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Située en Guinée forestière (Sud), entre Kissidougou et Macenta, la ville de Guékédou a été victime d’attaques rebelles en 2000. Elle tente de s’en remettre petit à petit malgré l’ampleur des dégâts subis. La ville de Guékédou est en construction. Les hôpitaux et autres lieux publics se remettent progressivement sur pied. Et voilà que les populations qui avaient fui cette localité jadis prospère reviennent au fil des semaines et des mois. La desserte en eau est assurée pour l’heure beaucoup plus par les puits qui peuplent la ville. Seules quelques concessions ont l’eau courante qui ne vient pratiquement que deux fois dans la semaine. Mais le manque à gagner est souvent comblé par les nombreux forages. Et comme par extraordinaire, ceux qui n’aiment pas l’eau du forage, à défaut de l’eau du robinet, achètent l’eau d’une source dans des bidons appelés ‘’Bambo Bambo’’ à 500 FG l’unité. Des charretiers sillonnent ainsi la ville pour proposer cette eau de source aux populations. Quant à la desserte en électricité, c’est une affaire de privilégiés. Ceux qui ont des moteurs éclairent leur domicile à côté des vidéos clubs, de certains édifices publics et de quelques mosquées et églises. Dans cet univers qui manque de cette denrée électrique, les détenteurs de télés centres disposant d’un moteur se font suffisamment d’argent à travers la charge des batteries et autres téléphones. Pour ce qui est du déplacement, la ville est prise d’assaut par les taxis motos qui stationnement à tous les carrefours. Cependant, l’insécurité bat son plein dans la ville martyre. Les bandits qui sèment la terreur, volent des voitures ou des motos pour aller les vendre au Liberia. Et les propriétaires qui tentent de se mettre en travers de leurs intérêts sont souvent attaqués ou tués. Quant à la drogue, elle s’y vend à ciel ouvert et dans la plus grande impunité. La cherté de la vie constitue l’autre goulot d’étranglement pour les populations. Les routes qui desservent la ville sont impraticables. Les routes qui la relient à d’autres sont un cauchemar pour les automobilistes. Les véhicules transportant les passagers s’enfoncent souvent dans la boue sur le trajet Kissidougou-Guékédou. A quand la ville de Guékédou se remettra-t-elle de toutes les balafres des incursions rebelles ? Maïmouna Sidibé L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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