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Sans aucun doute, on a besoin d’un cadre directeur pour la planification de l’Etat, du transport, des finances, des questions de scolarité et de formation, de la lutte contre le narcotrafic et la corruption, enfin d’un cadre directeur pour aider à rechercher la cause d’un phénomène. L’application des directives peut donner une orientation dans la prise de décision.
Mais alors ! A-t-on besoin d’une transition longue pour créer la base à cela ?
Actuellement le CNDD est menacé de danger de tous les côtés. L’accélération du processus électoral est tout aussi risqué qu’attendre le processus électoral plus longtemps. Que faire dans ces conditions ?
Exigeons sans faille des acteurs politiques, de nos leaders d’opinion de trouver une solution intermédiaire entre ces deux extrêmes, parce que notre avenir en dépend.
A travers des états généraux des Guinéens de l’intérieur et de l’extérieur, nous pouvons formuler une plateforme de développement, que nous soumettrons aux acteurs de la vie politique guinéenne comme notre contribution. C’est ainsi donc, il est temps, que nous nous mêlons conséquemment de nos affaires, pour réaliser notre rêve de développement du pays.
Aide-toi toi-même, sinon personne ne t’aidera !
Nous sommes la solution adéquate à notre problème, tout dépendra de notre capacité ou de notre incapacité de saisir l’actuelle opportunité au rebond. Il ne faut surtout pas laisser l’initiative à la soi-disant communauté internationale. Nous avons les piliers porteurs que l’état nécessite. Ils sont aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de la Guinée. Il s’agit tout simplement de les identifier et de les mobiliser, afin de les impliquer activement dans le processus du changement radical dans nos habitudes de nous gérer, et non pas attendre notre salut de l’étranger.
Nous avons observé tous, avec impuissance, appuyée par notre lâche renoncement, que la communauté internationale a accompagné passivement la mal gouvernance, la corruption et le trafic de drogue, les crimes perpétrés et l’impunité, le trafic d’influence… du régime du président guinéen défunt !
Cette même communauté internationale prend aujourd’hui une position tranchée à l’égard des nouvelles autorités guinéennes. Je trouve cette décision extrême, en la mesurant à l’attitude dans le passé récent de cette même communauté internationale. Cela serait peut être louable, si c’était la sincérité qui guidait ces puissances. Mais on peut dire sans a priori, que l’offensive actuelle des soi-disant puissances démocratiques est tout simplement une reconnaissance de la modification de l’équilibre des forces dans le monde : elles cherchent à se réadapter à la nouvelle donne, pour garantir leurs intérêts. Quoi de plus normal que de savoir défendre ses intérêts !
Cela devrait nous permettre à nous aussi de méditer sur notre sort, sur des faits réels avec lesquels nous pourrons projeter un bel avenir pour nous.
Exigence démocratique intégrale
Nous avons vu des romantiques considérer la démocratie comme une performance civilisatrice. Certains ont une vision satanique de la démocratie, ils la stylisent bien, comme l’impérialisme, sans faire l’utilisation des armes à feu et sans empire.
Cette vision erronée de la démocratie, qui repose sur l’inégalité des peuples ou sur la diabolisation de la démocratie, a-t-elle une chance de réussir ? Je pense que le doute est permis, si on remonte l’histoire.
En effet dans le traité versaillais de 1919, le Japon a tenté en vain, de faire admettre l’égalité des races. Mais les puissances « civilisatrices » qui prônent aujourd’hui la démocratie pour tous, sans distinction de races ou de religions, elles, avaient rejeté cette noble doléance nippone, avec véhémence et succès.
Aujourd’hui, on a le droit de douter de leur sincérité, à la vue de la démocratisation mort-née, prônée pour le monde arabe. On a vu en Afrique des pickpockets, des westerns et de roitelets, sans être inquiéter, se servir de la démocratie pour se légitimer et, se pérenniser au pouvoir. On est permis de dire : « il ne s’aurait y avoir une démocratie light pour certains peuples et une intégrale pour d’autres ».
C’est pourquoi le terme de démocratie mal employé, peut être très dangereux. C’est au prix de l’impartialité dans les relations internationales que la communauté internationale pourra se crédibiliser.
Je pense que la démocratie, sous les aspects actuels de notre pays, comporte de risques mais aussi de possibilités. Les risques et les coups produits par la fragilisation des structures de l’état peuvent avoir de conséquences très importantes sur la cohésion fragile de notre pays, et en même temps, la démocratie est aussi une opportunité de développement à ne pas négliger ; mais nous devons être au clair, que la démocratie ne se décrète pas, forcément la démocratie ne se fera que par des démocrates, donc pas d’illusions à se faire sur l’exigence de la démocratie intégrale, elle est un tout qui ne se négocie pas.
A ce propos, je milite pour que la gestion des risques fasse partie de la démocratisation de nos structures.
Soutien conditionnel
Sur chaque question, sur un cas particulier, il existe tout à fait des arguments pourquoi ceci ou non pas cela, ou bien cela ne devrait pas du tout être traité, …, il y aura toujours des raisons bien fondées ou non pour accomplir une tâche ou, de ne pas faire une telle chose. Je pense tout de même que l’essentiel est la vue d’ensemble de la réalité de la problématique guinéenne. Il y aura toujours parmi nous des sceptiques professionnels, et c’est normal dans une société plurielle, mais digne d’attention ne devrait être que la dimension objective de la chose.
Nous avons besoin d’une profonde réforme structurelle avant les élections dans notre pays. Le CNDD a droit au soutien critique de tous, le CNDD a le droit, dans un délai raisonnable, de mener à terme le travail de déblaiement qu’il a commencé, c’est lui qui peut avoir facilement la latitude de faire ce travail en profondeur. Mais c’est ici qu’il faudra être vigilant à la transition démocratique, car la durée de la transition ne doit être ni trop courte, ni trop longue, et elle ne doit surtout pas être ambiguë.
Alors face à ce challenge, les conseillers de tous les camps devraient coopérer sur les questions essentielles, au lieu de se confronter, pour mener à terme le plus rapidement possible une transition apaisée.
Moussa Bella Barry
Berlin, Allemagne
pour www.guineeactu.com
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