vendredi 12 novembre 2010
Hommes en treillis : Chouchous d’aujourd’hui, butins de la CPI demain !

Les plus grands gagnants de la transition, outres les civils approchés par népotisme ou copinage à la mangeoire, auront été assurément les hommes en uniforme : Armée, Police et Gendarmerie. Cette corporation a été manifestement gâtée, à telle enseigne qu’elle a dû créer une certaine frustration chez les autres fonctionnaires de l’Etat. L’envers du décor aura été entre autres les répressions sauvages dont cette corporation s’est rendue coupable.

Lansana Conté a commencé à porter attention sur ses proches. Puis vint Dadis Camara qui avait bien besoin de garantir son unanimité au sein d’une troupe divisée et indisciplinée. Ensuite, ce fut le tour de Konaté de garder les frères d’arme dans tous les soins : galons, traitements mensuel, habitat, etc. Sûrs donc de toutes ces sollicitudes, ces hommes en uniforme ont prouvé étrangement, leur vaillance sur la population qu’ils sont censés pourtant protéger. D’où les risques énormes d’être poursuivis plus tard par la Justice internationale pour nombreux crimes commis: non assistance à personnes en danger, comme c’est le cas récemment en Haute Guinée ; massacres du stade du 28 septembre, répression abusive viols et pillages en règle, appel à la haine, violences pré et post-électorales, etc. Bref, ces dernières années, c’est le printemps du corps habillé. Il a pris goût au pouvoir, à l’opulence, mais aussi à l’intimidation et aux excès de tout genre. Le tout soldé par une dangereuse indiscipline rampante.

Et, pour corroborer cela, le Figaro explique : « Pour calmer ces séditions dangereuses et reprendre un peu de contrôle, les régimes successifs ont aligné les concessions financières, les promotions farfelues et les recrutements claniques. Le général-président Lansana Conté, méfiant à l'égard de ses anciens frères d'armes, favorisait les siens, les Soussous. À sa mort, en 2008, son successeur, le fantasque capitaine Moussa Dadis Camara, a lui aussi cajolé l'armée avant d'être grièvement blessé par son propre aide de camp. Nommé à sa suite pour conduire la transition vers la démocratie, le général Sékouba Konaté n'a eu, en dépit de son prestige dans les rangs, d'autres solutions que de desserrer encore un peu plus les cordons de la bourse. » Et d’ajouter : « Le bilan des recrutements et de ces distributions de galons s'est révélé une catastrophe. Le corps de l'armée n'abrite presque plus de soldats de base mais compte en revanche trois officiers pour un sous-officier. En 2000, les militaires étaient 10.000. Ils seraient aujourd'hui plus de 45.000, engloutissant à eux seuls 40% de la masse salariale de l'État. (...) Nul mieux que Sékouba Konaté ne connaît les défis et les risques qui attendent l'élu. Le président par intérim n'enlève jamais son gilet pare-balles. » Ces hommes en uniforme doivent savoir que les crimes qu’ils ont commis ne resteront pas impunis.

Pour leur part, aucun des candidats au premier tour de la présidentielle n’avait évoqué la Justice internationale à propos des massacres vécus et ce, durant toute la campagne. Les deux finalistes aussi feignent de l’oublier. Peut-être à dessein. Il reste tout de même clair que l’armée guinéenne a besoin de très profondes réformes pour devenir professionnelle et républicaine. Faute de quoi, une nouvelle immixtion des hommes en armes dans le jeu politique est inévitable. Même si certains, comme le commandant Naby Camara, alias B52, accordant une interview à la presse étrangère pense que: « Le temps des coups d'État est passé. C'est l'heure de la démocratie. Même si un militaire voulait prendre le pouvoir, la jus­tice internationale ne le laisserait pas ­faire. Il serait arrêté et emprisonné à La Haye. »


Thierno Fodé SOW
pour www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Gandhi, samedi 13 novembre 2010
45000 est excessif, mais cela permet d`essayer d`obtenir des aides de la communauté internationale pour la RSS, puisque celles-ci sont fonction des effectifs. En réalité le nombre réel est plus proche de 30000 hommes, ce qui reste encore trois fois trop important. Si on avait 10000 soldats avec 10000 enseignants et 10000 médecins, on s`en porterait mieux pour un budget identique. Les militaires consomment mais ne servent à rien, et les 40% du budget qui leur sont réservés, semblent correspondre à la réalité, l`opacité se chargeant de ne pas nous éclairer davantage sur ce point. En plus de 50 ans, ils n`ont défendu le territoire national qu`au début des années 2000 avec les conflits libérien et leonais. Certains d`entre eux sont nuisibles, puisqu`ils assassinent des femmes et des enfants, ce qui en dit long sur leur courage. Enfin alors que cela aurait du constituer un sujet de débat, je suis incapable de dire ce que feront les deux candidats pour metrre fin à cette gabegie.
Youssouf bangoura, samedi 13 novembre 2010
A Fode Sow, ne repète pas ce que la presse française dise, est-ce que selon toi, Lansana Conté avait favorisé les Soussous ? Tu es guinéen et tu es sur le terrain, tu connais la Guinée mieux que toutes les presses internationales du monde . Tu sais bien que la presse française n`a jamais dit du bien de la Guinée, ce depuis 52 ans . Dire aussi que l`armée guinéenne serait au nombre de 45000 hommes, ça doit être excessif, mais d`ailleurs, je ne comprends pas vous les journalistes, comment peut-on donner une information en conjuguant le conditionnel ? Une information est pour le public, si elle vient pas d`une source sûre, elle ne doit pas être divulguée, faites attention .
GilBalck, samedi 13 novembre 2010
A rappeller aussi que la plus grosse machine de la corruption mise en place s`appelle FOSSEPEL.Des budgedivores soulards tourjours dans les barres-maquis...pour surveiller quoi?POORO
GilBlack, samedi 13 novembre 2010
Un article tres pertinent.Je partage en partie le contenu mais plus loin l`affaire CPI et autres dans les oubliettes par nos candidats sont d`ordre politicien soit pour le maintien de la Paix ou se faire des faveurs en ne dénonçant ceux dont le soutien reste necessaire pour la conquette du pouvoir.On se rappelle des propos des deux finalistes au sujet de l`avenir de Dadis aujourd`hui entre retour au bercail et la route de la CPI.Alpha a parlé en laissant des perspectives pourtant,c`est avec lui que le supposé retour du cpt Dadis a ete negocié avec PKK du RDR.Dalein quand a lui etait dans un premier temps pour l`extradition de Dadis mais finalement avait dit qu`il ne peut extrader un fils de la Guinee a la CPI...Donc,disons-le tout net car la lutte pour le triomphe de la vérité et l`Etat de droit ne sont pas prioritaires pour presidentiables qui sont tous de meme suspicieux.Doit-on attendre encore longtemps pour voir plus claire?Qui ira a la CPI et laisser l`autre?Un pays plein de crimes et d`injustice sociale?

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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