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El Hadj Bah Abdourahmane s’est éteint dans son sommeil à l’aube du samedi, 10 janvier 2009, à son domicile à Fonsorbes, près de Toulouse. Il avait 82 ans. Ce brillant officier de réserve de l’Armée française, qui s’est illustré sur de nombreux théâtres de guerre et de champs de bataille, laisse deux épouses, Hadja Binta Bah (78 ans) et Hadja Mariama Sirée Barry (72 ans), ainsi que quatre enfants : l’aîné, Thierno Oumar Diogo (du nom de son grand-père), dit Thierno Saïgon (il est né quand son père était appelé au front en Indochine), suivi d’Abdoulaye, de Mariama Sirée (qui porte le nom de sa seconde mère) et de Souleymane.
Le défunt est issu de Thierno Oumar Diogo Bah, fondateur de la dynastie de Tinka et, en 1932, de la ville de Dalaba au Fouta Djallon.
Il était de règle que les chefs de canton désignent l’un de leurs fils pour aller à l’armée. C’est Bah Abdourahmane qui fut choisi. Mais, avant de s’engager, il a récité par cœur le Coran tout entier, debout sur un seul pied, l’autre replié, selon la coutume peule, devant son père, Thierno Oumar Diogo. Depuis lors, chacun des petits fils aînés de ce celui-ci doit porter les prénoms du patriarche, par déférence et en signe d’appartenance à l’ancêtre.
Il serait difficile de rappeler tous les bienfaits que Bah Abdourahmane a rendus à sa famille et à ses concitoyens, à ses nombreux neveux, nièces, beaux-frères et belles sœurs.
El Hadj Bah Abdourahmane a donné à son fils aîné, Thierno Saïgon, la consigne de maintenir la cohésion et l’unité de la famille. Il ne fait aucun doute que Thierno, ce garçon dynamique, plein de talent, au charme irrésistible, respectueux de ses aînés et des traditions guinéennes, suivra consciencieusement la feuille de route et l’ordre du jour que son père lui a prescrits.
Personne mieux que la bru du défunt, l’Antillaise Florence, épouse de son neveu, le Dr Almamy Bah, ne pouvait rendre un hommage plus sincère à celui que toute sa famille et tous les Guinéens de Toulouse appelaient affectueusement Babaën (Le Père). Nous livrons ci-après aux correspondants de Guineeactu.com le message que Florence a lu, lors de la levée du corps d’El Hadj Bah Abdourahmane, devant une assistance émue.
Alpha Sidoux Barry
Directeur de publication de www.guineeactu.com
Babaën,
« De l’est à l’ouest, en passant par le centre ; de Paris à Toulouse, tes enfants, tes petits enfants, tes parents, tes amis, sont tous réunis aujourd’hui pour te dire au revoir.
Samedi dernier, un sombre nuage a traversé notre paysage. La nouvelle de ton départ nous a figés. Attendue d’une certaine façon, mais on n’y croyait pas vraiment.
Notre imaginaire pensait braver la réalité et te conserver presque indestructible.
A travers les années, tu as su faire de Toulouse une Tinka en terre d’accueil.
Pour nous tous, Toulouse préservait nos racines, notre identité, sur laquelle tu as su veiller avec dignité.
Homme intègre et droit, tu as su maintenir et porter le flambeau familial avec fierté. Tu étais pour nous un symbole de cohésion qui nous donnait le sentiment d’appartenance à une entité familiale. Tu étais notre pilier, tu gardais nos traditions dans ta maison où chacun pouvait venir se ressourcer sous ton regard protecteur et bienveillant.
Aujourd’hui, nous sommes tous orphelins. Et Fonsorbes est bien vide et bien triste sans toi.
Aujourd’hui, les pas traînants, le regard tourné vers un horizon chargé d’interrogation, le cœur lourd de chagrin, et si jusque-là, par pudeur, nous nous sommes tus, aujourd’hui nous sommes là pour te dire combien tu nous a été cher et combien tu nous manques déjà, combien nous sommes tristes et malheureux et surtout nous allons t’accompagner de toute notre affection pour ton grand voyage.
Au revoir et bon voyage
Babaën. »
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