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Après la destruction de notre nation par nous-mêmes pendant les 50 dernières années, nous voilà encore, face un autre tournant très important et dangereux de notre Histoire. On avait déjà vécu des situations similaires dans le passé, au cours desquelles, on aurait pu avoir un merveilleux départ pour notre nation. Malheureusement, ce sont des décisions hâtives, le manque de patriotisme, et surtout, l’égoïsme de nos aînés qui nous avaient fait rater ces tournants.
Il est très regrettable de constater que ce sont nos séniles leaders égocentristes de Partis Politiques, avides du pouvoir, qui veulent encore nous faire rater cette autre occasion pour un bon départ. Ils avaient fait la même chose en 1987, quand Lansana Conté leur avait demandé de se consulter pour un nouveau départ de la Guinée.
Je suis persuadé que si nos partis de l’opposition s’étaient unis dans la diversité, notre nation n’allait pas se retrouver à ce point où tout est à refaire.
Aujourd’hui encore, ils veulent refaire la même chose : jamais de consensus entre eux. Certains parmi eux demandent même d’aller immédiatement aux présidentielles, bâclées ou pas, çà leur importe peu, seul le pouvoir les intéresse, et non le bien-être de la Guinée.
Une chose reste claire cependant : on ne pourra jamais faire des présidentielles crédibles en moins d’un an en Guinée, même si on avait les moyens américains. Que notre peuple ne se laisse pas leurrer par ces politiciens avides de pouvoir.
Que ces grand-pères, leaders de parti politique, sachent que ce sont eux qui vieillissent, pas notre peuple. Donc nous ne sommes pas pressés, nous continuerons la marche vers le bien-être de tous les Guinéens, très lentement mais sûrement.
Pour le moment les urgences sont :
1- Constituer un gouvernement de transition neutre, sans parti politique, qui doit être composé de tous les guinéens (extérieurs/intérieurs) : ce qui semble être respecté déjà, malgré la pléthore, la duplication de certains ministères, et surtout, l’attribution du département la justice à l’armée (ce qui ne paraît pas comme une bonne décision).
Maintenant, étant donné qu’il ne faut jamais avoir confiance en un gouvernant guinéen, quoi qu’il dise, et surtout connaissant le comportement des équipes gouvernementales précédentes, il serait souhaitable que les nouveaux ministres nous révèlent leurs PATRIMOINES (des villas en Guinée ou à l’étranger, jusqu’aux comptes bancaires en Guinée et à l’étranger)…..
Que M. Komara soit mis en garde : si nous découvrons plus tard, qu’un de ses ministres a profité de la transition, pour devenir un ‘MAMADOU SYLLA’, c’est à dire un multimilliardaire en quelque mois, il (M. Komara) sera perçu comme Lansana Kouyaté (c'est-à-dire un perfide) et traité conséquemment.
2- Restaurer et fortifier la CENI : qui doit immédiatement continuer et achever son travail initié sous Lansana Kouyaté.
3- La révision de notre Constitution : qui a avait été réorientée pour servir Lansana Conté.
Ma suggestion dans cette révision est la suivante :
a. Ouvrir la candidature à la présidence à toute personne née en Guinée et de nationalité guinéenne, qu’il soit dans un parti politique ou pas,
b. Non seulement réduire le mandat présidentiel à 5 ans, mais aussi, imposer au premier président après le Capitaine Camara, un seul mandat non renouvelable. Si ce dernier se comporte bien et veut un autre mandat, il ne pourra se présenter après un mandat. Cela habituera les guinéens au changement de président par élection, et très certainement, mettra fin au despotisme,
c. Soumettre les postes de gouverneur, préfet au scrutin, qui se tiendra simultanément avec les élections communales (que cela ne prenne effet qu’après la transition). Entre autre des avantages, cette modification permettra la décentralisation du pouvoir. Ce qui rendra le contrôle au niveau des localités plus facile. Sans oublier l’augmentation de l’efficacité des gouverneurs et préfets, qui serviront leurs électeurs, et non celui qui les a nommés,
d. Soumettre les postes de la Cour Suprême au référendum, cumulé à celui des députés: cet acte paraîtra ridicule et unique à la Guinée, mais il rendra cette Cour suprême neutre, indépendante du futur président. Ne cherchons pas à imiter les autres démocraties, mais plutôt, tirons les leçons d’un passé récent pendant lequel, la Cour suprême de Conté nous avait torturé 2 années successives, juste parce qu’elle dépendait de lui,
4 - Et enfin, les présidentielles : qui doivent être faites en dernière position, après que l’ordre aura été établi.
Il ne faut surtout pas aller de façon hâtive : nous marchons au-dessus d’un ravin dangereux, sur un fil très mince, un petit déséquilibre suffit pour qu’on se retrouve dans le gouffre !
Baldé M S (USA) pour www.guineeactu.com
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