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Des compatriotes qui se croient trop en avance, oublient souvent que la Guinée n’est encore qu’un pays en majorité rural.
Contrairement aux autres pays industrialisés d'Europe ou d'Amérique du nord, qui ont connu des avancées spectaculaires après la deuxième Guerre Mondiale, la Guinée reste et demeure encore un pays rural, traditionnel et essentiellement agricole.
Ceci étant, tous les Guinéens de toutes les couches confondues, ont presque les mêmes valeurs ancestrales et actuelles de base, à savoir la religion, la peur de l'enfer, l'envie du paradis, et surtout, la croyance au bon Dieu.
Beaucoup d'entre nous étaient d’ailleurs surpris de voir notre chef d'Etat, le Coran dans la main gauche et la Bible de l'autre. Cependant, personne n'a dénoncé la violation de la laïcité qui régit une république par ce dernier : preuve que nous croyons encore en Dieu, peu importe lequel des dieux !
Ce sont certainement ces valeurs-là qui ont disparu dans les pays dits développés, raison pour laquelle, les Eglises de ces mégapoles, au lieu d'accueillir des fidèles croyants, reçoivent plutôt des sans abris et autres mendiants de rue.
Parlant de société traditionnelle basée sur l'orientation familiale, c'est-à-dire où le Père, les mères, les oncles, les tantes grands parents vivent dans la même communauté, dans la même maison, où tout le monde se connait, nul n'a besoin de revendiquer sa place. Surtout que tout le monde connait où mettre les pieds (l'enfant ne doit pas prendre la chaise de l'adulte).
De ce fait, la Guinée étant petite de superficie, tout le monde connaît chacun et chacun connaît tout le monde. Par exemple, nous n'avons même pas besoin d'audits pour savoir que Cellou Dalein Diallo ou Mamadou Sylla sont des prédateurs de notre maigre économie : le « bouche à oreille » suffit largement pour avoir des témoins, et traduire les intéressés en justice.
Nous n'avons pas, non plus, besoin de l'aide du T.P.I., avec des enquêtes qui prendront des années, pour traduire PIVI en justice. Là aussi, les faits sont sous nos yeux, et le « bouche à oreille » suffit largement pour prouver sa culpabilité dans les actes, à lui, reprochés.
Contrairement aux pays développés, industrialisés, où la police compétente a du mal à faire son travail à cause de la Charte des Droits de l'homme et de l'individu qui, des fois, protège les criminels au nom du droit, en Guinée, un voleur peut être brûlé vif par des citoyens en colère, sans procès équitable.
Ainsi, nul n'a été épouvanté ni étonné d’entendre notre Chef d'Etat, le Capitaine Dadis dire en public : ''Celui qui tue, sera tué''. Et pourtant, à quelques milliers de kilomètres de nous, en Belgique par exemple, même un Maire n'oserait tenir de tels propos sans être poussé à la démission par les avocats des droits de l'homme.
Preuve, s’il en était besoin, que c'est l'environnement qui fait son homme : le monde s'en fout pas mal si l'Africain meurt comme un rat, tout simplement parce qu'il pense et réagit comme une souris. Sinon, comment un peuple comme le peuple guinéen, pourrait-il rester indifférent à l'amateurisme du Capitaine Dadis, ces dernières semaines ?
Tout ceci démontre que nous sommes encore dans un Etat rural. Et alors : mieux vaut crier « riz pour tous » que « justice pour tous » car, c'est seulement lorsqu’on aura le ventre plein, que nous aurons envie de nous protéger les uns, les autres, sans faire recours à la loi de la jungle, où le roi est toujours le favori, et le charognard, l'outsider.
Barry Tutankhamon pour www.guineeactu.com
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