jeudi 15 janvier 2009
Guinée : Pas de développement sans unité !
Babila Kéita

Chers compatriotes, personne n’ignore qu’un pays ne pourra jamais se développer  sans ses fils. Pour la paix, le bonheur et la démocratie de la Guinée, il va falloir  la participation de tous les Guinéens sans distinction.

L’instabilité politique, économique et sociale dans laquelle vit aujourd’hui notre pays, interpelle tous les patriotes, qu’ils soient de l’intérieur ou de l’extérieur. Les problèmes de la Guinée ne peuvent être résolus que par nous- mêmes. Une chose est certaine, c’est que les solutions ne tomberont jamais par-dessus nos têtes. Mais plutôt elles devront procéder d’une réflexion et d’une action collective. Nul n’ignore que c’est nous, et seulement nous, qui avons la charge de transformer nos rêves en réalités tangibles.

Aujourd’hui, les Guinéens où qu’ils soient, sont obligés de lutter ensemble et cela, sans distinction de sexe, de race ou de religion, aucune. Il est évident que cela reste et demeure la seule  voie indispensable pour obtenir le changement tant réclamé par nos populations.  Longtemps frustrées, humiliées et réprimées, ces populations n’ont  à aucun moment bénéficié des immenses ressources de nos   sous-sols. Au contraire, elles ont été toujours persécutées à chaque fois qu’elles ont réclamé une petite parcelle de leurs droits les plus légitimes.

Le règne de Lansana Conté, 24 ans de pouvoir sans partage, de dictature sanglante, de népotisme de clientélisme et de détournement des deniers publics, le tout  érigé en un système de gouvernance, n’a été possible qu’en appliquant une politique qui est souvent de bonne guerre chez les dictateurs paranoïaques : « DIVISER POUR REGNER ». Autrement dit, créer une tension permanente entre les ethnies.

Pour s’en convaincre, il suffit de rappeler ici les évènements du 5juillet 1985 avec la fameuse phrase « won fatara » (nous avons bien fait), les tueries du 9 juin 1991 à  N’Nzérékoré et la succession des premiers ministres aussi différents de noms que d’ethnies, qui n’étaient nommés que pour monter les ethnies, les unes contres les autres. 

Aujourd’hui, il est donc temps et grand temps que les consciences se réveillent pour soigner notre mal commun. Car chacun de nous peut s’enrichir individuellement, mais le bonheur que nous cherchons doit être collectif. C’est pourquoi,  nous sommes condamnés à conjuguer nos efforts pour endiguer tous les fléaux qui sont entrain de gangrener notre chère patrie.

Désormais l’heure est à la critique et l’autocritique. Nous devons  nous remettre en cause en faisant des critiques objectives, sans arrière-pensées, sans aprioris et sans considération d’ethnie. Combattons l’égoïsme et l’ethnocentrisme qui commence à être la seconde nature du Guinéen.

Arrêtons de nuire, de bloquer et de saboter nos leaders, nos intellectuels et nos cadres de l’Administration, parce que simplement, ils n’appartiennent pas à  notre  ethnie.

Arrêtons de faire la promotion sur la base de l’ethnie ou de la région.

Attribuons la promotion sur la base de la compétence, de l’intégrité morale, du patriotisme et de la détermination, et cela, pour le Guinéen, quelque soit sa région, son sexe, son ethnie ou sa religion.

Guinéennes et Guinéens, vous conviendrez avec moi que la stabilité politique est l’une des conditions fondamentales pour le développement économique et social d’un pays. Cette stabilité politique sera-t-elle possible sans l’unité nationale?

Pas de développement sans stabilité politique, pas de stabilité politique sans l’unité nationale. Comme l’a toujours dit Ben Daouda Touré, « la Guinée n’a pas de problèmes économiques mais plutôt des problèmes politiques ». Ces problèmes politiques,  longtemps causés par la médiocrité de nos dirigeants politiques, ont eu des conséquences économiques incontrôlables. La mal gouvernance et la gabegie financière ont enfoui la Guinée et les Guinéens dans un trou cadenassé.

La lutte contre cette situation désastreuse et l’obtention du changement pour lequel nous nous battons  passent forcement par la préservation de l’unité nationale, la restauration de l’autorité de l’Etat et la lutte contre l’impunité et le favoritisme. Il n’y a pas de raison que nous nous détruisons au nom de « l’ethnie », cela ne fera qu’élargir la marge  de manœuvre et renforcer la capacité de nos ennemis qui ont toujours cherché à  nous diviser pour régner.

Chers compatriotes, cet état de chose est un phénomène qui continuera à bloquer l’avancement de la Guinée. L’ethnocentrisme, le népotisme et le clientélisme ne profitent qu’aux ennemis du changement qui ne luttent que pour leurs intérêts égoïstes au détriment de l’intérêt supérieur de la nation.  

Chers frères et sœurs, il faut aussi rappeler que dans notre pays, aucune ethnie n’est supérieure à  une autre.  Aussi, aucune ethnie, toute seule,  n’a de ressources nécessaires pour faire de la Guinée ce que les Guinéens aspirent qu’elle soit.

Autant dire que la Guinée, pour se développer, aura besoin de tous ses fils et filles et cela sans distinction aucune. 

Babila Kéita
Fondateur de guineevision.com
Partenaire de guineeactu.com

 

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Vos commentaires
Bangaly Traore, jeudi 15 janvier 2009
Sans l`uinte pas de developpement,et sans la justice pas d`unite.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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