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Les femmes ne sont plus prêtes à subir les dérives conjugales et le déni d’égalité administrative. C’est pourquoi, dans toutes les organisations ou associations de femmes, on plaide pour beaucoup plus d’attention, d’accès au crédit, à la formation en leadership féminin, etc., bref, à s’armer pour affronter les injustices dont elles sont souvent victimes. Hadja Fatoumata Bah, présidente de l'ONG ODRID, Organisation pour le Développement rural intégré durable, nous parle entre autres, dans cet entretien, des difficultés que rencontrent encore, hélas, les couches vulnérables que sont surtout les femmes rurales.
Guinéeactu : Pouvez-vous décrire les difficultés auxquelles sont confrontées les femmes travailleuses dans le secteur informel ?
Hadja Fatoumata Bah : Les principales difficultés auxquelles sont confrontées les femmes du secteur informel sont, entres autres : le poids de la pauvreté – le secteur informel bénéficie de peu d’appuis des pouvoirs publics –, la précarité de l’emploi, l’analphabétisme, la mauvaise gestion, la persistance des coutumes et traditions néfastes aux femmes.
Dans quelle mesure la formation est-elle un facteur déterminant dans l’organisation des femmes, au sein des organisations de base et quels types de formations sont-elles les plus demandées ?
La formation constitue un facteur déterminant, dans la mesure où elle permet de faire fructifier la production, de mieux gérer les revenus, de tisser des relations aux niveaux nationaux et internationaux et aussi d’accéder au crédit. Les types de formations les plus demandées sont : alphabétisation fonctionnelle ; gestion financière, administrative et comptable ; techniques de production en fonction de la filière ; leadership féminin ; genre.
Comment luttez-vous pour améliorer les conditions de travail des femmes confrontées aux travaux polluants (séchage de poisson, teinture, etc.) ?
Nous procédons à des campagnes de sensibilisation sur le danger des produits toxiques et sur l’importance d’utiliser le matériel de protection.
Pouvez-vous mesurer les effets positifs du fonds de microcrédit qui est géré par la CNTG ?
L’ODRID n’a pas encore octroyé de crédits aux femmes qu’elle appuie. Cependant, à travers la CNTG nous avons suivi les femmes qui ont bénéficié de crédits avec cette organisation. Ce fonds a permis aux femmes de qualifier leur performance, d’augmenter leur revenu et de réduire leur pauvreté.
Quelle est votre politique d’information des militants de terrain et des organisations de base ?
La politique de notre organisation en matière d’information est la tenue de réunions périodiques, les assemblées générales ordinaires et extraordinaires, les téléphones, et parfois les courriers électroniques.
En matière de droit du travail, pensez-vous que la femme guinéenne a les mêmes droits que les hommes ?
Dans tous les textes légaux la femme guinéenne a les mêmes droits que l’homme : « À qualification égale, salaire égal ». Cependant, dans la vie quotidienne et dans les faits, le bât blesse car, au niveau des organes de prise de décision, les femmes sont sous-représentées, malgré leur qualification et leur nombre.
La CNTG est-elle toujours un outil de revendication des droits des travailleurs, quelles que soient leurs origines – ethnique, religion ou classe sociale ?
ODRID est une organisation qui a pour objectif général de contribuer à l’amélioration équitable des conditions de vie et de travail de la population rurale, dans le renforcement des capacités des organisations paysannes et de favoriser une meilleure prise en compte de la dimension genre au sein des organisations locales de développement. Pour sa part, la CNTG défend le travail et les travailleurs sans distinction de sexe, de religion ou d’ethnie.
Propos recueillis par Adjidjatou Barry Baud pour www.guineeactu.com
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