vendredi 1 mai 2009
Guinée- UE : Une mission difficile

La junte vient de dépêcher une délégation auprès de l’Union Européenne à Bruxelles, en vue de convaincre nos partenaires au développement du bien-fondé des actions du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), qui a repris le flambeau après le décès du président Conté. Cette délégation conduite par le ministre de la Sécurité et de la protection civile, le général Mamadouba Toto Camara aura une séance d’explications devant les délégations de la Commission de l’UE, sur certains points notamment, le chronogramme de la transition, le dialogue politique.

Le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) dans sa quête de subsides pour alimenter les caisses de l’Etat, veut tenter sa chance au près de l’Union Européenne (UE). C’est dans cette optique qu’une mission gouvernementale a quitté Conakry la semaine dernière pour Bruxelles en vue de prendre langue avec les délégués de la Commission. Au titre de l’article 9 des accords de Cotonou, impliquant les pays ACP. La junte entend marquer son séjour dans la capitale belge, de façon indélébile. Raison pour laquelle elle a mobilisé toute une armada de ‘’technocrates’’. Près d’une dizaine de ministres dont entre autres le chef de mission le général Mamadouba Toto Camara, ministre de la Sécurité et de la protection civile ; Mamadou Sandé, ministre de l’Economie et des finances ; Boubacar Barry, ministre d’État de l’Habitat et de la construction ; Cécé Loua, ministre des Affaires Étrangères ; Justin Morel Junior, ministre de l’Information et de la Culture ; Siba Lohalamou, de la Justice ; Fréderick Kolié, de l’Administration du Territoire.

A cette liste non exhaustive, il faut ajouter Hadja Rabiatou Diallo, Secrétaire générale de la CNTG, représentant les forces vives et Ben Sékou de la CENI.

La présence du président de la CENI s’avère cruciale d’autant que l’UE a besoin d’avoir une lecture sur le processus électoral qui est à sa phase préparatoire. Avec l’arrêt brusque des enrôlements faute de moyens financiers. Le chronogramme de la transition, le dialogue politique, la gouvernance économique et financière, les audits, la lutte contre la drogue et le crime organisé sont aussi des points sur lesquels la mission aura à exposer. Elle aura sans doute du mal à convaincre sur la promotion de l’Etat de droit, ce voyage ayant coïncidé presque avec la publication d’un rapport alarmant de Human Rigths Watch sur les exactions dont les populations civiles sont victimes de la part des soldats en Guinée. Ce, depuis l’arrivée de la junte au pouvoir. HRW parle de laxisme de la part des patrons du CNDD qui fermeraient les yeux sur ces actes dignes de la barbarie. Quand on sait que l’Union Européenne se montre très regardante sur les respects des droits de la personne humaine, le général Toto et son staff n’auront pas la tâche facile de ce côté-là. Sans oublier ce dossier relatif aux tueries de juin 2006 et de janvier et février 2007, que Conakry semble occulter, alors que les bailleurs de fonds exigent que lumière soit faite sur la mort de ces jeunes gens, qui ont perdu la vie pour avoir manifesté contre un régime totalitaire. A moins que l’UE se montre indulgente à l’endroit de la junte qui, il faut tout de même le reconnaître est en train d’accomplir des prouesses dans le domaine de la lutte contre le narcotrafic et la corruption. L’autre problème qui pourrait compliquer la tâche aux émissaires reste l’ambiguïté qui plane sur le chronogramme électoral. Certes, le chef de la junte a souscrit à celui proposé par les forces vives. Mais, l’on sait que le forum sur la transition proposé par le capitaine Moussa Dadis Camara pourrait impacter sur ce chronogramme. Sans compter que la déclaration du président du CNDD qui menace d’ôter la tenue militaire pour se présenter aux élections ne saurait être du goût de Bruxelles. Quoiqu’il en soit, Conakry a besoin d’argent et le 10e FED pourrait combler les attentes en ce sens. Pourvu que Bruxelles consente à satisfaire à nos doléances. Autant dire que la tâche n’est pas aisée.

 

Mamadou Dian Baldé
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com

 

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Vos commentaires
B BALDE, vendredi 1 mai 2009
Je ne sais pas ou était le ministre BARRY pendant la rencontre entre la communauté guinéenne de Bénélux et et cette délegation guinéenne ?Pour le public, BOUBACAR n`etait pas présent dans cette salle de l`hotel hilton.A vous de verifier Monsieur DIALLO.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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