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La mort, cette indésirable compagne de tous les jours, vient encore d'arracher à notre affection un homme exceptionnel, un patriote, un visionnaire et un homme d'honneur de grande conviction. Jean-Claude Diallo, puisqu'il s'agit bien de lui, avait ouvert une page nouvelle de l'histoire de notre pays, en réussissant pour une grande première à injecter dans le circuit gouvernemental des Guinéens de l'extérieur réputés pour leur expérience et leur compétence. N’en déplaise à ceux qui les appelaient à l’époque « Ministres importés » ou simplement « Diaspos ». Cependant, avec le reçu, il est incontestable que les Bana Sidibé, Kerfalla Yansané, Edouard Benjamin et autre Ousmane Sylla, ont apporté à l'administration guinéenne leur savoir faire dans leurs domaines respectifs. A-t-on d'ailleurs fait mieux après Kerfalla Yansané à la banque centrale ou à l’urbanisme-habitat, après Bana sidibé? L' histoire jugera. La liste de Guinéens de l’extérieur, compétents et expérimentés, recensés par Jean-Claude Diallo en sa qualité de Secrétaire d’Etat chargé des Guinéens de l’extérieur ne se limitait pas à ces seuls ministres. Des dizaines d'autres Guinéens de l'extérieur avaient leur nom dans la moisson fertile de toutes compétences de Jean-Claude, l'objectif étant à terme de réussir une harmonieuse alliance entre tous les fils du pays, ceux de l'intérieur comme ceux de l’extérieur pour combler l'énorme gâchis humain dont a souffert notre pays. Le programme de société contenu dans le discours programme du 22 décembre 1985 qui reste le point de repère de la 2à République, portera à jamais l’empreinte de Jean-Claude qui ne rêvait que d’une Guinée nouvelle, prospère et compétitive. Mal compris et objet de toutes les intrigues de la part de ceux qui sont toujours opposés au renouveau en Guinée, Jean-Claude n'a pas hésité à choisir la voie de l' honneur, en démissionnant, tout en dénonçant le disfonctionnement de l'appareil de l'Etat. Il a su dire Non, en ouvrant une page nouvelle, je dirai une nouvelle culture dans la pratique dans notre pays. C'est ce qu'il fit sans regret et ce, avec une grande dignité. Je garderai toujours en mémoire notre rencontre à Dakar en 2004, peu après ma démission, celle de Frankfurt en Mars 2005 ainsi que nos fréquents entretiens téléphoniques, notre passion commune pour la Guinée ainsi que notre projet commun pour l’avenir de la Guinée, une Guinée radieuse, débarrassée de la misère et de l'ethnocentrisme. Adieu Jean-Claude, mon frère. Adieu le patriote. Adieu le compagnon. Ton idéal ne sera pas vain. D'autres pionniers porteront le flambeau. François Lonsény Fall, ancien premier Ministre pour www.guineeactu.com
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