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Une rapide revue des sites qui intéressent à la Guinée sur le Net et des conversations avec les personnes qui vivent la réalité quotidienne du Pays, incitent plus au pessimisme qu'à l'opposé : tout le monde semble attendre que quelque chose se passe sans que personne n'ait le courage de l'initier ; même notre Général a l'air de douter de son pouvoir (et de celui d'action). En effet, nous constatons que la chienlit économique - et par conséquent aussi financière - prend des racines pendant que tous les acteurs s'épient en attendant que l'autre commette l'erreur qui lui sera fatale. Malheureusement ce petit jeu peut durer très longtemps car seuls ceux qui ne font rien ne se trompent pas. Et comme personne ne fait rien, personne ne risque de se tromper. De l'interview de M. Cellou Dalein, nous avons compris après décryptage – car M. Diallo aime user de paraboles et d'euphémismes par "politesse politique" pour ses adversaires comme feu Siradiou Diallo – : - qu'il ne reconnaît qu'un exécutif qui est celui de son ami, notre Général ; - qu'il est trop occupé à structurer l'UFDG pour s'intéresser aux détails de ce qui fait l'actualité en Guinée comme le décret d'annulation du bradage immobilier à la Libye, les audits et la lecture des sites internet. Malheureusement, aucune question n'a porté sur le chronogramme et l'organisation des législatives : quelles garanties ont- ils qu'elles auront lieu comme prévu et sans tripatouillage ? Vu les crises institutionnelle et financière actuelles, si rien n'est fait dans l'immédiat, qu'elle plan d'action envisagent-ils (avec les autres partis) ? Si M. Cellou Dalein, comme M. Kouyaté daignaient lire les articles sur le Net – car à propos des audits, M. Diallo dit : « …On m'a dit que c'est sur le Net » –, ils auraient pu jauger de façon plus précise et surtout honnête l'opinion des Guinéens en général car ces écrits sont divers, engagés et surtout pour la plupart libres en terme de pression ou peur de répression politique : hormis les propagandistes et extrémistes facilement repérables, les internautes expriment tout haut ce que beaucoup pensent tout bas en Guinée. Et puis n'oublions pas que la majorité de leurs collaborateurs ne leur diront que ce qu'ils veulent entendre et leur fera plaisir. M. Cellou Dalein devrait profiter de son aura actuelle, de ses "bonnes relations" avec le Président (car nous ne savons pas ce qu'en pense notre Général) et de son électorat potentiel pour s'inviter dans la crise et tenter d'influencer la politique au Pays. S'il commet la même erreur que les autres leaders de penser que son succès présent est irréversible et que le poste suprême lui est désormais prédestiné ; et qu'il faut juste être patient et garder le profil bas ; il prend le risque d'être coiffé au poteau par un outsider inattendu – même si l'UPR est en train de se faire hara kiri, ce qui le renforce encore beaucoup plus.
Quant au gouvernement, dans un souci de sauver la face, il use d'expédients comme décider de mettre in extremis une commission d'enquête (pas la commission) sur les événements de 2007 ; des audits qui ressemblent plus à des opérations "bouc émissaire" vu leur terme de référence et leurs limitations. En fait le gouvernement tente habilement de donner l'impression de progresser alors qu'en réalité, il fait du sens giratoire permanent : - seule une commission d'enquête internationale composée en majorité d'étrangers (neutres) peut produire des résultats non biaisés et fiables ; - avec la crise financière actuelle, aura-t-elle l'argent nécessaire à son fonctionnement alors que la CENI tire le diable par la queue pour son financement ? - les audits ne parlent pas des sociétés mixtes, para étatiques, source principale de revenus du Pays où la mal gouvernance règne vraiment ; et pourquoi ne pas faire la lumière une fois pour toute sur les rumeurs des "gros détournements" qui ont fait la une dans le pays ? En somme, la Guinée a calé et est en panne sèche (comme un véhicule) et même notre Général est à court d'idées et de ressources pour maîtriser la situation dont nous connaissons tous l'origine mais personne n'a le courage d'affronter le problème ; avec des opposants espérant, à tort, que seules les élections permettront de tout résoudre : rien n'est moins sûr et certainement un peu tard. Tout au moins, nous sommes soulagés de savoir que le principe de dialogue entre le Général Conté et les principaux leaders de l'opposition pour une sortie de crise est en voie d'être acceptée. Wait and see ! Peut être que finalement Dieu va aider la Guinée ! Ibrahima Diallo - "Ollaid", Londres, UK
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