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En linguistique, l’analogie est l’« action assimilatrice qui fait que certaines formes changent sous l’influence d’autres formes, auxquelles elles sont associées dans l’esprit et qui déterminent des créations conformes à des modèles préexistants. »
Ainsi, le raisonnement analogique est devenu une sorte de bréviaire que, depuis le 23 décembre 2008, un groupe de Guinéens, férocement haineux essaient d’exploiter. Ils tentent d’expliquer ce qui semble leur échapper tous les jours qui se passent. Ils reproduisent des méthodes staliniennes, en croyant convaincre leurs compatriotes, alors qu’ils ne font que s’enfoncer dans un noir désir dont la réalisation s’est perdu dans les méandres de leur rêverie.
Aujourd’hui, aucun Homme intelligent, honnête et patriote ne peut dire que la Guinée de 2009 est égale à celle d’il y a deux mois, à forte raison, de la comparer à celle du temps du premier régime. Une telle étroitesse d’esprit amène à refuser l’évidence : le changement et la rupture qui s’opèrent (même lentement) sous les yeux.
Dès les premières heures de la prise du pouvoir par les jeunes patriotes de nos forces armées nationales, les mêmes distillaient, partout, avec la savoureuse dénégation de l’histoire qui s’écrit que le CNND est un rejeton sortit des dernières créations du défunt Président. A ce titre, les nouvelles autorités auraient eu pour mission, non la défense et la protection des Guinéens ainsi que leur pays, mais de protéger la famille du précédent Président. Ils les condamnèrent ainsi avec une précipitation déconcertante. Certains ont choisi le silence maintenant.
Que disent-ils depuis que les faits ont commencé à les contredire ? Quelles sont leurs dernières trouvailles ?
Un richissime citoyen, aux hôtels étoilés, serait déjà le premier Président élu sans urne, ni élection. Le CNDD, surpris par cette élection, aurait échafaudé des enquêtes par anticipation, soit depuis le 29 décembre 2009, pour que le Président ainsi élu, soit combattu et battu. Malheureusement, à cette date, aucune indication claire et précise n’était faite sur l’intention du nouveau pouvoir. D’où vient le montage de ces derniers jours ?
Viendrait-il des audits qui font rétrécir leur marge de manœuvre ?
En tout cas, le train de la vérité a sifflé et ne laissera pas les voleurs des Guinéens parmi eux. Il les emportera dans les gares où ils ne pourront plus nuire à mon pays et ses populations.
Quels plaisantins, mais dangereux manipulateurs dont les boîtes à résonnance produisent la consonance à l’écho ressemblant à celui d’une certaine radio « Mille collines » ! Comparaison n’étant pas raison, la Guinée ne connaîtra jamais les conséquences de cette maléfique radio qui créa le génocide rwandais, comme le fit Dieu de l’être humain.
Pour essayer de donner une forme de consistance à leur stratégie, un torchon a circulé, sans brûler de ressentiment ceux qu’ils voulaient voir se révolter.
Pour se faire bonne conscience, mais trompeuse de l’opinion de leurs compatriotes, au moment où le citoyen s’apaise de la longue et douloureuse souffrance, ils auraient chipé le papier des griffes des services secrets. Personne ne nous dit comment ?
Ce qui est indéniable, c’est que ce papier porte la haute senteur des mains faussaires. Le texte est bien malheureusement truffé de fautes. Ce qui enlève, d’ailleurs, à cette honteuse preuve, toute crédibilité, et souffre d’une inintelligente sécrétion de cervelets dangereux.
Dangereux parce qu’ils se prennent pour la voix de la respectueuse communauté à laquelle ils appartiennent. Or, celle-là sait parfaitement lire les lignes de son histoire au moment où elle s’écrit. Qui, mieux qu’elle, souhaite aujourd’hui l’aboutissement de l’élan des nouvelles autorités, sous la lumière de la vérité qui doit éclairer notre passé trouble ?
Ces gens-là (ceux qui manipulent les consciences) ne veulent-ils pas qu’un jour, l’histoire guinéenne soit écrite avec sa vérité, c’est-à-dire telle qu’elle s’est réellement produite ?
Seulement, il est étonnant, voire suspect, qu’au moment où les Guinéens saluent le courage et la détermination des nouvelles autorités, l’ire et le courroux de ces sempiternels planeurs au-dessus de tous les autres citoyens, criaillent avec un mot fantôme, dont l’énonciation rappelle tristesse, douleur, crimes et criminels :.il s’agit du terme complot. Contre qui donc, bon Dieu ?
N’est-ce pas hallucinant que celui qui fit déguerpir les populations à Kaporo-rail soit le héros de ses victimes ? Vouloir prendre l’envers de l’histoire pour réelle, c’est de la dénégation de cette histoire ! Et cela est dangereux et improductif. Soyeux sérieux !
N’agissons pas comme ces enfants qui, autour du plat de riz, décident du partage par « à qui mieux, mieux », mais exigent que les autres remettent leur poignée de riz dans le bol, pour recommencer lorsqu’ils n’ont pas eu une grosse part, ou n’ont rien eu du tout !
Personne ne sera désormais au-dessus de la loi en Guinée ! Première exigence.
Demandons, des nouvelles autorités, la poursuite des audits ! Deuxième exigence.
Personne ne doit être inquiété ni pour son appartenance ethnique, ni religieuse, ni politique ! Troisième exigence.
Par contre, tous les voleurs, fussent-ils des chefs de parti ou membres d’organisation, protégés par le sceau de l’immunité, doivent rendre compte ! Quatrième exigence.
Pourquoi cette stratégie de fuite en avant des esprits malicieux ?
L’histoire ne se répète pas ou ne se reproduit pas. Elle ne s’écrit pas par analogie, pour que maintenant l’on confonde le passé avec le présent. Même si pendant cinquante ans, ce passé a refusé de passer.
Tous ceux qui se sont enrichis du malheur des Guinéens doivent rendre compte ! Sixième exigence.
Aux Guinéens de l’imposer aux nouvelles autorités, comme ils le font aujourd’hui à l’endroit des narcotrafiquants.
Il faut inscrire ces demandes dans le cadre du respect des droits humains et de la justice. Tout le reste n’est que l’effet de la petite mouche posée sur le corps de l’éléphant.
Maintenant que « des armes sont amassées le long des frontières guinéennes avec le Sénégal, la Guinée Bissau, la Gambie », les Guinéens n’en sont qu’avertis. D’ailleurs, un proverbe de chez moi ne dit-il pas : « la guerre, qui est annoncée de longue date, ne peut surprendre la personne âgée dans le village» ?
Simplement, que commencent les grands chantiers de la construction de mon pays ! Soutenons les nouvelles autorités guinéennes et demandons-leur de poursuivre l’éveil de la Guinée nouvelle ! Le soleil de la dignité l’accompagnera.
Jacques KOUROUMA
pour www.guineeactu.com
Paris, le 27 février 2009
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