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Depuis le 2 novembre dernier, tous les regards sont tournés vers Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, où les forces vives ont eu des entretiens avec le médiateur Blaise Compaoré. Interrogé par une chaîne étrangère sur ces pourparlers, Idrissa Cherif, Conseiller spécial de Dadis déclare que : « C’est l’opposition guinéenne qui a des problèmes …». Une déclaration qui a connu des réactions parmi les observateurs guinéens, qui estiment qu’une telle déclaration ravive les flammes entre les forces vives et la junte qui se regardent actuellement en chiens de faïence.
Depuis les évènements douloureux du 28 septembre à Conakry, la junte au pouvoir en Guinée souffle le chaud et le froid. Les deux portes paroles de la junte, ou qui se font passer comme tels, ne ratent plus aucune occasion pour tenter de défendre l’indéfendable. Le Conseiller spécial du chef de la junte, Idrissa Cherif et le Commandant Moussa Keita, Secrétaire permanent du CNDD, (tous deux figurent sur la liste des 42 militaires et civils ciblés par l’UE) qui ravissent désormais la vedette à Dadis, font régulièrement des déclarations pour minimiser les sanctions prises par la Communauté internationale contre la junte.
Ce mercredi 4 novembre, c’était le tour du Conseiller spécial de Dadis. Mais, il aura eu du mal à se défendre sur les ondes étrangères en parlant de la crise guinéenne. Idrissa Cherif dit être favorable à ce que le problème de la Guinée soit discuté à l’extérieur, mais il estime que mieux vaut laver le linge sale en famille. Pour lui, il doit y avoir un dialogue intérieur direct entre les forces vives et le pouvoir en place. Il estime qu’à Ouagadougou, c’est la classe politique qui aura exposé ses vues. Avant d’indiquer plus loin que : « C’est l’opposition qui a des problèmes… ». Une déclaration qui ne restera pas sans réactions au sein des populations qui commencent à en avoir marre du statu quo actuel. Les commentaires vont d’ores et déjà bon train dans la capitale guinéenne.
Il se trouve des observateurs qui se posent déjà des questions sur la moralité de ce Conseiller qui n’en finit pas de parler au nom du CNDD et son président. Et ce, de la manière la plus négative. Car, estimé que la junte n’a pas de problème après le massacre du 28 septembre et les sanctions qui lui ont été infligées par la Communauté internationale, l’heure devait être à la modération. Idrissa Chérif devait plutôt se taire en ce sens qu’il n’excelle pas dans les déclarations d’apaisement dont la Guinée a besoin pour se remettre de ce cauchemar.
De l’avis de nombreux Guinéens, Idrissa Cherif manque d’arguments et chercherait à noyer le poisson. Ils estiment que la crise guinéenne a pris une telle ampleur que seule l’implication de la Communauté internationale pourra garantir une issue heureuse. Pour eux, la situation dépasse le seul cas guinéen. Ils arguent que c’est une manière pour la junte de faire traîner les choses. Ce qui est arrivé le 28 septembre pouvait être évité si la junte avait invité dès au départ l’opposition autour d’une table de négociation, disent-ils. Il a fallu, commentent-ils, attendre que le sang des Guinéens soit versé pour parler d’une solution familiale. Tout doit se discuter sous l’œil attentif de la Communauté internationale pour une solution efficace au problème de la Guinée, concluent-ils.
Il reste à savoir si les Forces vives qui demandent le départ inconditionnel du chef de la junte et la dissolution du CNDD accepteront un tête à tête avec le Capitaine Moussa Dadis Camara vu le traitement inhumain qui leur a été infligé le 28 septembre dernier.
Samory Keita L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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