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La terre éventrée livre ses derniers secrets d’incompréhension badigeonnés d’âmes meurtries, de corps froissés, et d’espoirs refoulés.
Haïti s’écroule, le ventre plat, l’œil humide. Les feux des projecteurs dévoilent les couleurs de l’opprobre scintillants en dessous des immondices, des tôles froissées et des vies pétillantes de joie hélas ! à jamais brisées. Et le reste du monde, à coup sur voyeur rit jaune d’une malédiction usurpée.
En califourchon sur les deux berges de l’Atlantique, écrite, l’histoire mélancolique des vaincus s’obstine à se laisser tanguer aux rythmes du compas.
Jadis, bien avant la saga conquistadores, le yankhadi et le solissi gardiens éternels de fêtes païennes trémoussaient les corps d’ébène insouciants de l’imminence du prochain voyage.
Quelle similitude de destin périlleux et singulier ! Guinée, Haïti. La magnitude des occasions ratées nargue la générosité des dieux courroucés par tant d’inaptitudes, d’infamies et que dis je de démission devant l’eternel selon.
A la première, les richesses du sous-sol et la qualité des hommes. Au second, la situation géographique et la densité de la classe intellectuelle. Ensemble, la générosité dans l’effort du refus de renaitre de ses cendres et de porter le témoin jadis brandit par Toussaint-Louverture et Samory Touré.
Guinée, Haïti ! Aux sons voluptueux du Compa et du Yankhadi, la logique Hobbesienne de l’homme prédateur par excellence envoutent les corps et souillent les esprits. En maitresse des lieux et seule rescapée de la traversée de l’atlantique elle s’inquiète nonobstant du reste de la troupe divertis par d’autres obsessions.
Des berges boueuses du Bagataye a Cité Soleil, l’amertume de lendemains de batailles sans victoires ni paix laisse filtrer cependant les contours d’un avenir radieux.
Alors, la fière Moriah prend ses couleurs de reine de fêtes foraines, naguère La saline ou Gonaïves, se laisse bercer par les troubadours de Jacques Sauveur et Sweet Mickey. « Haïti se peyi en mwen ».
Qu’importe, Duvaliérisme, Koudeisme ou encore Dadisme, la note salée que s’arrachent les agitateurs politiques se divise avec les mêmes dénominateurs : gâchis, violence et déception.
Tibou Barry, Atlanta, USA
www.guineeactu.com
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