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Mon nom est Mohamed L. Diallo, je suis étudiant en Côte d’Ivoire, pays dans lequel j’ai fait toutes mes études. Etant né en Guinée de père et de mère guinéens, j’ai eu l’occasion d’aller en Guinée, quelquefois.
Pendant mon récent séjour, et avec les nombreuses informations que je reçois tant sur le net que dans les livres ou encore par les événements qui se sont succédé, j’ai eu l’opportunité de connaitre véritablement mon pays.
Dans ces lignes qui vont suivre je voudrais que les lecteurs sachent que je suis âgé de 18ans, je n’appartiens à aucune association, encore moins à un quelconque parti politique. Je parle tout simplement en tant qu’un citoyen qui se soucie de l’avenir de son pays. Je ne voudrais pas frustrer qui que ce soit, je veux juste apporter ma modeste contribution à l’élaboration d’un développement économique durable et d’un climat politique apaisé.
Mon article intervient au bout de maintes réflexions et de plusieurs discussions sur la situation de la Guinée.
En effet, j’ai fais le même constat que tout le monde : nous sommes vraiment en retard, car nous n’avons ni eau ni électricité, encore moins des voies de communication, qui sont des éléments essentiels pour le développement d’un pays. Pire, en Guinée, on ne mange pas à sa faim car, même les denrées de première nécessité sont un luxe.
A contrario, nous avons des richesses (or, bauxite, diamants, fer…) et une population formidable, avec plusieurs universitaires pétris de talents, qui ont exercé dans plusieurs pays et ont fait leurs preuves dans plusieurs domaines.
De tous les débats d’intellectuels que j’ai pu lire sur le net, je retiens une chose : nous devons travailler pour que notre pays évolue.
Mais force est de constater que même si certaines personnes ont déjà cet objectif, elles sont confrontées à des cadres véreux, des malhonnêtes ou à des avantages ethniques.
A travers cet article, je voudrais parler au nom d’une population guinéenne meurtrie: cette population qui est fatiguée des guerres tribales ou de succession dans notre pays. Nous avons d'autres challenges à relever, autres que ces guerres de succession, autres que ces guerres ethnocentriques.
Vous, politiciens, leaders, grands commerçants, pensez-vous un temps soit peu, à votre population ? Pensez-vous à cette jeunesse qui est sans emploi ? Pensez-vous à cette famille qui ne mange qu'une seule fois par jour ? Pensez-vous un peu à la femme qui, en allant au marché, se demande ce qu'elle pourrait bien acheter avec son peu d’argent, pour nourrir ses enfants ? Pensez à monsieur X ou madame Y qui va à la recherche des biens financiers ou matériels avec beaucoup de souffrances, qui rentre dans son pays en vue de servir celui-ci, mais qui se fait escroquer par des malhonnêtes à qui vous attribuer des postes par affinités, non pas pour des compétences requises ?
Je crois que non : vous pensez plutôt à votre poche ou à l'honneur ! Mais n'oubliez pas une chose : qu'on soit chrétien ou musulman, nous mourrons et nous aurons à répondre des actes posés sur terre. N’oubliez pas que nous ne pourrons partir avec notre richesse, mais plutôt avec ce qu’on a fait sur cette terre des hommes.
Que faites vous de la crainte de DIEU ? Pourquoi confisquer la richesse du pays et ne pas en faire profiter aux autres ? Qu’est-ce que cela peut bien vous faire, si les guinéens mangent à leur faim ou que leurs enfants vont à l’école normalement ? De mon humble avis, rien !
Alors, comme on le dit, il n’est pas jamais trop tard pour bien faire : je vous conseille de travailler ensemble pour le bien être de la population, de laisser tomber les intérêts égoïstes de chacun de vous et DIEU, le tout puissant vous récompensera, car sa récompense vaut mieux que toute autre. Il nous enseigne dans ses livres saints d’aimer notre prochain, ce qui à mon avis, ne signifie pas de le faire jeûner par force ou de lui soutirer de l’argent pour le soigner, mais plutôt de lui venir en aide, de partager ce qu’on a avec celui-ci. Ainsi, on aura sa pitié et son pardon.
Au président Moussa Dadis Camara, d'abord merci pour le courage que vous et vos amis avez eu, pour la prise en main de l'avenir de notre pays. Mais sachez que vous ne pourrez résoudre les problèmes de 50 ans en 2 ans. Ainsi, il serait mieux de respecter votre engagement vis-à-vis de la population guinéenne et de la Communaute internationale, et d’essayer de poser les jalons du développement économique par la moralisation de la vie publique, comme vous le faites actuellement. Mais attention : il ne faudrait pas que celle-ci soit ciblée contre une personne, il faut quelle soit transparente, libre et avec toute la justice qui puisse exister, cela nous aidera.
Enfin, j'en appelle à la conscience de tous les guinéens : mettons nous ensemble! Que l’on soit malinké, guerzé, peulh, kissi, soussou... à l’intérieur ou à l’extérieur du pays, nous sommes tous guinéens. Il ne sert à rien de nous disputer, cela nous ramènera toujours en arrière. Nous devons plus penser au développement de notre beau pays commun qu’à celui de nos régions respectives. Ceci nous fera respecter notre devise qui nous recommande de travailler dans la justice et la solidarité.
Ensemble, nous aurons tout à gagner, notamment, la construction de la Guinée, dont on a toujours rêver : une Guinée prospère où il fait bon vivre une Guinée qui n’aura rien à envier aux autres pays de la sous-région, et pourquoi pas de l’Afrique ou encore du monde ?
Dieu bénisse la Guinée et ses habitants !
Vive la jeunesse guinéenne consciente et courageuse !
Mohamed L. Diallo
pour www.guineeactu.com
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