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Ibrahima Abé Sylla est le président du parti NGR (Nouvelle Génération pour la République). Il parle ici du travail de la CENI, du CNT, ses ambitions et tant d’autres sujets nationaux.
L’Indépendant: La CENI vient d’annoncer que le fichier électoral comprend 4 millions et quelques. Qu’en dites-vous?
Ibrahima Abé Sylla: Comme vous le savez, nous sommes à un tournant de l’histoire de la Guinée. La Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), a demandé à tous les Guinéens de se faire enrôler. Ceci dit, je n’ai pas de réserve particulière. Je noterai que tous les Guinéens veulent qu’on aille aux élections présidentielles de 27 juin prochain pour qu’on puisse sortir de cette situation d’impasse que nous sommes en train de traverser.
Ibrahima Abé Sylla est moins connu par les Guinéens. N’est-ce pas un handicap pour votre élection à la tête du pays ?
Non, pas du tout. Parce que les Guinéens connaissent notre programme. Deuxièmement, nous avons des structures dans toutes les 33 préfectures du pays. Dans notre programme, nous ferons le tour de la Guinée dans le cadre de la campagne présidentielle. Ainsi, physiquement tous les Guinéens EN sauront davantage sur ma personne.
Votre commentaire sur la promulgation par ordonnance de la Constitution opérée par le président de la Transition?
Je félicite avant tout d’abord la présidente du CNT Hadja Rabiatou, et tous les membres du CNT pour le travail accompli dans le délai. Je félicite le général Konaté pour avoir approuvé la méthode à savoir la promulgation de la Constitution par un décret présidentiel. Alors, cela n’exclut pas dans l’avenir une fois que le président est élu que l’Assemblée Nationale mise en place revoie la Constitution, et l’amender pour la faire passer à un referendum. Mais n’oubliez pas que nous sommes dans un état très critique aujourd’hui. La Guinée est très fragile, nous devons éviter les dérapages et cultiver la paix pour aller à des élections libres et transparentes.
Qu’est ce qu’il faut retenir de votre projet de société ?
Comme je l’ai toujours mentionné, les grandes lignes de notre programme sont fondées sur trois volets. Le premier constitue la bonne gouvernance. Le deuxième volet est composé de l’éducation, la santé pour tous, l’habitat pour tous, les grands travaux sur les infrastructures dans tous les domaines et la télécommunication. On va me demander les sources de financement de ces projets. Et là, je réponds tout de suite qu’il y aura suffisamment d’énergie, non seulement pour toutes nos villes et villages. Nous aurons des recettes à travers cette production. Ensuite, il y a l’agriculture qui constitue notre colonne vertébrale pour l’économie nationale. Il faut à ce niveau rappeler que notre population est à majorité agropastorale. Avec les bas-fonds aménagés et irrigués grâce aux barrages hydroélectriques nous ferons générer des revenus. Les mines aussi gêneront des recettes pour le pays. Ceci dit, le moment où nous allons préparer le budget pour les cinq années à venir, nous aurons pu mettre toutes les structures en place pour que dès notre élection, nous puissions nous atteler aux travaux. Pour un début, nous allons partir sur des recettes propres à travers la restructuration des finances, la restructuration de plusieurs volets dans le Gouvernement. N’oubliez pas qu’une fois que la Guinée mettra en place toutes les institutions de la République, nous aurons toutes les portes ouvertes et nous aurons d’autres choses. Une fois qu’on aura mis en place un Président propre et crédible, on peut bien fonctionner.
Nombreux sont les Guinéens qui critiquent les contrats qui sont en train d’être signés par les autorités de la transition. Qu’en pensez-vous?
Je ne peux pas critiquer pour le moment. Mais, je trouve cela anormal. A l’heure où nous sommes, on ne devrait pas signer des contrats dans un pays sans structure démocratique, et surtout avec un Gouvernement de transition ayant une feuille de route bien précise. Peut-être que leurs signatures auront des effets ou pas sur ces contrats. Nous allons quand même revoir tous ces contrats signés. Nous allons nous rassurer que l’intérêt de la Guinée soit protégé.
On vous taxe de candidat des Américains pour le scrutin du 27 juin prochain?
C’est vrai que j’ai séjourné aux Etats-Unis pendant une quarantaine d’années. Mais, il faut retenir que je suis de Kindia où j’ai commencé mes études avant d’entrer au lycée à Conakry. Ensuite, je suis allé en Côte d’Ivoire avant de me retrouver aux Etats-Unis. Ce qu’il faut surtout retenir, c’est que c’est un Guinéen appelé Ibrahima Abé Sylla qui se présente dans une élection en Guinée. C’est bien vrai que je connais beaucoup d’Américains, et j’ai de bons rapports avec eux. Mais, je suis avant tout Guinéen dans son pays.
Propos recueillis par Aly Badara Condé L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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