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M. Ben Sékou Sylla, actuel président de la CENI, la Commission électorale nationale « dite » indépendante, n’est pas le seul à défendre l’opinion selon laquelle les Guinéens à l’extérieur ne devraient pas prendre part à l’élection présidentielle. Tous ceux qui pensent comme lui disent que « les Guinéens de l’extérieur ne connaissent pas les réalités guinéennes ». Cet argument est fallacieux et anticonstitutionnel puisque nous sommes des Guinéens à part entière et nous avons le droit de vote, un droit inaliénable et imprescriptible.
Après que Ben Sékou Sylla a été désavoué par le Président de le Transition, la Général Sékouba Konaté, il a été décidé que les Guinéens à l’extérieur (et non de l’extérieur, comme on a coutume de le dire) allaient en fin de compte participer à l’élection présidentielle du 27 Juin 2010. On a alors annoncé à toutes les chancelleries guinéennes à l’étranger que les opérations de recensement des Guinéens à l’extérieur allaient reprendre - après leur interruption en Septembre dernier - le 18 Mars 2010 et se dérouler jusqu’au 4 Avril.
Le 18 Mars, rien. On a eu beau interroger les ambassades guinéennes, pas de réponse. On apprend finalement à Paris et ailleurs, par ouï-dire, que la mission officielle de recensement n’est pas arrivée. Le 19 Mars, toujours rien.
La désinvolture avec laquelle les autorités guinéennes traitent les Guinéens à l’extérieur est sans limites. Il existe bel et bien un ministère des Affaires étrangères et un ministère chargé des Guinéens à l’extérieur. Mais aucun d’eux n’a pas eu la courtoisie de fournir la moindre explication à ce contretemps. Pas un seul communiqué de la Rue de la Faisanderie, siège de l’Ambassade guinéenne à Paris. Tout cela témoigne du mépris total que les autorités guinéennes manifestent à l’égard des Guinéens à l’extérieur.
Sans aucun signe du ministre des Affaires étrangères ni du ministre chargé des Guinéens à l’extérieur, l’Ambassadeur (ou drice) de Guinée en France aurait quand même pu prendre l’initiative de tenir ses compatriotes informés sur les difficultés éventuelles que les autorités ont à remettre sur pied les missions de recensement. Au lieu de cela, silence total. C’est inadmissible.
Que les autorités guinéennes le veuillent ou non, nous sommes des Guinéens à part entière. Il est vrai que nous sommes partis du pays « sans papiers » puisque la majorité d’entre nous ne pouvait partir que clandestinement. Mais, nous sommes nés en Guinée et, par conséquent, nous sommes Guinéens. Nos enfants étant nés de parents guinéens, ils sont ipso facto de nationalité guinéenne. Même si, eux, sont nés à l’étranger.
Le plan secret des autorités guinéennes est de faire de nous des apatrides, au sens juridique, c’est-à-dire nous faire perdre la nationalité guinéenne, et par voie de conséquence, à nos enfants, pour des raisons sur lesquelles je reviendrai ultérieurement dans un autre article. Nous allons combattre jusqu’à la dernière goutte de notre sang ce projet machiavélique.
J’appelle tous les Guinéens à l’extérieur à se mobiliser comme un seul homme ou une seule femme pour s’organiser, mettre en place un puissant lobby allant jusqu’à se constituer en parti politique pour défendre nos intérêts et nos droits, en premier lieu celui d’être des Guinéens à part entière. Si nous ne prenons garde, ils - quand je dis « ils », il s’agit de l’Etat guinéen et de ses représentants - vont nous anéantir. Allons-nous nous laisser faire ? Il n’en est pas question.
Mon article intitulé « M. Ben Sékou Sylla, nous sommes tous des sans papiers » a suscité beaucoup de réactions. J’exprime ma gratitude à tous les compatriotes qui s’y sont associés et m’ont approuvée massivement. L’opinion majoritaire qui se dégage de toutes ces réactions est que nous devons nous lever afin de combattre pour notre droit d’être des Guinéens à part entière.
A l’instar de nos frères maliens, nous devons mettre en place une structure unitaire qui parle d’une seule voix au nom de tous les Guinéens à l’extérieur. Malheureusement, certains intellectuels, avec leurs contradictions, leurs états d’âme, leurs ambitions personnelles, nous en empêchent. Mettons-les de côté - ils sont minoritaires - pour pouvoir créer enfin le Conseil Mondial des Guinéens à l’Extérieur (CMGE), avec ses démembrements dans chaque pays d’accueil et sur tous les continents, qui aura pour vocation de se transformer en un puissant parti politique qui va peser sur les destinées de notre pays.
Mettons de côté les vieux briscards de la politique afin de créer les conditions de l’émergence de cette nouvelle force politique. Cela ne s’est jamais vu dans aucune diaspora. Nous allons innover.
Aux âmes de bonne volonté, le salut !
Sanaba Camara Coné
Pour www.guineeactu.com
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