vendredi 24 juillet 2009
Guinée : transition ratée, élections transparentes compromises
Abdoulaye Baila Diallo

Ex-agent des services spéciaux  Une question simple s'est longtemps posée à la Guinée, le remplacement d'un Chef d'Etat, Lansana Conté, têtu, malade et incapable de discernement.

A son décès, une junte militaire, le CNDD, a pris le pouvoir afin, selon elle, d'assurer une transition apaisée en organisant des élections libres et transparentes. Il n'est pas question de programme de développement économique pour ce pays qui est resté à part pendant plus de cinquante de son indépendance, une spécificité.

Une noble mission assignée à la junte lui permettant de redorer une armée en totale rupture avec la population et sortir avec honneur est d'organiser avec neutralité la transition la plus honnête et le plus rapidement possible.

Or le constat est amer, il faut l'admettre que les engagements de cette junte au pouvoir en Guinée pour une transition rapide et le retour des militaires dans les casernes ne sont que  tromperies.

La population toujours abusée et martyrisée n'est pas encore au bout de ce sombre et tortueux tunnel que la Guinée a emprunté au point d'en faire son lit. Les questions les plus élémentaires, voire les plus évidentes échappent au bon entendement du guinéen.

Autrement comment explique-t-on qu'après la prise du pouvoir par le CNDD et dans la définition des conditions et chronogramme de la transition que la question de la validation de nouveaux partis pendant toute la période de transition ne soit pas posée par nos forces vives ?

Ces mêmes forces vives sont désormais parasitées et paralysées par ces nouveaux partis politiques qui poussent comme des champignons, jusqu'à la création d'un parti politique du même CNDD.

Les élections en soubresaut, compromises à plusieurs reprises par des intérêts égoïstes, des hésitations et carences d'un capitaine, Moussa Dadis Camara et ses acolytes dits conseillers, ne peuvent pas être transparentes. Le favoritisme est acté pour un parti ou une coalition de partis politiques qui n'existeraient en réalité que sur les décrets d'un Président auto-proclamé.

Chez nous, chacun se croit investi de mission pour mener la population à son bonheur au son d'applaudissements aussi inutiles qu'idiots par des « claqueurs de mains » confortés par des   personnalités sans moralité et discréditées.

Nous n'avons pas besoin d'un « moïse en Guinée », ni de « guides » illuminés.

Nous avons besoins d'hommes d'Etat.

J'invite les forces « vives » à refuser la validation et légitimation de l'ensemble des partis politiques créés et reconnus à compter du 23 décembre 2008 par une autorité qui n'a elle-même aucune légitimité, en l'espèce CNDD.

Que Dieu aide les Guinéens.

  

Abdoulaye-Baïlo DIALLO
 

www.guineeactu.com

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Vos commentaires
A.Nassirou, samedi 1 août 2009
Mr Bailo Diallo, je suis d`accord avec vous. Le problème est que Dadis est très superficiel. Il ne sait pas prendre les choses au sérieux, gérer son entourage, assumer ses propos et ses engagements. N`importe qui peut le rencontrer et le raconter n`importe quoi. Alors je me demande à quoi sert les conseillers. Il y a aussi une cacophonie au sein du cndd. Chacun peut décider. Avec sa manque de charisme, dadis reste impuissant face au terreur que les gangsters en uniforme infligent à la population. Les élections. Il faut obliger le cndd à respecter les gens en se conformant aux règles. Il faut que les Guinéens arrêtent d`écouter les faux leaders qu`on reconnait par leurs louanges au cndd, par leur manque de programme, leur volonté d`aider les gangsters à perdurer la transition, leur manque d`implantation, absence de cadres compétents dans leurs formations. Car il ne s`agit pas seulement de se focaliser sur le leader. Donc tous ceux qui millitent pour le repport des élections ont une arrière pensée. Car l`homme le plus fruste sait que seules les élections peuvent nous sortir des ténèbres. Aujourd`hui, ce dont on craignait avec le PUP après le décès de Conté est en train de se réaliser avec le cndd. LA CONFISCATION DU POUVOIR. La différence avec le PUP, il n`y aurait pas eu une grande pression internationale. Car on aurait dit que la constitution est au moins respectée.
Bangaly Traore, samedi 25 juillet 2009
Dadis est dans un ring de boxe,il contrôle l`appareil sécuritaire et administratifs,avec notamment un gouvernement dont il a choisi les membres,et il est tranquille et entame ainsi le marathon de la confusion et de l`impunite dans notre pays.Au delà de ces partis politiques,la guinée a besoin de la justice,la verité et la réconciliation nationale,afin de tourner la page sombre de l`histoire socio-politiques de notre pays,il faut la justice pour mettre fin aux violences dont ont participer le 4 juillet 85 l`ex- colonel facinet touré,l`ex-colonel mamadou balde,Henriette conté,ex-commandant Abou camara,l`ex-général sory diallo etc.Nous les victimes nous nous demandons que la justice sur les executions de nous parents du 5 au 8 juillet 85 sans aucune justice,le peuple a besoin de connaitre les crimes organiser dans notre pays par les deux défunt,afin d`établir la justice et la verité.Mais le fils de tyran feu conté Moussa Dadis est au coeur d`une confusion qui est caracterise par l`injustice,la corruption,la violence et l`impunite,le peuple à opté le 23 décembre pour le changement de systeme criminel de feu conté et sa famille,mais aujourd`hui c`est le même systeme qui fonctionner avec le fameux regime de Dadis et le cndd.Pour le moment l`unique solution,c`est l`organisation des élections libres le 13 décembre 09.
M.FALL, samedi 25 juillet 2009
Mr Diallo, je souscris à votre analyse sauf sur un point : la « validation » des nouveaux partis politiques. Il me semble qu’on ne doit pas refuser à un Guinéen de créer son parti s’il se plie aux exigences requises pour créer un parti. Cependant, il faut reconnaitre qu’un nombre assez importants de partis peut poser des problèmes organisationnels et augmenter le coût des élections. C’est pourquoi, je pense qu’il faudrait fixer des règles qui dissuaderaient les partis « cabines téléphoniques » : fixer une caution assez importante, fixer un pourcentage minimum à obtenir aux législatives pour pouvoir participer à la présidentielle. Pour la transparence des élections il appartient aux partis politiques de s’organiser pour parer à toute éventualité.
Ollaid, samedi 25 juillet 2009
A voir les resultats du CNDD en 7 mois: decrets et contre-decrets, nominations et revocations;lutte anti-drogue sans convaincre et un Dadis incapable de quitter sa ``prison`` du camp Alpha Yaya, il faut etre un vrai nigaud pour croire que le pays est entre de bonnes mains et sur la bonne voie. Le probleme maintenant est de savoir comment tout cela va finir?

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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