mercredi 20 janvier 2010
Haïti, Guinée
Tibou Barry

La terre éventrée livre ses derniers secrets d’incompréhension badigeonnés d’âmes meurtries, de corps froissés, et d’espoirs refoulés.

Haïti s’écroule, le ventre plat, l’œil humide. Les feux des projecteurs dévoilent les couleurs de l’opprobre scintillants en dessous des immondices, des tôles froissées et des vies pétillantes de joie hélas ! à jamais brisées. Et le reste du monde, à coup sur voyeur rit jaune d’une malédiction usurpée.

En califourchon sur les deux berges de l’Atlantique, écrite, l’histoire mélancolique des vaincus s’obstine à se laisser tanguer aux rythmes du compas.

Jadis, bien avant la saga conquistadores, le yankhadi et le solissi gardiens éternels de fêtes païennes trémoussaient les corps d’ébène insouciants de l’imminence du prochain voyage.

Quelle similitude de destin périlleux et singulier ! Guinée, Haïti. La magnitude des occasions ratées nargue la générosité des dieux courroucés par tant d’inaptitudes, d’infamies et que dis je de démission devant l’eternel selon.

A la première, les richesses du sous-sol et la qualité des hommes. Au second, la situation géographique et la densité de la classe intellectuelle. Ensemble, la générosité dans l’effort du refus de renaitre de ses cendres et de porter le témoin jadis brandit par Toussaint-Louverture et Samory Touré.

Guinée, Haïti ! Aux sons voluptueux du Compa et du Yankhadi, la logique Hobbesienne de l’homme prédateur par excellence envoutent les corps et souillent les esprits. En maitresse des lieux et seule rescapée de la traversée de l’atlantique elle s’inquiète nonobstant du reste de la troupe divertis par d’autres obsessions.

Des berges boueuses du Bagataye a Cité Soleil, l’amertume de lendemains de batailles sans victoires ni paix laisse filtrer cependant les contours d’un avenir radieux.

Alors, la fière Moriah prend ses couleurs de reine de fêtes foraines, naguère La saline ou Gonaïves, se laisse bercer par les troubadours de Jacques Sauveur et Sweet Mickey. « Haïti se peyi en mwen ».

Qu’importe, Duvaliérisme, Koudeisme ou encore Dadisme, la note salée que s’arrachent les agitateurs politiques se divise avec les mêmes dénominateurs : gâchis, violence et déception.


Tibou Barry, Atlanta, USA


www.guineeactu.com

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Vos commentaires
FIDEL, mardi 26 janvier 2010
Heureusement que le temps ne travaille que pour la verité. On ne fait l`histoire par des valeurs negatives je vous apprends: le mensonge et le tribalisme sont des valeurs negatives. Vous qui passez tout votre temps à denombrer le nombre de peulh dans les differents gouvernements, c`est bien à vous de changer votre façon de voir les choses.Dis moi oui ou non Siradjo a pris des armes contre ce pays et il n`est qu`un concept, mamadou DIA dit avoir arreté des mercenaires guinéens à Dakar essentiellement des peulh, Maurice Robert disait compter essentiellement sur les peuls pour destabiliser la GUINEE, Jeaques foccart, Bob Denard, tous confirmerent cela. Houphouet a toujours regreté de ne pas avoir le foutah comme frontiere avec Sekou Touré. Lis les condamnations de Alpha Condé sur le FLNG apres l`agression. Vous etes les maillons faibles de ce peuple je suis bien desolé de le dire.Bissè
Habib Diallo, samedi 23 janvier 2010
Si les PDGistes, Koudaistes et Dadiistes pouvaient comprendre le sens de ce texte, ils aideraient a construire un Etat démocratique viable en Guinée pour ne pas que nous connaissions une évolution similaire à Haiti (le premier pays indépendant noir : 1er janvier 1804 mais le plus pauvre de l’hémisphère ouest) a connu.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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