui fait que cette troisième dictature s’annonce plus dévastatrice si nous ne l’arrêtons pas maintenant, tient à deux facteurs au moins:

1. Le tempérament de M. Moussa Dadis Camara est tout sauf celui d’un chef d’Etat. On n’est pas un bon chef d’Etat parce qu’on est fougueux et impulsif. On l’est encore moins parce qu’on est insolent et violent. Car diriger un pays n’est pas une question de passion mais d’option. Un bon chef d’Etat se remarque d’abord par son calme, son sens de l’écoute, sa modestie, son respect pour la personne humaine et pour les valeurs de la société qu’il dirige.

2. Avec M. Lansana Conte, on avait à affaire à un analphabète qui était conscient de son état. Il le disait d’ailleurs à chaque fois qu’il avait l’occasion. Mais notre nouveau président ne sait pas qu’il ne sait pas, parce qu’il se dit sortant de « lUniversité ». Comme le dit Alain Barrière, « Celui qui ne sait pas – et ne sait pas qu’il ne sait pas, fuis-le …. ». Je ne vous demanderais pas, moi, de fuir M. Moussa Dadis Camara et le CNDD, mais plutôt de les arrêter et les traduire devant la justice nationale ou internationale.

J’invite tous les compatriotes à sortir du mutisme qui a été à l’origine de la disparition des plus valeureux fils et filles de notre pays. Comme en 2007, levons-nous comme un seul homme pour défendre courageusement la valeur humaine tout court. Ne pas le faire, c’est opter chacun de nous à attendre religieusement son tour d’être assassiné. La mort n’est pas meilleure parce qu’elle a été infligée par notre frère. Rappelons-nous de la citation suivante du pasteur Martin Niemöller: « Quand ils sont venus chercher les communistes, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas communiste. Quand ils sont venus chercher les Juifs, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas Juif. Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas syndicaliste. Quand ils sont venus chercher les catholiques, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas catholique. Et lorsqu’ils sont venus me chercher, il n’y avait plus personne pour protester.»

Le pouvoir est supposé être un instrument au service du bien être, du développement et de la prospérité des gouvernés. Mais en Guinée, hélas ! Le pouvoir est devenu le refuge de tous ceux et toutes celles qui croient que le respect est une faiblesse, que le dialogue est une abdication,  que la loi est un encombrement, que l’honnêteté est une malédiction  et que le partage est un échec. Ce sont ceux-là qui ont échoué pour la plupart, plongé et gardé depuis trop longtemps notre pays dans la misère. Ayant compris cela, levons-nous,  battons-nous mais surtout protestons maintenant pendant qu’il reste encore d’autres pour protester quand notre tour viendra. Battons-nous  pour sauver la patrie pendant qu’il y a encore une patrie de nos compatriotes à sauver d’une mort certaine.


Faya L. Millimouno,
Glenarden, MD


www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Andre Loua, samedi 3 octobre 2009
Le moment est important pour l`avenir de notre pays. Ne jouons pas aux pyromanes en ajoutons de l`huile sur le feu. Ce qui s`est passé dans notre pays est extrèmement grave. Calmons le jeu et cherchons des solutions de sortie de crise. Ce pays appartient à nous tous. Il n`est donc pas question de continuer à se diviser davantage. La Nation est déjà suffisamment éprouvée.
Youssouf Bangoura, samedi 3 octobre 2009
Quel message, Quelle clairvoyance, quel appel! Ah oui la guinée a suffisamment des fils valables, dignes et humains. Battons nous pour notre bonheur, battons nous pour que ces tueries cessent, si nous croissons nos bras pour dire que nous ne sommes pas concernés, quand notre tout viendrait, il n `y aurait plus personne pour nous defendre. Ce texte de Mr Millimono est limpide. merci, continuez à nous eclairer.
DUBALAYE, samedi 3 octobre 2009
la thématique que vous avez soulevée doit etre approfondie par Mr Doré, kylé, Savané, Fofana ect.... par toutes les ames de bonne volonté et hommes de savoir. il est temps de démystifier les mythes éculés du communautarisme éthnique ou collectivisme villageois qui empechent les Guineens de se convertir définitivement à la sainte trinité de notre devise nationale: une fraternité republicaine vécue, une solidarité intégrale perenne et une justice et égalité civique garanties par des sanctions judiciaires incontournables. le tout dans la mystique de la liberation économique du genie createur des Guinéens. Car l`impunité, l incivisme, l insucurité et l insalubrité ont eté le terreau fécond qui a permis l enracinement de la longevité politique juska mort s`en suive de nos rois-négres-omniprésidents: Sékou, Conté aujourd`hui Calamity Daddis ! la paix a la Guinéhaine "pax guinéa", ou la Guinée est une famille concept inopérant quant a la science politique qui commande en lieu et place une construction nationale, la manipulation des fibres ethniques sont les ingrédients de l`imposture ideologique sur fond de violences politiques meurtrieres qui ont permis au Présigang Conté de s aliener et s accommoder de l ignorance et de la misere de nos concitoyens assimilés a des betes sauvages , afin de s offrir a la barbe de tous et chacun le pouvoir à vie avec l`héritage enconbrant que nous connaissons. il faut a tout prix eviter que daddis et ses freres Dalton de l armaée Guinéhaine ne réiterent l exploit de braconner nos libertés et notre dignité fondement de la souveraineté de notre pays. ici c est pas l origine ethnique qui est en cause, c est plutot son action politique cataclysmique sur la transition, l unité et l identité plurielle de la Guinée. c est son incapacité morale, instabilité pyschique et intellectuelle qui met en peril le destin de la nation Guinéenne en la livrant a un amateurisme affligeant et activisme lyrique abscons. Merci FAYA POUR TON INITIATIVE;
siba camara, vendredi 2 octobre 2009
M.Millimono merci pour votre réaction , nous les guineens donnons nous les mains pour faire arreter ces bandes de criminels pour les traduire au TPI, en guinée en ce moment c`est pas probleme d`ethnie ma mere est soussou mon pere est kissi , freres et soeurs guineens luttons par tous les moins de mettre ces assasins aux arrets. je prie le seigneur ke l`ame de nos disparue repose en paix Amen
Faya L Millimouno, vendredi 2 octobre 2009
M. Amos Kamano ou M. XXX, vous vous trompez de personne. Vous etes probablement l`un de ces extremistes de n`importe quelle region qui cherchent a mettre le feu a la Guinee pour des raisons inavouees. Ici en Amerique ou je vis, mon salaire me suffit d`abord.
Koundouno Fatoma, vendredi 2 octobre 2009
Excellente analyse mon frère! Il faut qu`on fasse tout pour déjouer le plan machéavelique de Dadis. Il veut se victimiser pour opposer les différentes ethnies afin de legitimer son pouvoir. Mais son plan a déjà échoué et nous vaincrons contre son système
Amos Kamano, vendredi 2 octobre 2009
Monsieur Millimono, tu m`étonnes aujourd`hui par ta prise de position. Hier, et je me souviens, après la prise du pouvoir par l`armée, lors des communications téléphoniques que nous avons eues en tant que ressortissants de la forêt, tu nous incitais à soutenir ce pouvoir car il est nôtre. Sans convictions, tu as cherché à te faire nommer à un poste ministériel. Aujourd`hui, comme tombé des nuits, tu demandes de lutter contre ce pouvoir que tu as défendu corps et âme. À ta défense, tu me diras que c`est à la suite des événements du 28 septembre dernier. On savait que ce pouvoir n`était pas à accepter. Ta volteface n`impressionne pas. Tu n`es qu`un manipulateur qui veut se faire passer pour un intellectuel. Souviens-toi des paroles que du m`as tenues lors que j`avais décidé de m`opposer à ce pouvoir. Tu n`as pas honte de ce revirement parce que tu veux faire partie des Forces vives qui vont prendre le pouvoir? Guinéens, Mr Faya est l`un des forestiers qui ont encouragé ce pouvoir. Qu`il ne nous trompe pas.
Momo Soumah, vendredi 2 octobre 2009
Une bonne analyse. Merci!!!!!
diallo alphaoumar dacar, vendredi 2 octobre 2009
ce doulereux k meme laffaire de la guinee a chaque fois ce cette jeunesse mure qui consstutue le lendemain de la guinee qui et devant ce badauts ce tiran ce milice. formeer et nourris par le contrubuable des guineens a quands comprendront-ils
amy, vendredi 2 octobre 2009
Merci Mr Millimouno pour cet message rassembleur. Vous dites bien vrais. Le pays est à majorité musulmane mais on est tous d`accord à confier à MGr Robert Sara ce qu`on ne confierai jamais aux imams. Meme chose pour Daddis. Nous sommes une seule et unique Guinée!! On souhaite tous la fin de la misère de la mal gouvernance et de l`impunité. Merci encore !
Alpha Ben Oumar Diallo, vendredi 2 octobre 2009
M. Millimouno votre article va dans le sens de l`histoire ! Personne ne rejette Dadis à cause de son origine mais parce que c`est un criminel ! Je peux parler avec Madeleine Dadis mais pas avec Moussa Dadis.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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