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Depuis le limogeage de Lansana Kouyaté, aucune lueur d’espoir à l’horizon. Toutes les calamités d’autrefois qui ont poussé le peuple à se soulever contre le pouvoir exécrable et moribond de Lansana Conté, reviennent lentement mais sûrement : gaspillage des deniers publics, impunité, clientélisme, corruption, banditisme, intimidation, cherté de la vie…injustice. Où sont les défenseurs d’autrefois du dosage ethnique ? Où sont les défenseurs des droits de l’homme ? Oh j’oubliais, Lansana Kouyaté n’est plus premier ministre. Le nouveau locataire de la primature est l’un des leurs. Sir Ahmed Thidiane Souaré. Désormais point de critiques, ni de remontrances, ni de leçons à donner. Bref, tout va bien, le compte est bon. Avec 14 ministres peuls, 8 soussous, 6 malinkés et 6 forestiers ministres, dans le gouvernement Souaré, l’heure n’est plus au dosage ethnique qu’ils réclamaient tant à Kouyaté avant même la formation de son gouvernement, mais à la sensibilisation, à l’apaisement des esprits, à la réconciliation et à l’unité nationale. Les ayants-droit ont récupéré leur dû (le pouvoir), tout le monde doit se taire. Qui est dupe ? Ces journalistes ethnocentriques et pervers n’ont-ils pas fait profil bas quand ils ont pris connaissance de la composition du gouvernement de Lansana Kouyaté ? Neuf ministres peuls et seulement quatre malinkés. Mais cela n’a pas entamé leur haine anti-malinké. Au contraire, ils étaient enragés quand Kouyaté a dévoilé la liste des préfets. Ils n’ont jamais digéré le fait qu’il y ait 8 préfets peuls contre 9 malinkés. Cela était suffisant pour réveiller leur haine ethnocentrique. Au-delà du nombre pléthorique de peuls dans le gouvernement Souaré (Cellou Dalein bis) il y a une remarque qui passe inaperçue, mais suffisante pour voir jusqu’où s’arrête leur naïveté. C’est que certains membres sont, d’une manière ou d’une autre, liés soit à Dalein ou à sa femme, soit à Souaré ou à son épouse, par alliance ou sur le plan professionnel. En clair, il fallait être de mère peule ou avoir une femme peule pour appartenir à ce gouvernement déjà éclopé. D’autres sont tout simplement des pions placés par le chef du protocole à la présidence, Idrissa Trima et son colistier de ministre-secrétaire général à la présidence, Sam Mamady Soumah. C’est ce qui explique d’ailleurs le retard qui a été accusé dans la formation dudit gouvernement. Nommé le 20 mai 2008, le premier des ministres n’a pu former son équipe que le 19 juin dernier, c’est-à-dire un mois plus tard. Ahmed Thidiane Souaré a été sommé de revoir sa liste à trois reprises par les clans Conté. A chaque fois qu’un clan n’y trouve pas son compte la liste est rejetée. Pour cause, il n’y a jamais eu de consensus, et le décret qui a rendu public la liste du nouveau gouvernement proposé par le premier ministre au président de la République comportait de graves irrégularités ou falsifications tout simplement. C’est dans les corridors de la présidence que plusieurs noms ministrables ont été rayés et remplacés par d’autres. Parmi ces noms, il y avait Baidy Aribot, l’ancien ministre de la jeunesse et des sports, qui était au départ maintenu à son poste par le premier ministre, puis remplacé à la dernière minute par Issa Condé, l’ancien ministre de l’information et de la recherche de la nouvelle technologie, parce qu’il n’a pas voulu qu’Aboubacar Bruno président de la Fédération Guinéenne de Foot, l’ami d’Idrissa Thiam, se serve dans les 80 milliards de francs guinéens, reliquat de l’argent collecté lors de la dernière CAN, reversés par Baidy dans les caisses de l’Etat. Comme quoi, pour être ministre en Guinée, il faut être voleur. Autant dire qu’Aribot n’a été écarté par Idrissa Thiam et Sam Soumah que parce qu’il a été honnête. C’est pourquoi il fut nommé à la va-vite comme conseiller à la Banque Centrale. Il y a aussi le cas Gaoussou Touré. Retenu sur la liste de Souaré comme ministre des affaires étrangères, il sera remplacé par Amadou Lamarana Bah et nommé ensuite à la hâte comme ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la Guinée en Afrique du Sud. Sékou Bangoura, le directeur général de la police nationale promu ministre de la sécurité sera finalement chargé du ministère de l’administration et des affaires politiques, un poste créé pour les besoins de la cause, car le directeur de la police ne devrait pas se fâcher en aucune manière. La liste n’est pas exhaustive, puisqu’il y a au moins 8 cadres qui ont été subjectivement écartés par ces criminels qui sont en train de détruire notre pays. Ce qui est étonnant, c’est la première fois que la falsification d’un décret provoque le courroux du président Lansana Conté qui manque souvent de lucidité pour cause de maladie. Si le président s’est rendu compte de cette dernière falsification, c’est grâce à la guerre qui s’est déclenchée entre les clans composant sa mitoyenneté. Puisque certains rayés de la liste proposée par Souaré au président étaient des hommes de Kassory et de Dalein. Et ces derniers n’ont pas manqué d’aviser la belle au bois dormant (Conté) sur les falsifications récurrentes du duo Idrissa Thiam-Sam Soumah. Pour reprendre un confrère, c’était le retour de la manivelle. Reconnus coupables de faute grave, il reste à savoir si Idrissa Thiam et Sam Soumah bénéficieront, cette fois, de l’indulgence de leur employeur qui ne décolère toujours pas. Ces deux dangers sociaux sont actuellement sous les foudres du président Conté. Qui a mis Tibou Kamara à la place d’Issa Condé ? Qui a nommé Almamy Kabèlè Camara ministre de la défense ? « Déjà le président de la République et le président de l’hémicycle sont Soussous, le premier ministre est peul, je voulais un forestier à la défense pour un meilleur dosage ethnique », a martelé Lansana Conté. Que l’on ne se fasse pas d’illusions, certes Diarra Camara, chef d’état-major général de l’armée est malinké, mais personne n’ignore que c’est le sous-lieutenant Claude Pivi qui commande les militants en uniforme. Nul besoin d’être alors devin, pour s’apercevoir que désormais, l’ethnie malinké est en disgrâce et placée à l’antichambre du pouvoir de l’homme de Wawa. Pour s’en convaincre davantage, il suffit de jeter un coup d’œil sur la composition de ce gouvernement de large consensus. Les cadres de l’ethnie de l’ancien premier ministre, Lansana Kouyaté, n’occupent aucun poste stratégique. Ce sont des départements secondaires qu’ils ont hérités, tels que le ministère de la décentralisation, celui de la réforme administrative et de la fonction publique ou celui chargé des Guinéens de l’extérieur et de l’intégration africaine. Et à dire que ce sont les mieux servis, on ne peut plus s’empêcher de penser à un règlement de compte de Lansana Conté contre les malinkés. Cette stratégie qui consiste à diviser pour régner en favorisant une ethnie au détriment des autres, est de bonne guerre chez Conté. Pour s’en rendre compte, il suffit de voir comment les premiers ministres aussi différents de noms que d’ethnies se sont succédés: Sidiya Touré, Lamine Sidimé, François Fall, Cellou Dalein, Lansana Kouyaté et Ahmed Thidiane Souaré, l’actuel premier ministre. On comprend alors aisément pourquoi ce gouvernement est à dominance peule (50% à peu près). Les tenants du dosage ethnique ont-ils donné leurs langues au chat ? En tout cas, à la date d’aujourd’hui, aucune voix ne s’est élevée contre ce gouvernement à coloration peule. Autre irrégularité, c’est l’absence des femmes dans l’équipe Souaré. Seulement trois femmes sur 34 ministres. Et ces dernières ne sont pas restées de marbre cette fois devant cette ségrégation. Elles ont porté le problème devant le premier ministre lui-même pour exprimer leur mécontentement. La réponse qui leur a été fournie par celui-ci a laissé plus d’un, perplexe quant à la marge de manœuvre dont il dispose : « Je demanderai au président », dit-il. Vous conviendrez alors que quelles que soient la compétence, l’expérience et la volonté du premier ministre à réussir la mission qui est la sienne, s’il ne peut rien décider sans faire recours au président ou à ses clans, alors il devient tout simplement une marionnette. Or c’est contre cette façon de gouverner et de gérer que le peuple s’est soulevé en janvier et février 2007 en payant de lourd tribut pour le changement. Désormais, à n’en a pas douter, ce changement est laissé aux calendes grecques. D’où le retour à la case de départ, c’est-à-dire à la situation d’avant grève : le gaspillage économique des dirigeants. Ceci est d’autant plus vrai que 40 milliards de nos francs (environ 8 millions de dollars US) n’ont pas suffi pour installer l’actuel gouvernement. Or, que n’a-t-on pas dit quand l’ancien premier ministre Lansana Kouyaté a organisé à l’hôtel Bel Air les journées de travail et de concertation pour baliser la politique générale de son gouvernement, à un coût de 500 millions de Francs guinéens (110 mille dollars US) ? Du gaspillage disaient-ils. Ou l’accusation qui consistait à faire croire à l’opinion publique guinéenne que Kouyaté aurait affrété un avion aux frais de l’Etat lors d’un de ses déplacements en France. Alors que tout le monde savait que c’est le président Gbagbo qui avait mis son avion présidentiel à sa disposition. Ces journalistes incompétents sans loi ni foi peuvent-ils dire encore aujourd’hui à combien son voyage sur Abidjan, le 8 juillet dernier a coûté à l’Etat guinéen ? Que peuvent-ils dire d’ailleurs, sinon que rabattre le caquet. Oublient-ils si vite que c’est grâce à la forte personnalité et à la grande diplomatie de Lansana Kouyaté que les caisses de l’Etats ont été renflouées de devises ? Si l’actuel gouvernement se comporte aujourd’hui comme un éléphant dans une boutique de porcelaine, cassant, détruisant tous les acquis et dépensant sans limite, c’est parce que Kouyaté a parcouru le monde entier pour remplir les caisses de l’Etat. D’ailleurs, rien n’est épargné, même la commémoration du centenaire. Déjà certains nains d’esprit, à la solde des politiciens apatrides, commencent à saboter cet événement grandissime qui consacre les 50 ans d’existence et d’indépendance de notre Etat, la fierté de tout Guinéen digne de ce nom. Aussi, nos défenseurs des droits de l’homme qui criaient au scandale sur tous les toits quand le gouvernement Kouyaté a expulsé Chantal Cole, ne disent plus rien. Or, c’est sous nos yeux que la bande à Claude Pivi alias Coplan a tué, sans sommation, plusieurs dizaines de policiers qui ont eu tort de réclamer leur droit. A cela s’ajoutent, les civils qui sont tombés sous des balles perdues. Ainsi le nombre de victimes s’élèverait officieusement à 116 tués (officiellement une dizaine). Pour ceux qui ne le savent pas, ce coup a été fomenté contre les policiers par le fils de Lansana Conté, Ousmane Conté et Claude Pivi pour aller vider l’entrepôt de la police où étaient stockés plusieurs centaines de kilos de drogue saisis par la police. Une véritable manne financière pour Ousmane et ses complices. Voilà en réalité la face cachée de l’iceberg. Pour cela, qu’est-ce que nos fameux défenseurs des droits de l’homme attendent pour sommer le gouvernement Souaré de traduire en justice les criminels et leurs complices ? Pourquoi ce silence de cimetière de la part non seulement des autorités, mais aussi des parents des victimes. Ces derniers qui devraient protester contre l’impunité et réclamer que justice soit faite sont terrés chez eux par peur d’être l’objet d’éventuelles représailles de la part de la bande à bandits du Sous-lieutenant Pivi, en cas de réclamation. Au vu du manque d’autorité, de la confusion et du clientélisme au sommet de l’Etat, de l’état de santé d’un président impotent, du caractère dépensier de ce gouvernement de large consensus, de l’ossature même de l’équipe Souaré composée de parents et d’amis, de l’arrivée à Conakry des containeurs de faux billets en coupure de10 mille francs guinéens, de la dégradation spectaculaire du pouvoir d’achat du Guinéen… bref, du manque de patriotisme économique, on peut affirmer sans risque de se tromper, que la sortie de la Guinée de l’auberge n’est pas pour demain. C’est le moins que l’on puisse dire. Bangaly Condé « Malbanga » pour www.guineeactu.com
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