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La présidente du CNT Hadja Rabiatou Sérat Diallo va bientôt plier bagages, avec la tenue des législatives dont la date est très souhaitée par la communauté des bailleurs fonds, notamment l’Union européenne. Mais déjà, elle se félicite du travail accompli en un temps record. Dans cette interview qu’elle a accordée à Guineeactu.com, la présidente du CNT, évoque entre autres, son passage à la tête de cette structure, de ses projets post-CNT, mais aussi du partenariat scellé entre la CNTG et le syndicat suisse, le SIT de Genève. Entretien !
Guineeactu.com : Mme la présidente du CNT, est-ce que vous avez le sentiment d'avoir accompli la mission assignée au CNT ?
Rabiatou Sérah Diallo : Je suis très satisfaite d’avoir accompli la mission assignée au CNT. Il faut se féliciter de l’aide du BIT à la formation des 159 conseillers par le service PRODIAF sur le dialogue social. Cette formation a facilité, l'acceptation des uns et des autres. C’est à ce prix que les quelques 159 membres venant de tout bord, de toute sensibilité, ont travaillé. Ainsi, le CNT a fini son travail sur la Constitution et le code électoral, ainsi que sur les deux lois organiques consacrées à la liberté de la presse. Tout a été exécuté en un temps record, dans le respect du délai imparti : Juin 2010.
Le mandat du CNT se termine dès l'élection du président de l'Assemblée nationale. Pensez-vous aujourd'hui que toutes les conditions sont réalisées pour aller aux législatives dans les trois prochains mois ?
Selon les accords de Ouaga, éclairés par l’ordonnance définissant le fonctionnement et la durée du CNT, le mandat de cette structure prend fin à la mise en place de la nouvelle Assemblée nationale. Cet état de fait se justifie par le simple fait d’éviter un vide juridique. C’est dire que le CNT n’est pour rien quant à l’organisation des législatives. Si donc les moyens matériels et financiers sont réunis, le travail du CNT consistera à accompagner le processus. Nous espérons que si la volonté politique ne fait pas défaut, on pourra au bout de 5 mois, aller aux législatives. Si vous lisez la Constitution, en principe, les législatives auraient dû avoir lieu depuis fin octobre 2010 car le délai est à compter depuis la promulgation de la Constitution qui a eu lieu en mai 2010.
Vous avez été accusée à un moment donné d'avoir manipulé le code électoral pour donner beaucoup plus de poids au président de la CENI. Aujourd'hui la présidentielle est passée. Que répondez-vous à vos accusations ?
Ma seule réponse est de vous renvoyer à la Constitution. Ce que je puis déjà vous rassurer c’est que je n'étais pas candidate et je n'avais pas de candidats proches ou lointains à présenter. Donc je n'ai aucun intérêt à donner des pouvoirs au président. Notre seul objectif était de doter le pays d'une Constitution forte et digne de ce nom.
Peut-on savoir où vous en êtes avec les lois organiques ?
Les neuf commissions travaillent sur un programme par ordre de priorité.
Peut-on avoir une idée de vos projets après le CNT ?
Mes projets c'est de renforcer la capacité du mouvement syndical, mais aussi je vais retourner à la terre et à l'élevage avec un réseau de femmes pour participer au développement du pays. Parallèlement, je suis toujours prête à servir mon pays en cas de besoin. Mais pas dans un gouvernement. Le caractère interprofessionnel de la CNTG est très important pour moi car une centrale se reconnaît dans sa représentativité. Ce qui veut dire qu'elle est transversale.
Quelles expériences tirez-vous du partenariat avec le SIT et quels en sont les bénéfices ?
L'expérience de notre partenariat avec le SIT de Genève a été très bénéfique. Nous avons pu en effet apporter des appuis aux organisations de femmes du secteur informel. Nous avons pu aussi leur apporter de l’aide pour trouver de l’eau potable avec l’aménagement des forages. Je note aussi la construction de latrines dans certains grands marchés du pays, le tout à l’actif des communautés. Des communautés qui ont par ailleurs bénéficié par exemple d’enclos pour l'élevage. Comme conséquence directe, la résolution des problèmes entre agriculteurs et éleveurs. Au-delà de ce partenariat très fructueux, je note avec satisfaction la formation dont on a bénéficié, notamment dans le renforcement des capacités des organisations syndicales et féminines. Cela dans le cadre de la participation des femmes et des jeunes au développement socio-économique de notre pays.
Propos recueillis par Adjidjatou Barry Baud pour www.guineeactu.com
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