mercredi 22 juillet 2009
Guinée-Sierra Leone : Malgré les discours, la menace d’un conflit frontalier persiste

La visite officielle du Président Sierra Léonais Ernest Bai Koroma la semaine dernière chez son homologue guinéen, le Président Moussa Dadis Camara, n’était pas du tout dans le cadre de l’Union du Fleuve Mano (Guinée, Libéria, Sierra Leone), ni de menace d’agression contre la Guinée. Plutôt, c’était autour du conflit frontalier qui oppose les deux pays frères depuis des années maintenant. Concrètement, il s’agit du petit village riverain de Tenga au Sud-Est de la Sierra Leone, cédé à la Sierra Léone par le traité franco-britannique de 1912. Mais pour des raisons de sécurité, feu général Lansana Conté a jugé sage de stationner un contingent de l’armée pour freiner l’entrée clandestine en Guinée des rebelles à partir du Libéria et de la Sierra Léone. Pour cela il débloquait sept (7) milliards GNF annuellement pour y maintenir ses hommes. Peu à peu, les troupes s’élargissaient en nombre avec des tanks et ont hissé le drapeau guinéen à Yenga. Sous le régime de l’ancien président Ahmed Tejan Kaba, des ballets diplomatiques effrénés se sont effectués à Conakry et Freetown jusqu’à ce que le Tribunal International (justice de la Haye) ait tranché en faveur de la Sierra Leone, mais feu général Conté n’avait pas bougé d’un iota de sa position, pour une raison de sécurité aux frontières.

Une carte pour l’opposition

L’actuel Président de la Sierra Léone Ernest Bai Koroma et son parti ACC People’s Congress (APC) ont vite saisi cette opportunité dorée pour fustiger son parti Sierra Leone People’s Party (SCPP) les accusant d’avoir vendu Yenga à feu Gén. Lansana Conté personnellement. Cela a révolté les populations léonaises et l’on a assisté de ce fait à des manifestations violentes partout dans le pays ; la presse même était entrée dans la danse, clamant de châtier l’ex président Kabbah et son gouvernement qui devenaient impopulaires au quotidien, tandis que l’opposant Ernest Bai Koroma s’essuyait les mains naturellement très content. Dans la campagne électorale des élections présidentielles de 2007 le APC a savamment utilisé la carte de Yenga contre le SCPP promettant de retourner Yenga à la Sierra Leone, ce qu’il est en train de faire maintenant, réaliser une promesse électorale, considérant que les prochaines élections se feront dans trois ans. Il n’y a pas de temps à perdre car trois ans ne suffisent pas.

Dadis intervient

Le chef de l’Etat guinéen pour sa part, s’est excusé formellement disant qu’il n’a jamais traité ce dossier brûlant, tout en s’engageant d’étudier le même cas avec les experts guinéens, afin de trouver une solution à l’amiable. Ce qu’a volontairement accepté son homologue léonais. Dans son allocution S.E. Ernest Bai Koroma a rappelé les liens historique, familial, culturel qui lient la Guinée et l’Etat de Sierra Leone. Et que son pays ne servira jamais de base arrière pour déstabiliser la Guinée. « Au contraire nous sommes prêts à partager avec vous nos expériences en matière de lutte contre la rébellion » dira le chef d’Etat léonais qui va ensuite conclure que le rôle capital joué par la Guinée pendant la guerre civile en Sierra Léone reste toujours frais dans leurs mémoires… Et d’ajouter que des militaires guinéens ont dépensé leur énergie et leur sang pour défendre la Sierra Leone. Et que sans le concours indispensable de la Guinée, ils seraient encore en guerre sans oublier le demi milliard de réfugiés léonais accueillis en terre guinéenne, « pour cela vous disons grand merci ! » dira le président Koroma qui a rendu hommage à feu général Lansana Conté qui aimait rappeler que la sécurité en Sierra Léone est égale à la sécurité de la Guinée. Il a également rappelé l’ancien proverbe africain qui dit que : ‘’quand la case de votre voisin est en feu, il ne faut pas croiser les bras car le feu pourrait s’étendre à votre case’’.

 

Foday Fofana

Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com

 

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Vos commentaires
Xavier, mardi 28 juillet 2009
Pour ma part cet article est très bien écrit, seulement la coquille qui c`est glissé, mai son peut bien comprendre que le journalist evoulait parler de million. Pour ce différend frontalier, nos dirigeants doivent étudier cette affaire sérieusement et agir de manière raisonnée et prudente car nous avons remarquer que la plus part des conflist sont soit ethnique ou frontaliers. Donc il faut resoudre cela avec tact dans un esprit de dialogue constant.
conde, jeudi 23 juillet 2009
Thierno tu es trop nationaliste pour contrer ce article avec le demi milliard d`ames leonaises.
Adama, jeudi 23 juillet 2009
Voyons THIERNO!!!!! Le lapsus n`est pas condamnable; l`auteur voulait simplement parler de million, quoi que le nombre est plus proche du million que nous avons accueilli chez nous.
Thierno, mercredi 22 juillet 2009
Afrique=720 millions au total. Comment un demi milliards (500 millions) de personnes peuvent venir de Sierra-Leone seule?

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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