lundi 22 mars 2010
Ils n’ont aucune considération pour les Guinéens à l’extérieur
Sanaba Camara Coné

M. Ben Sékou Sylla, actuel président de la CENI, la Commission électorale nationale « dite » indépendante, n’est pas le seul à défendre l’opinion selon laquelle les Guinéens à l’extérieur ne devraient pas prendre part à l’élection présidentielle. Tous ceux qui pensent comme lui disent que « les Guinéens de l’extérieur ne connaissent pas les réalités guinéennes ». Cet argument est fallacieux et anticonstitutionnel puisque nous sommes des Guinéens à part entière et nous avons le droit de vote, un droit inaliénable et imprescriptible.

Après que Ben Sékou Sylla a été désavoué par le Président de le Transition, la Général Sékouba Konaté, il a été décidé que les Guinéens à l’extérieur (et non de l’extérieur, comme on a coutume de le dire) allaient en fin de compte participer à l’élection présidentielle du 27 Juin 2010. On a alors annoncé à toutes les chancelleries guinéennes à l’étranger que les opérations de recensement des Guinéens à l’extérieur allaient reprendre - après leur interruption en Septembre dernier - le 18 Mars 2010 et se dérouler jusqu’au 4 Avril.

Le 18 Mars, rien. On a eu beau interroger les ambassades guinéennes, pas de réponse. On apprend finalement à Paris et ailleurs, par ouï-dire, que la mission officielle de recensement n’est pas arrivée. Le 19 Mars, toujours rien.

La désinvolture avec laquelle les autorités guinéennes traitent les Guinéens à l’extérieur est sans limites. Il existe bel et bien un ministère des Affaires étrangères et un ministère chargé des Guinéens à l’extérieur. Mais aucun d’eux n’a pas eu la courtoisie de fournir la moindre explication à ce contretemps. Pas un seul communiqué de la Rue de la Faisanderie, siège de l’Ambassade guinéenne à Paris. Tout cela témoigne du mépris total que les autorités guinéennes manifestent à l’égard des Guinéens à l’extérieur.

Sans aucun signe du ministre des Affaires étrangères ni du ministre chargé des Guinéens à l’extérieur, l’Ambassadeur (ou drice) de Guinée en France aurait quand même pu prendre l’initiative de tenir ses compatriotes informés sur les difficultés éventuelles que les autorités ont à remettre sur pied les missions de recensement. Au lieu de cela, silence total. C’est inadmissible.

Que les autorités guinéennes le veuillent ou non, nous sommes des Guinéens à part entière. Il est vrai que nous sommes partis du pays « sans papiers » puisque la majorité d’entre nous ne pouvait partir que clandestinement. Mais, nous sommes nés en Guinée et, par conséquent, nous sommes Guinéens. Nos enfants étant nés de parents guinéens, ils sont ipso facto de nationalité guinéenne. Même si, eux, sont nés à l’étranger.

Le plan secret des autorités guinéennes est de faire de nous des apatrides, au sens juridique, c’est-à-dire nous faire perdre la nationalité guinéenne, et par voie de conséquence, à nos enfants, pour des raisons sur lesquelles je reviendrai ultérieurement dans un autre article. Nous allons combattre jusqu’à la dernière goutte de notre sang ce projet machiavélique.

J’appelle tous les Guinéens à l’extérieur à se mobiliser comme un seul homme ou une seule femme pour s’organiser, mettre en place un puissant lobby allant jusqu’à se constituer en parti politique pour défendre nos intérêts et nos droits, en premier lieu celui d’être des Guinéens à part entière. Si nous ne prenons garde, ils - quand je dis « ils », il s’agit de l’Etat guinéen et de ses représentants - vont nous anéantir. Allons-nous nous laisser faire ? Il n’en est pas question.

Mon article intitulé « M. Ben Sékou Sylla, nous sommes tous des sans papiers » a suscité beaucoup de réactions. J’exprime ma gratitude à tous les compatriotes qui s’y sont associés et m’ont approuvée massivement. L’opinion majoritaire qui se dégage de toutes ces réactions est que nous devons nous lever afin de combattre pour notre droit d’être des Guinéens à part entière.

A l’instar de nos frères maliens, nous devons mettre en place une structure unitaire qui parle d’une seule voix au nom de tous les Guinéens à l’extérieur. Malheureusement, certains intellectuels, avec leurs contradictions, leurs états d’âme, leurs ambitions personnelles, nous en empêchent. Mettons-les de côté - ils sont minoritaires - pour pouvoir créer enfin le Conseil Mondial des Guinéens à l’Extérieur (CMGE), avec ses démembrements dans chaque pays d’accueil et sur tous les continents, qui aura pour vocation de se transformer en un puissant parti politique qui va peser sur les destinées de notre pays.

Mettons de côté les vieux briscards de la politique afin de créer les conditions de l’émergence de cette nouvelle force politique. Cela ne s’est jamais vu dans aucune diaspora. Nous allons innover.

Aux âmes de bonne volonté, le salut !


Sanaba Camara Coné

Pour www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Gandhi, jeudi 25 mars 2010
Comme il n`y a apparemment que deux kits, environ 2500 personnes seront enrôlées pour toute la France !!!!
Oumar KOUROUMA, mercredi 24 mars 2010
Ma Soeur, je suis désolé de vous dire que votre combat n`est plus d`actualité. C`est à la faveur d`une alternance démocratique que nous pourrons résoudre des problèmes qui opposent les guinéens de l`intérieur aux guinéens de l`étranger. C`est une simple diversion que les deux régimes guinéens (Sékou Touré et Conté) ont faite pour pouvoir rester longtemps aux commandes. BEN DAOUDA n`est qu`um plampiste dans cette affaire... Veuillez donc nous émerveiller, avec votre belle plume, sur d`autres sujets. Car , ce sujet est pour l`heure moins valeureuse. Aussi, vous savez que nous serons recensés...
Kabinet, mardi 23 mars 2010
Madame, Avec tout le respect que j`ai pour vous, je suis désolé de vous dire que si votre recensement peut retarder les choses, moi je prefere que ous attendiez les legislatives... Chaque jour qui passe dans cette periode d`exeption pour la Guinea, est un jour de plus. Ce sont des vies humaines qui sont en danger car la pauvreté s`accrue de min en min. Sans oublier qu`il y`a le risque que le général prenne gout de la chose... et Dadis qui pourait venir parce qu`il aura recouvré entierement sa santé. Donc, il y a tellemnt de choses qui risquent d`arrivée et prolongeant cette transition qu`il faille faire attention.
Barry, mardi 23 mars 2010
Guineens/nes, si le gouvernement national de la Repubilque de Guinee nous oublie/neglige, creons notre group politique/parti pour legalement participer aux elections.Did you see more political parties, yes. The more the merrier.
Barry, mardi 23 mars 2010
C’est bien réfléchi Mme Sanaba. Le problème qui se pose est inadmissible. Les Guinéens a l’extérieur se croient les plus intelligents parce que eux sont sortis hors de la Guinée, pourtant ceci n’est pas du tout une réalité. Généralement c’est les sans papiers qui s’acharnent pour leurs droits ou autres revendications, quant a ceux la qui ont déjà leur situation réglée du point de vue Papier, Green card, séjour ou passeport …, ils n’ont rien à foutre de ce malheureux pays Africain qu’est la Guinée. Donc vraiment attendez après la transition on fera face a votre cas. Merci Barry
Abdoul.H, mardi 23 mars 2010
UN HOMME ECLAIRE, c’est vraiment le seul salut pour nous. Malheureusement, je n’en vois que deux, et qui ont très peu de chance, puisque, c’est plutôt l’émotion de nos populations qui prend le dessus, y compris chez des « intellectuels ». Si vous descendez au Rwanda, adressez-vous à n’importe qui, il vous dira ces mots : « Nous avons un gouvernement fort ici ». Effectivement, cela est visible partout.
Sékou Oumar Camara, lundi 22 mars 2010
Ma soeur, je ne crois pas en l`existence d`une politique d`exclusion des guinéens à l`étranger. Tout simplement, parce qu`il n`y a aucune politique publique en Guinée. Aucune action se rattachant à un projet ou une vision d`ensemble. Rien de réfléchi et de coordonné. Les problèmes auxquels la Guinée sont confrontés sont autrement plus graves: 1. Il n`y a plus de gouvernance en Guinée depuis au moins 2003. 2. Le manque de leadership aidant, les organes de l`État sont pris en otage par des lobbys de toutes tendances (syndicalistes, politiciens, aventuriers, etc.). Ces gens n`ont aucun sens de la res publica. 3. De fait, l`État est devenu inexistant puisqu`étouffé par le brouhaha des médiocres. Il n`y a qu`à voir la façon dont la "trancison" est conduite par la junte et les "forces vives" pour mesurer l`ampleur des dégâts. Nous avons un sérieux problème de ressources humaines. Le seul moyen pour nous de sortir de ce cercle vicieux, ce que le Ciel nous donne Paul Kagamé ou un Ben Ali. Je ne crois pas à l`homme providentiel mais, dans le cas de la Guinée, il nous faut absolument un leader éclairé. Une main de fer dans un gant de velour. Il faut secouer le cocotier pour faire tomber tous les singes!
Gandhi, lundi 22 mars 2010
Le 14 Mars dernier, j`avais fait un commentaire à propos du recensement des Guinéens résidant à l`extérieur, pour dire que le site de la Ceni elle-même, indiquait que si 5 mn étaient consacrées à l`enregistrement d`une personne, il était possible d`enrôler 100 personnes par jour avec un kit électoral. En considérant qu`à Paris, tous les 6 jours soient consacrés à l`enregistrement, entre le 18 Mars et le 4 Avril, cela ferait environ 1500 personnes pour un seul kit pour toute la France. On passerait à 15 000, s`il y avait 10 kits. Je me posais la question de savoir combien il y en aurait exactement. Ce petit calcul n`avait pour but que de prendre du recul par rapport à une décision politique, qui n`est finalement que purement symbolique, eu égard aux résultats à obtenir. En supprimant en plus de fait, 3 jours d`enrôlement, ces chiffres passent de 1 200 à 12 000 personnes pour toute la France. CQFD ! Quant à ta décision de mettre en place un organisme de défense de nos compatriotes résidant à l`extérieur de la Guinée, sous forme d`association - un parti politique serait malvenu - et qui ne dépende pas des autorités guinéennes, il ne tient qu`à toi de t`y lancer. Nous t`apporterons notre soutien.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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