lundi 13 octobre 2008
Guinée : une historique exemplarité ratée ?
Thierno Fodé Sow

De quelle que position que l’on se situe par rapport à l’organisation du cinquantenaire de l’indépendance de notre pays, il est bien difficile de regretter les talents maffieux que chacun a dû constater. Des talents hélas qui ont été internationalisés outre le vécu des invités, par le biais des médias. On vient ainsi d’enregistrer une historique exemplarité ratée. A travers en effet la commémoration de ces 50 ans d’indépendance, la Guinée et les Guinéens auraient pu inspirer le respect et trouver échos au-delà de l’Atlantique.

En lieu et place d’une grande réjouissance populaire, fut-elle mal placée, les Guinéens ont bénéficié pour l’an 50 de son indépendance d’une belle claque anthologique dont on se souviendra encore pour longtemps. Le degré de désenchantement du peuple, en majorité très sceptique depuis l’annonce de commémoration par un certain Lansana Kouyaté, n’a nullement trahi l’appréhension. 

Seulement, ce peuple qui a bien eu l’audace de dire NON en 58 et plus tard, les années qui ont suivi, n’a vraisemblablement plus le cœur dans cette ambiance avérée de fin de règne. La crise de confiance s’est instaurée bien avant les meurtrières insurrections populaires de janvier et de février 2007. De quoi, à quelques exceptions près, être indifférents – peut être à tort ou à raison - vis-à-vis de la farce d’une bande de profiteurs érigés en commissions ou en cadres au patriotisme chancelant. Ce peuple qui voit encore, avec ce cinquantenaire, ses espérances s’envoler comme un château de cartes, aura pourtant voulu saisir l’opportunité pour se réconcilier avec lui-même. Au même moment tirer la sonnette d’alarme afin de faire un rappel à l’ordre à qui de droit. Loin de la rue meurtrière des hommes en arme et à la gâchette facile.

Et pour retrouver la crédibilité perdue, les acteurs et profiteurs du cinquantenaire se devaient de se rendre crédibles en se rendant dignes d’être aux avant-postes. Mais cet autre rendez-vous est honteusement manqué. Tant dans les faits que dans les intentions. Les couacs en disent long sur la réelle capacité de nuisance de ceux qui sont censés nous gouverner. Avec un budget de plus de 22 milliards de GNF, l’on a assisté, médusé et gêné, à une mascarade de cérémonie commémorative. Le désordre et l’ahurissante défaillance du protocole ont tout de suite scellé, hélas, l’incapacité de ceux-là mêmes qui ont pris le pays en otage.

Des invités de marque cèdent la place à d’autres, les premiers décideurs de la nation se retrouvent loin de la première loge, les représentants des institutions républicaines presque invisibles. En attendant de finir de faire les comptes, un autre exercice maffieux, le regret se lit sur plein de visages. Et force est de souligner que celui qui n’a pas réussi à gérer un évènement de ce genre ne pourra jamais tenir une nation avec toutes ces composantes.

Pour trouver ainsi la thérapie mais surtout distraire l’opinion, on a reconnu, lors d’un conseil ministériel, la grande défaillance du service protocolaire. Tout en exigeant des comptes. Mais l’écho est déjà parti, loin des frontières guinéennes, internationalisant de fait les talents maffieux de nos gouvernants. Pour changer de disque, on a annoncé la paie des salaires des fonctionnaires vers le 25 et 30 de chaque mois. Au même moment, on envisage la réduction du prix du carburant à la pompe. Ce qui pourrait réellement mettre en veilleuse le rendez-vous manqué du 2 octobre dernier. C’est tant mieux aussi. Faute de mieux !

Thierno Fodé Sow
pour www.guineeactu.com  

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Vos commentaires
AHMADOU, lundi 13 octobre 2008
Comment chasser conté???Tout le reste c`est du pipeau

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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