Le Conseil National pour le Développement et la Démocratie (CNDD) a annoncé la levée de la suspension des activités des partis politiques, des syndicats et de la Société Civile. Cette décision qui a été rendue publique par un communiqué signé du Capitaine Moussa Dadis Camara, Président du CNDD, intervient deux semaines après sa rencontre avec le Groupe International de Contact sur la Guinée (GIC-G).
Je rappelle que le GIC-G est composé de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), de l'Union Africaine (UA), de l'Organisation de la Conférence Islamique (OCI), de l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), de la Communauté des Etats Sahélo-Sahélien (CEN-SAD), de l’Organisation des Nations Unies (ONU), de l'union Européenne (UE) et de l'Union du Fleuve Mano.
Par cette décision, le Président Dadis montre sa volonté d’honorer ses engagements du 9 février 2009, face au GIC-G et qui devraient conduire aux élections législatives et présidentielles, d’ici la fin de l’année. Cette ultime étape serait précédée de quatre étapes :
« - la mise en place d'un Conseil National de Transition (CNT) composé de cadres civils et militaires compétents et intègres;
- la mise en place d'une Commission Vérité et Réconciliation (CRV)
- la réforme de la Constitution ;
- enfin, l'organisation d'élections libres et transparentes, en vue d'asseoir les bases d'une démocratie véritable. »
Ce chronogramme avait été soumis aux différents représentants de la Communauté internationale qui, on se le rappelle, avait suspendu la Guinée de toutes les instances, ainsi que les aides qui ne soient humanitaires ou qui n’entreraient pas dans le cadre de l’organisation des élections.
Il est donc permis de dire que la Guinée vient de franchir un pas important dans la marche vers la démocratie. Cette action du CNDD qui est très louable, mérite l’apport et le soutien de chaque guinéen, pour l’avènement d’un Etat dont les représentants sont légalement élus.
Désormais, il appartient aux différents leaders et partis politiques, aux organisations syndicales, de la société civile et à toutes les forces vives de la nation, d’ériger des garde-fous, pour éviter les écueils, les injustices et autres dérapages pouvant entraver le processus engagé. Ils doivent mettre tout en œuvre pour ne pas ébranler le tissus social largement effrité par les événements des dernières années et bien avant.
Le calme et la sérénité doivent être de rigueur pour la sauvegarde de la paix sociale et de l’unité nationale. Ce comportement citoyen devra, évidemment, être observé et par les acteurs politiques et par le pouvoir en place.
La voie est ouverte, notamment pour les partis politiques, de se lancer dans le débat, d’expliquer leur projet de société, de sillonner le pays à la rencontre des militants et des citoyens. Ceux qui seront les plus aptes à défendre leur ambition pour la Guinée, et qui feront montre de volonté de changement, bénéficieront sûrement de plus d’adhésion.
Il s’agira donc de se montrer à la hauteur des ambitions du peuple qui attend, depuis cinquante, la mise en place d’un système démocratique où règnent la paix, la justice, la concorde, la fraternité et l’égalité. La Guinée rejoindra-t- elle ainsi les autres pays de la sous-région ouest-africaine et au-delà, où la démocratie est en marche ?
La recomposition du paysage politique qui passe nécessairement par les alliances politiques de parti à parti, est également ouverte. Elle permettra la réduction du nombre de partis politiques, qui est estimé pléthorique par certains observateurs. Mais, la démocratie étant basée sur la diversité et la règle de la majorité, ce nombre qui n’est nullement condamnable, est signe de maturité. Cependant, il est vrai qu’un nombre trop élevé de partis politiques ne facilite pas une meilleure lisibilité qui aiderait le citoyen dans ses choix d’adhésion ou, tout simplement, électoraux.
Enfin, la neutralité des autorités guinéennes, c’est-à-dire le CNDD et le gouvernement, est le préalable de tout bon déroulement des futures échéances. Sur ce point, le Président Dadis a déjà indiqué face à la Communauté nationale et internationale que « ni lui ni aucun membre du CNDD et du gouvernement ne sont candidats à quelque mandat électif que ce soit. » !
Lamarana petty Diallo
pour www.guineeactu.com