|
C’est ce que semble enfin avoir compris l’alliance UFDG-UFR-NGR-PUP-GECI qui a animé ce samedi 07 août une conférence de presse au siège de l’UFDG à Dixinn. Au cours de cette conférence de presse, le directeur de compagne de l’UFDG, a dénoncé les « manigances électorales » du Premier ministre Jean Marie Doré en faveur du RPG.
Dr Oussou Fofana a eu beau jeu de rappeler tout d’abord qu’Alpha Condé, dans sa requête déposée au Greffe de la Cour Suprême le 09 juillet 2010, avait recommandé à la Cour Suprême de "valider les résultats provisoires proclamés par la CENI". Citant toujours le leader du RPG :
« En définitive, les quelques insuffisances ou défaillances qui ont pu être relevées ne sont pas de nature à entacher la régularité ou la sincérité du scrutin du 27 juin 2010. (…) Valider (sic), en conséquence, les résultats provisoires proclamés le 02 juillet par la CENI..."
Et Oussou de s’étonner des sorties dilatoires de l’Exécutif, des menaces du candidat Alpha Condé dénonçant la fraude électorale « des prises de position concourant l’une et l’autre à retarder la date du scrutin pour permettre au candidat Alpha Condé de mieux occuper le terrain ».
S’en prenant ensuite au Premier ministre Jean Marie Doré qui pour votre serviteur, ne sert que de haut-parleur de M. Alpha Condé dans les circonstances actuelles, sinon jamais ce leader issu de nous n’oserait ainsi monter sur ses ergots avec autant d’assurance !(1), Oussou a tenu à préciser que "seule la CENI est l’institution chargée de l’organisation de toutes les élections politiques et du référendum en Guinée".
M. le directeur de campagne de l’UFDG, faisant semblant de découvrir la vraie nature de… Sira qui refuse d’organiser le 2e tour conformément aux textes de lois, peut pleurnicher devant le refus de Jean-Marie Doré, ainsi disqualifié en tant qu’institution de la transition.
N’est-pace pas trop tard messieurs de l’Alliance ? On vous dit riches, très riches, vous auriez mis des urnes même là où il n’en fallait pas dit-on, au Fouta. Alors, mettez le paquet, aidez votre challenger à faire voter ses paysans-donsos avant qu’ils ne se transforment en chasseurs-donsos comme les y invite Ben Dadouda Touré, pour aller sauver le soldat Alpha.
Mais écoutons Oussou ânonner :
« C’est le lieu de rappeler à Monsieur Jean Marie Doré qu’il occupe le poste de Premier Ministre, du chef des Forces vives de la nation : il profite de la lutte politique menée par ces Forces vives depuis 2006 ».
Attention, l’alliance va-t-elle entamer la procédure de destitution du PM issu de nous ?
« Le Premier ministre n’est pas à sa première manœuvre d’obstruction au processus électoral : il en a été de même de la signature de l’accord global inter-guinéen préparé par les Forces vives, lequel intégrait les termes de l’accord de Ouagadougou et devait servir de Charte de la transition. Le texte n’a jamais été signé par l’effet des manigances de Monsieur Jean-Marie Doré ».
Destitution ? Pas encore :
Le conférencier poursuit, « ces deux personnalités (Jean Marie et Alpha Condé) constituent un danger pour une sortie de crise dans la paix sociale et l’unité des Guinée ».
C’est pourquoi, il faut destituer..Non pas du tout
L’UFDG et les partis alliés en appellent aux plus hautes instances de la transition (le Président de la transition le Général Sékouba Konaté, le CNT, la CENI, la Cour Suprême, le CNC) afin qu’elles prennent leurs responsabilités pour organiser le second tour de l’élection présidentielle dans les meilleurs délais.
D’ailleurs, le 22 août est trop loin :
« En tout état de cause, l’UFDG et les partis alliés demandent à ces autorités de s’accorder pour fixer la date du second tour au plus tard le dimanche 08 août 2010. Au-delà, les partis signataires de la présente déclaration déclinent toute responsabilité de ce qu’il adviendrait... ».
Quel est le mot d'ordre ? Bè ya na bolo, chacun sur le dos de sa mère ! dit-on en maninka, help yourself, chacun pour soi, disent les Baptous. En tana ala ? Oublié ! Ou :
Nagari kala è chouggal moune !
Sans langue de bois cela veut dire la DEBANDADE, et chacun pour soi !
Car enfin, jusque là, en oubliant les ruades politiciennes contre l’adversaire, tout va bien, mais quand les conférenciers s’en remettent aux « hautes instances de la transition », je dis décidément, Ba Mamadou et même Siradiou sont bien morts !
Ces instances, hormis le Président-arbitre de la Transition, ne sont rien d’autre que leur émanation.
Ils doivent exiger une table ronde autour de laquelle se mettront le comité ad-hoc représentant le CNT, la CENI, seule légalement habilitée à fixer et à proposer une date pour le second tour, et pour la paix sociale, et compte tenu de la culture consensuelle de nos tropiques, les deux candidats. Avec comme seul objectif, le respect de la volonté populaire, qui est d’aller vers des élections plus transparentes, plus crédibles, plus libres.
Avant que les poules aient des dents. Ou que Toumba sorte de sa cachette !
Mais ce second tour ne le sera jamais et peut-être n’aura jamais lieu si des électeurs comme ceux de M. Alpha Condé comme l’affirme le RPG ne sont pas en mesure de voter.
Donc il faut au cours de ce rapprochement de chiffres, de distorsions, de disfonctionnements, de sous et de bulletins partis avec le vent, corriger, rectifier, voire punir et compte tenu des contraintes de temps et de sous, convenir d’une date. Enfin sceller un accord, en vérité ce qui se ramène à ce projet de décret que le Président de la transition devra signer.
Tout le reste n’est que mal de tête.
Wa Salam !
Saïdou Nour Bokoum
Note 1) voir mon article « Présidentielle troisième période : JMD Candidat ?
www.guuineeactu.com
|