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Quelques jours avant le renvoi de Ben Sékou Sylla devant le Tribunal Suprême d'Outre-Monde, un mortel du nom de Seydouba Camara lui avait infligé une peine d'emprisonnement d'un an et une amende de deux millions de francs guinéens. Le même juge de pets avait cru devoir déchoir le pauvre Ben de ses droits civiques. Puisque, Dieu merci, les arrêts du Ciel tiennent les humeurs du cadi en l'état, le dossier de Ben Sékou Sylla ne relève plus de la justice des hommes mais de Celle du Créateur.
Le compagnon de malheur de Ben Sékou Sylla, dans cette affaire kafkaïenne, est un petit vieux du nom d'El Hadj Boubacar Diallo. Lui est encore dans le monde des vivants. La justice des hommes reste donc saisie de son cas. A Dieu ce qui est à Dieu et à l'Homme ce qui est à l'Homme. Occupons nous donc proprement du vivant: jugeons-le et, s'il est coupable, pendons-le où vous savez!
Dans cet exercice, partons du principe que le vieux El Hadj Boubacar Diallo, déjà sénile et grabataire, est un kleptomane. Un vrai de vrai. Un voleur. Partons aussi du principe que la Ceni est un hôpital gériatrique. Le bien nommé « cenile ». Donc, il y a de fortes chances que le vieux El Hadj Boubacar soit le rat qui a volé les procès-verbaux de Kankan, de Lola, de Matam, de Mandiana et de Ratoma. C'est donc un maraudeur. Il a chapardé les fruits du planteur Alpha et saccagé les légumes du maraîcher Cellou. Les dégâts sont énormes. Le planteur Alpha a presque tout perdu. Le maraîcher Cellou a tout perdu. El Hadj Boubacar doit être jugé!
Mais pour juger El Hadj Boubacar Diallo, il faut d'abord le libérer des griffes du juge de pets Seydouba Camara. Pour cela, utilisons le greffe du tribunal de première instance de Dixinn et évitons le cabinet du juge Seydouba. Évitons le cabinet du juge Seydouba, parce que les odeurs qui s'y dégagent sont toxiques. Le juge Seydouba a empoisonné El Hadj Boubacar. En lui refusant son droit élémentaire à un procès équitable, il l'a condamné de façon discutable.
Le procès est d'abord et avant tout affaire de forme. Le récent procès de Ben Sékou et d’El Hadj Boubacar a une forme grossière. L'instance a été introduite dans une forme sujette à caution. Des exceptions a priori pertinentes ont été rejetées d'un revers de la main. Pire, le juge Seydouba a même fait fi de sa récusation par les prévenus. Bref, le juge Seydouba a traité le dossier pénal de Ben Sékou et de El Hadj Boubacar en toute souveraineté. Il l'a traité en dehors de la loi. Le juge Seydouba s'est donc carrément affranchi de la loi pour condamner les deux personnages. L'acte qu'il a posé est grossier et n'honore pas la justice guinéenne. On ne condamne pas sans avoir jugé!
Il faut juger le vieux El Hadj Boubacar! D'abord, parce qu'on le soupçonne d'avoir dissimulé des procès-verbaux. Ensuite, pour le punir ou pour laver son honneur, suivant que sa culpabilité ou son innocence est légalement établie. La balle est dans le camp de la Cour d'appel de Conakry.
Sékou Oumar Camara Citoyen guinéen
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