jeudi 3 décembre 2009
Histoire de cancres
Tibou Barry

Excédé par les tragédies humaines de la deuxième guerre mondiale, l’érudit Jean Paul Sartre s’est écrié « il suffit que deux blancs se rencontrent pour qu’il y ait un cadavre ». En extrapolant cet adage sur notre cher pays l’on serait tenter de dire qu’il suffit que deux Guinéens se rencontrent pour qu’il y ait… une connerie!

En effet, la bêtise est la commodité la mieux partagée entre guinéens. Et il semble que le gourmand Dadis a gardé pour lui… La grosse part du gâteau ! Par manque d’arguments politiques, de légitimité et de leadership il fait vibrer la corde sensible que tous les despotes comme lui, atteints de cécité politique, ont enfourchée : la fibre ethnique. Actuellement en Guinée il ya en effet une forte tendance à ne voir chez « l’autre » que de l’irrationnel, du superflu, de la fourberie et de la négation. Le diabolique Hitler de son temps avait imputé toutes les tares et les décadences de la race aryenne aux minorités Juives et Gitanes pour mettre en marche la stratégie de l’holocauste. Le tyran Sékou Touré voyait de l’intellectuel, du peulh, et de tout autre objecteur de conscience un frein majeur à sa révolution inutile. Dadis se disant certainement que cela ne sert à rien de réinventer la roue n’a fait que s’engouffrer dans la brèche ouverte par Sékou pour estimer à tord que la contestation à son coup de force est du à cause de son origine forestière. Quelle grosse insanité ! Le rejet de la politique du doigt sur la gâchette des Tontons-macoutes du CNDD est tout simplement du au fait qu’ils ne peuvent nous apporter que trois choses : du sang, des larmes et de la désolation !

C’est à se demander combien de générations nous faut-il alphabétiser pour leur faire comprendre que pour un irlandais, un Arabe ou un Corse, quand un Peulh étrangle un Toma, qu’un Baga écorche un Malinké, qu’un Konianké fasse la fête à un Nalou, ou qu’un Landouma affronte un Badiaranké, c’est du pareil au même. C’est du bougnoule qui tape sur du bougnoule ! Donc il n’y a pas le feu à la maison !

Pendant cinquante ans, nous avons été la risée de toute l’Afrique à cause des multiples occasions ratées pour hisser notre pays au rang des nations respectées comme le Ghana et le Mali. Et voilà qu’on ne trouve rien de mieux à faire que de rajouter du sucre dans la soupe ethnique !

Les histoires de cancres, ce n’est pas très drôle ! On sait ou ca commence. Heureusement on sait aussi presque toujours ou ca finit. Lorsqu’on s’invective comme des chiffonniers, la communauté internationale ne peut qu’exprimer ses vives préoccupations, rameuter la croix- rouge et au besoin nous envoyer des pompiers-pyromanes de la trempe de Blaise Compare et du vieux filou, et corrompu Abdoulaye Wade. Quelle ironie ! Que l’assassin de Thomas Sankara et le corrupteur de Alex Segura soient désignés pour nous donner des leçons de démocratie, c’est que décidemment notre naïveté a atteint le fond du tonneau des Danaïdes. D’ailleurs une procédure judiciaire sera bientôt engagée par la communauté guinéenne des Etats-Unis pour trainer le leader du « sopi » devant la justice pour escroquerie, incitation à la violence et associations de cannibales.

Les Etats-Unis d’Amérique sont constitués par une mosaïque d’ethnies et d’origines très diverses : Flamands, Soussous, Bavarois, Acadiens, Malinkés, Siciliens, Iroquois, Bantous, Mohicans, Punjabis, Zoulous, Guerzés, Séminoles etc., qui depuis fort longtemps ne se tapent plus dessus comme des sourds. Si Les Gaulois, les Savoyards, les Basques, les Lombards, les Valaisans, les Bretons et les Corses vivent en harmonie sous la maison France, la seule raison pour laquelle Malinkés, Peulhs, Guèrzés, Bagas, Kissis, Konianké, etc. entretiennent des relations de suspicion et de méfiance sous la case Guinée, c’est que tout simplement nous continuons toujours de nous abreuver à la fontaine de la division et de la préférence ethnique, initiée et codifiée par le diabolique Sékou Touré, subtilement préservée par l’incompétent Lansana Conte, amplifiée et commémorée par le déséquilibré Dadis Camara.

Nul n’a besoin d’avoir fait des études à Harvard ou à Lomonossov pour comprendre que Dadis et ses Tontons-macoutes du CNDD par manque de compétences, d’initiatives, de vision, de logique, d’humilité et surtout d’humanisme ne peuvent que faire basculer inéluctablement la République bananière de Guinée vers une République d’inspiration… somalienne ! Une République où l’Etat a pris la clef des champs pour céder la place à des clans mafieux et à des chefs de guerres nourris au lait de la haine ethnique et au fanatisme islamique.

Notre « diversité » devait et doit au contraire être un des atouts majeurs sur lequel un leader inspiré pourrait s’appuyer pour sortir notre pays des labyrinthes de l’angoisse, de la déception, des ostracismes, et des misérabilismes, dans les quels nous ont entrainés les trois gros méchants qui se sont succèdes à la tète de notre pays. Ce leader tant attendu aura pour tache principale de nous faire accepter à nous autres cancres que le pouvoir ne s’acquière pas seulement par une simple règle de rotation ethnique encore moins par une visite armée et guidée à la morgue pour recueillir les dernières consignes de son prédécesseur. Ce leader inspiré devra tout simplement balancer par-dessus bord tous les extrémistes qui ont des solutions simples pour toute équation sociale et les comites de soutien du genre de JRDA, COSALAC, MOSALAC qui comme des truies plongent leurs museaux dans les puanteurs de l’ethnocentrisme.

Nous devons enfin respecter nos rendez-vous tant manqués avec l’histoire car elle est très sévère avec les peuples qui remettent toujours à demain la prise en charge de leurs destinées. Eh ! Oui chers compatriotes la misère devient toujours une fatalité pour les peuples qui continuent inlassablement de courber l’échine sous le poids de tyrans grisés par les délices du pouvoir absolu.

L’opposition à la dictature bestiale de Dadis et de ses Tontons-macoutes est alors très loin d’être un problème ethnique, encore moins un problème de personne, d’origine ou de classe. C’est plutôt un devoir patriotique qui incombe à tout un chacun de nous. C’est un ras-le-bol de tous les guinéens qui en ce début du vingt et unième siècle ne veulent plus continuer d’être les citoyens d’une République bananière, ou l’on vit comme des rats et l’on meurt comme des insectes ! C’est aussi et surtout un ras-le bol d’être les citoyens d’une république bananière qui s’accommode de la précarité absolue et des violences politiques cycliques, qui glorifie le mensonge, célèbre la médiocrité et tolère la cruauté.

En attendant ce leader inspiré dont les initiatives nous enseignerons une fois pour toutes, que le pouvoir c’est pour servir et non pour se servir, continuons à nous atteler à nos deux préoccupations favorites c'est à dire nous détester copieusement et à manger des bananes.

Bon appétit!                                                           


Tibou Barry, Atlanta, Georgia    


www.guineeactu.com     

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Vos commentaires
Binta SAKO, mercredi 9 décembre 2009
Félicitations, votre texte est très bien écrit et le constat est juste. reste maintenant à convaincre les guinéeens qui sont d`une immaturité politique alarmante. Sékou Touré nous a bien eu. Après 50 ans de haine et de jalousies ethnique ça va être difficile de changer la mentalité du commun des guinéens.
mohamed sampil, samedi 5 décembre 2009
EH...TIBOU ,,Nous ,les NALOUS sommes les plus pacifiques en GUINEE..Nous n`avons aucun problême avec les autres ethnies..Je t`invite à BOKE quand tu veux...Mohamed SAMPIL
Marga NabyrI, jeudi 3 décembre 2009
Seront-ils nombreux à vous comprendre? C`est une question de perversité congénitale

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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