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Peul, Malinké, Bambara, Soussou, Guerze, Kisi, Toma, Dialonké, Wolof ou autre doué d'un minimum de sensibilité et/ou de respect pour la vie humaine, nul ne peut rester de marbre face aux massacres et aux violences Perpétrés contre le vaillant peuple Guineen. M. Touré, le défunt Aimé Césaire disait: "Des mots? Oui, des mots, mais des mots de sang frais, des mots qui sont des raz de marée... et des flambées de chair... Accommodez-vous de moi. Je ne m'accommode pas de vous." Mon écrit du 14 novembre 2009 n'est ni le frou-frou d'une petite plume ni celui d'un "démagogue intelligent".
C'est un cri du cœur qui est valable pour la Guinée et tous les pays Africains. Je refuse l'inacceptable! Assassiner froidement plus de 150 personnes, torturer et violer des femmes au vu et au su du monde entier est de l'inacceptable et l'inacceptable ne doit plus être accepté en Afrique. Je partage entièrement ce sentiment de Césaire qui disait: "...Il n'y a pas dans le monde un pauvre type lynché un pauvre homme torturé, en qui je ne sois assassiné et humilié."
M. Touré, les élections libres et transparentes sont certes nécessaires pour qu'une démocratie puisse exister mais des fois, une élection libre, transparente et bien organisée ne signifie point que nous avons une démocratie. La démocratie est d'abord et avant tout une attitude et un comportement. Depuis près de 50 ans les peuples africains sont soumis à la Peur, à la résignation, à la torture et aux assassinats purs et simples
De la part de ceux qui sont sensés les protéger. Trop c'est trop! Il faut briser le silence complice imposé par la violence du canon et la malhonnêteté d'une grande partie de la classe intellectuelle africaine. Vous êtes libre d'interpréter mes écrits comme étant le frou-frou d'une petite plume mais je tiens à vous renvoyer, une fois de plus, à Césaire qui disait: "...Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du Désespoir... Gardez-vous de croiser les bras en l'attitude stérile du spectateur, car la vie n'est pas un spectacle, car une mer de douleur n'est pas un proscenium, car un homme qui crie n'est pas un ours qui danse."
J'écris pour les Guinéennes et les Guinéens ordinaires qui n'ont pas de possibilité pour le faire pour eux-mêmes. J'écris pour tous ceux qui aspirent à la paix civile, à la sécurité, à la démocratie et au développement mais qui ne peuvent pas écrire pour eux- mêmes.
M. Touré, les brassages culturels visibles en Guinée et dans plusieurs pays africains sont des preuves concrètes que le problème guinéen n’est pas peul. Je suis moi-même le fruit d'un tel brassage culturel et ethnique. Je porte un nom peul, mon père est bambara, ma mère est xoninké et je suis culturellement... maure parce que je suis né et j'ai grandi dans un milieu maure. Les citoyennes et les citoyens ordinaires guinéens, qu'ils soient Peul, Malinké, Soussou, Guerze, Kisi, Toma ou Dialonké ont toujours coexisté dans la paix et ils se sont mariés entre eux! Ce sont des politiciens véreux qui veulent créer et maintenir des conflits ethniques en Guinée et ailleurs en Afrique pour des fins personnelles.
Pour terminer, je vous renvoie, pour une dernière fois, à Aimé Césaire et sa raque car la Guinée et le reste du continent africain se trouvent dans une vraie raque. "...Vous savez ce qu'on appelle une raque: L'énorme fondrière, l'interminable passage debout; oui nous sommes dans la raque de l’histoire. Un pas, un autre pas, hors de l'enlisement, n'est rien. Il faut en sortir. Comment? On tâtonne. Mais en sortir pour la nation, c'est cela la liberté. Sortir de la raque... ce n'est pas facile et malheur à vous si vous croyez qu'on vous tendra la main! Alors, vous m'entendez: On n'a pas le droit d'être las. Allez, messieurs!"
Seydou Coulibaly, Philadelphia, Pennsylvania
Professeur
www.guineeactu.com
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