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Malgré l’éloignement de Moussa Dadis Camara du pouvoir et son remplacement par Sékouba Konaté, les scènes de la vie quotidienne des Guinéens restent dominées par les violations grossières des droits de l’homme.
L’effet de la pression a fini par faire craquer et fissurer le CNDD. Une lutte interne avec des batailles de tendance fait rage en son sein. Les amis d’hier sont devenus hostiles. Le 3 Décembre, Aboubacar Toumba Diakité a fait sauter la cervelle de Moussa Dadis Camara, notre ennemi mortel. Avec ces militaires ratés, complètement égarés, ivres de pouvoir et d’argent, une vendetta à grande échelle n’est pas à écarter. Pour que la population civile ne fasse pas les frais d’une telle folie, nous devons accentuer la pression sur le CNDD jusqu'à son effondrement total.
Bien que des observateurs très avisés aient souligné les risques d’une décomposition de l’armée qui pourrait dégénérer en guerre civile, n’ayons pas peur ! Gardons notre sang-froid. Continuons la lutte pour la cause juste. Dans la vie, la plupart des craintes sont sans fondement. On dit souvent que plus de 92% des craintes d’un homme ne se réalisent jamais. L’anxiété et la peur n’existent pas au cœur des meilleurs. En tant que peuple, on ne peut pas se libérer en éprouvant une crainte face à l’avenir. On doit faire face aux difficultés de la vie avec courage.
La lutte contre la dictature n’a jamais été facile. Le chemin sera long et difficile. Mais, on ne doit pas se décourager. On doit poursuivre la lutte à tout prix. Les peuples déterminés qui persistent dans cette lutte sans se laisser faire finissent toujours par vaincre. Au bout de l’effort, il y a la victoire. Au bout du tunnel, il y a la lumière et bien sûr l’espoir.
Pour démolir la dictature militaire, on doit faire preuve de courage. Surtout, on ne doit pas penser un seul instant que nos actions ou efforts légitimes dans cette lutte pourraient précipiter le pays dans la guerre civile. Tous les Guinéens où qu’ils se trouvent, doivent se dresser contre la dictature militaire. Il faut absolument que l’armée se retire de la vie politique. C’est la survie de la Guinée qui justifie et qui exige ce retrait.
Nous sommes à un point-tournant dans la lutte pour la libération de notre pays. Tout peut arriver. Je pense qu’une nouvelle ère peut naitre. On doit persister dans la lutte et agir vite sans quoi survient le chaos. Mais, avant d'agir, on doit toujours mesurer la portée et les conséquences de nos actes. On ne doit plus faire le lit d’une nouvelle dictature militaire, quoi qu’il arrive. On ne doit pas suivre aveuglement n’importe qui.
Au fond, il n’y a aucune différence entre Aboubacar Toumba Diakité, Moussa Dadis Camara, Sékouba Konaté, Claude Pivi Coplan, Moussa Tiegboro et Moussa Keita. Aucun ne peut être dissocié des autres. A mon sens, nous avons un devoir moral envers les victimes du 28 Septembre et leurs familles. Par respect de leur mémoire, aucun Guinéen ne devrait soutenir, sous une forme ou sous une autre, un militaire en uniforme au pouvoir en Guinée. Cependant, les militaires qui le veulent sont libres de se lancer dans la politique à condition qu’ils démissionnent complètement de l’armée. On ne veut plus d’un dirigeant qui s’adosse sur l’armée pour confisquer le pouvoir et semer la terreur.
Dans un État moderne, il y a l’abondance alimentaire, l’eau courante, l’électricité, l’emploi pour les jeunes, des logements, des hôpitaux, des universités, des routes, des voies ferrées, des villes bien organisées et propres, des aéroports, des unités industrielles,… En Guinée, c’est la loi de la jungle. Dans notre pays, c’est le plus fort physiquement, le plus musclé, le plus craint dans l’armée ou le plus armé qui commande le pays. C’est primitif. Or, la force brute ne fait pas l’homme. L’armée n’a pas pour vocation de gérer l’État. Pour bâtir un État moderne dans notre pays, les militaires qui confisquent le pouvoir doivent changer leur attitude mentale. Ils doivent renoncer à la loi de la jungle et opter pour le suffrage universel.
Mes compatriotes, le temps de la peur est révolu ! Nous devons combattre pour obtenir notre droit légitime de pouvoir désigner librement nos dirigeants. Ce combat-là incombe à tous les Guinéens. Nous devons le mener jusqu’au bout.
La lutte continue !
Barry IV Commandant de l’Armée de Libération du Peuple de Guinée (ALPG)
guineeactu.com
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