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Quand, il y a quelques jours, Boubacar Bah de Bangkok évoquait l’existence probable d’une cinquième colonne en Guinée, beaucoup l’avaient pris pour de la « victimisation » encore, voire une plaisanterie de mauvais goût. Maintenant que le pouvoir central de Conakry a montré son vrai visage avec la boucherie humaine qu’il vient de perpétrer contre les militants de l’UFDG de Cellou Dalein Diallo, on se rend compte que notre chroniqueur a le mérite d’avoir vu juste ce à quoi ressemble en partie la Guinée d’Alpha Condé : Le cynisme… Etait-ce donc prévisible ? Pourtant, compte tenu du long vécu du « Président guinéen (?) » en occident et en politique comme opposant, bon nombre à son avènement au pouvoir, y compris la communauté internationale pressée d’en finir avec le régime militaire même au prix d’une mascarade électorale éhontée, avaient pensé qu’on allait enfin sortir des dictatures militaro-civiles qui ont sévi tour à tour en Guinée depuis l’indépendance. Mais six (6) mois plus tard (quasiment une demi-année), la période de grâce finie, le constat est désobligeant : A la fumisterie et à l’inanité caractéristique des régimes guinéens précédents, Alpha Condé est venu perpétuer leur violence congénitale (répression dans le sang des partisans de Cellou Dalein au retour de ce dernier.) Et au vu du déroulement des choses, la concupiscence et le système de prédation et son corollaire, aussi de terreur et de privation des libertés d’antan ne devraient pas tarder à se mettre en place.
Le message qu’envoie Alpha Condé à son début de règne en frappant fort à travers l’assassinat et l’agression des partisans de Cellou Dahlein est clair : Aucune forme d’opposition et à son dirigeant, fût-elle légale, ne sera tolérée.
Mais à force de taper sur les mêmes, ils apprendront un jour à se défendre… Les Tunisiens, pas plus que les Libyens, n’étaient pas un peuple belliqueux.
Au demeurant, bis repetita : Alpha Condé marche dans les pas de ses prédécesseurs-présidents dictateurs : AST (n’avait-il pas d’ailleurs dit haut et fort qu’il « allait reprendre la Guinée où Sékou Touré l’avait laissée » ?), Lansana Conté, Dadis Camara, Sékouba Konaté. Seul nouveauté pour l’instant : Ce discours artificieux d’homme du peuple mandaté par lui pour le changement.
Alternance au sommet de l’Etat, certes, en Guinée, mais pour renouer avec les vieux démons de la dictature.
Décidemment au pays de Sékou Touré les dictatures se suivent et se ressemblent.
Oury Baldé
www.guineeactu.com
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