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 | El Hajj Saïdou Nour Bokoum |
« Les lectures de la situation sociale et politique faites de l'extérieur sont erronées (souligné par moi snb) dû principalement au fait que la conception de la politique, du bien et du mal est devenue différente en Guinée. Nous pensons vouloir la même chose pour le pays alors que nos intérêts immédiats sont si divergents ».
Ce qui suit et qui peut paraître sévère ne s’adresse pas particulièrement à l’auteur de ce propos (1)
La citation que j’extraie du texte en question et qui est au fondement de la démonstration qui le sous-tend, prend ses racines, malgré l’auteur, à l’époque d’A.S.T., où Guinéen de l’Extérieur rimait avec anti-guinéen, où enseignement rimait avec formation par l’école guinéenne.
M. Ollaïd dit qu’il rentre de Guinée et semble découvrir des réalités paradoxales, où la majorité écrasée de misère vit quand même tant bien que mal l’aggravation de cette misère, malgré la révolution de janvier-février 2007. Moi aussi, j’en viens après y avoir passé 3 mois, ce que je fais depuis 1999, alors que de 1990 à cette dernière date, j’avais mis 18 ans en Afrique : 9 en Côte d’ivoire à côté, et 9 en Guinée. Et cela précisément, pendant les années de braises où s’installait l’Etat de droit.
Retour en Afrique précédé de 18 ans de galère « anti-guinéenne.. » en Occident.
Donc, j’ai bouclé la boucle « lafidi-diaspourri ». Dont je mesure les limites des contradictions, plus ou moins instrumentalisées par ceux-là mêmes qui sont unanimement identifiés comme cette minorité roulant en Hummer, Porsch Kahen ( Kayen ?), et autres 4X4 qu’on ne trouve qu’à Conakry. Dans cette minorité, il n’y a pas peuls ou Malinkés ou Soussous ou ressortissants de Yomou. Il y a des cols blancs, des narcotrafiquants, criminels du blanchiment d’argent et autres vendeurs de drogue et d’armes de guerre.
Dans plusieurs articles, je me suis longuement attardé sur cette Ecole guinéenne dont le credo a été » mis en exergue par Aboubacar Somparé : « le P.U.P., c’est le P.D.G. plus le libéralisme ».
Cette impossible singularité guinéenne où les analystes se cassent le nez, ce qui arrange les « cols blanc », prédateurs de notre économie et chauffeurs du magbana guinéen qui tourne en rond, cette singularité est d’une banalité ahurissante. Il n’y a rien de nouveau sous le ciel guinéen, qui n’est qu’un grain de moutarde du ciel de la planète balayé par les satellites qui nous surveillent et nous gouvernent.
Il y a une minorité » qui pille les richesses du pays. Environ deux cents prédateurs qui changent de place dans la farandole guinéenne, montent et descendent l’ascenseur social, qu’ils se renvoient quand il le faut. Peu importe qu’ils soient peuls, malinkés, soussous ou koniaguis.
Alors cessons ces analyses parcellaires de « Guinéens éloignés du terrain et Guinéens vivant les réalités du terrain ». Il y a des Guinéens qui n’ont jamais quitté le sol national, mais qui se moquent du sort du Guinéen lamda, qu’ils éclaboussent de la boue de leur grosse cylindrée achetée avec ce qui vient de la sueur de ce malheureux.
Au total, cela ne veut rien dire de connaître de l’intérieur ou de l’extérieur, la situation guinéenne. Ce qui importe c’est la volonté que nous avons de contribuer au changement radical exigé par le peuple de Guinée en janvier-février 2007.
Une dernière question qui est la pierre de touche de la valeur de cette affaire de regard intérieur ou extérieur : Depuis janvier-février, quand les 3 millions de Guinéens ont-ils été sollicités par les uns et les autres, et je ne pense pas seulement à la myopie des gouvernants à cet égard, donc quand est-ce que les syndicats, les Partis politiques (dans une moindre mesure pour ces derniers puisqu’ils ont été passablement victimes d’un certain ostracisme des autres qui croyaient être seuls capables de conduire le bateau guinéen à bon port) ? Quand est-ce qu’ils ont mis à contribution, cela en amont, dans les prises de décisions cruciales en ces temps de crise ?
Quand le comité de veille est tombé dans le coma, les syndicats et le C.N.O.S.C.G ont même tendu la main aux Partis politiques pour participer à ce comité moribond, avec même un strapontin aux Guinéens de l’Extérieur. Mais depuis… ?
On me rétorquera que nous avons été gratifiés d’un ministère, qui se contente d’organiser un petit forum par-ci, un petit colloque par-là, où on racole un diaspo qui se trouve être là en vacances ou pour tout autre motif, et le voilà représentant des Guinéens de l’Extérieur…
La nation guinéenne sera autrement viable et sera autrement forte, le jour où l’on entendra dans un débat national, le tiers de la nation qui contribue au tiers des revenus des ménages. Au cours de véritables assises dont ils auront l’entière maîtrise en amont et en aval. Etant bien entendu qu’ils ne sont pas toute la nation qui, elle, attend une véritable conférence nationale.
Mais en attendant que les poules aient des dents, signons donc cette pétition toujours en ligne qui appelle la tenue d’Assises des Guinéens de l’Extérieur.
El Hajj Saïdou Nour Bokoum
Signataire de l’Appel pour des Assises des Guinéens de l’Extérieur
pour www.guineeactu.com
(1) Voir sur www.guineeactu.com, l’article publié le 28.22.2008
Pour signer la pétition cliquez ici ou allez sur le lien URL suivant : http://www.lapetition.be/sign_petition.php?petid=3333
Pour voir les signataires cliquez ici ou allez sur lien URL suivant : http://www.lapetition.be/list_signs.php?petid=3333&page=1
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