mercredi 18 novembre 2009
Il n'y a pas de frou-frou de petites plumes mais des Guinéennes et des Guinéens qui ont été lâchement assassinés !

Peul, Malinké, Bambara, Soussou, Guerze, Kisi, Toma, Dialonké, Wolof ou autre doué d'un minimum de sensibilité et/ou de respect pour la vie humaine, nul ne peut rester de marbre face aux massacres et aux violences Perpétrés contre le vaillant peuple Guineen. M. Touré, le défunt Aimé Césaire disait: "Des mots? Oui, des mots, mais des mots de sang frais, des mots qui sont des raz de marée... et des flambées de chair... Accommodez-vous de moi. Je ne m'accommode pas de vous." Mon écrit du 14 novembre 2009 n'est ni le frou-frou d'une petite plume ni celui d'un "démagogue intelligent".

C'est un cri du cœur qui est valable pour la Guinée et tous les pays Africains. Je refuse l'inacceptable! Assassiner froidement plus de 150 personnes, torturer et violer des femmes au vu et au su du monde entier est de l'inacceptable et l'inacceptable ne doit plus être accepté en Afrique. Je partage entièrement ce sentiment de Césaire qui disait: "...Il n'y a pas dans le monde un pauvre type lynché un pauvre homme torturé, en qui je ne sois assassiné et humilié."

M. Touré, les élections libres et transparentes sont certes nécessaires pour qu'une démocratie puisse exister mais des fois, une élection libre, transparente et bien organisée ne signifie point que nous avons une démocratie. La démocratie est d'abord et avant tout une attitude et un comportement. Depuis près de 50 ans les peuples africains sont soumis à la Peur, à la résignation, à la torture et aux assassinats purs et simples

De la part de ceux qui sont sensés les protéger. Trop c'est trop! Il faut briser le silence complice imposé par la violence du canon et la malhonnêteté d'une grande partie de la classe intellectuelle africaine. Vous êtes libre d'interpréter mes écrits comme étant le frou-frou d'une petite plume mais je tiens à vous renvoyer, une fois de plus, à Césaire qui disait: "...Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du Désespoir... Gardez-vous de croiser les bras en l'attitude stérile du spectateur, car la vie n'est pas un spectacle, car une mer de douleur n'est pas un proscenium, car un homme qui crie n'est pas un ours qui danse."

J'écris pour les Guinéennes et les Guinéens ordinaires qui n'ont pas de possibilité pour le faire pour eux-mêmes. J'écris pour tous ceux qui aspirent à la paix civile, à la sécurité, à la démocratie et au développement mais qui ne peuvent pas écrire pour eux- mêmes.

M. Touré, les brassages culturels visibles en Guinée et dans plusieurs pays africains sont des preuves concrètes que le problème guinéen n’est pas peul. Je suis moi-même le fruit d'un tel brassage culturel et ethnique. Je porte un nom peul, mon père est bambara, ma mère est xoninké et je suis culturellement... maure parce que je suis né et j'ai grandi dans un milieu maure. Les citoyennes et les citoyens ordinaires guinéens, qu'ils soient Peul, Malinké, Soussou, Guerze, Kisi, Toma ou Dialonké ont toujours coexisté dans la paix et ils se sont mariés entre eux! Ce sont des politiciens véreux qui veulent créer et maintenir des conflits ethniques en Guinée et ailleurs en Afrique pour des fins personnelles.

Pour terminer, je vous renvoie, pour une dernière fois, à Aimé Césaire et sa raque car la Guinée et le reste du continent africain se trouvent dans une vraie raque. "...Vous savez ce qu'on appelle une raque: L'énorme fondrière, l'interminable passage debout; oui nous sommes dans la raque de l’histoire. Un pas, un autre pas, hors de l'enlisement, n'est rien. Il faut en sortir. Comment? On tâtonne. Mais en sortir pour la nation, c'est cela la liberté. Sortir de la raque... ce n'est pas facile et malheur à vous si vous croyez qu'on vous tendra la main! Alors, vous m'entendez: On n'a pas le droit d'être las. Allez, messieurs!"

 

Seydou Coulibaly, Philadelphia, Pennsylvania

Professeur


www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Youssouf Bangoura, jeudi 19 novembre 2009
Belle analyse, vous avez une belle plume. Oui le problème guinéen Belle analyse, Ben Daouda et son Dadis se fatiguent en croyant qu`ils peuvent créer un bloc anti-peulh, ils dorment debout, il n`y aura jamais, je dis bien jamais une guerre ethnique en Guinée. Aucune ethnie n`accepterait une division de notre nation.
Alphady Sy, mercredi 18 novembre 2009
Mr Coulibaly, Cette fois -ci je souscris entièrement à votre contribution au débat Guinéen. Effectivement, nos peuples sont brimés par ceux qui sont censés les protéger et les brassages entre ethnies montrent que c’est des pseudos intellectuels et des politiciens véreux qui utilisent l’ethnie à des fins personnels. D’ailleurs tous les dictateurs Africains renforcent leur dictature en opposant les ethnies les unes contres les autres. C’est la même recette qu’utilise Dadis pour désunir le peuple Guinéen. Aujourd’hui au moment où le pouvoir du Violeur Dadis agonise LES EXPERTS EN COMMUNICATION DU CNDD VEULENT ETHNICISER LE DEBAT. Les supporters du CNDD veulent nous distraire à un moment crucial de notre nation. La sortie de Ben Daouda Touré n’est pas fortuite, elle est commanditée par les « penseurs du CNDD ». Aux intellectuels Guinéens et aux médias Guinéens nous vous prions de vous battre pour la nation. Donnez des conseils, des recommandations des stratégies qui permettraient d’empêcher une 3éme dictature en Guinée. Sensibiliser l’opinion nationale et internationale sur les assassinats et viols des bandes armées afin que les commanditaires et auteurs soient poursuivis.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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