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Un homme a été tué et au moins neuf personnes ont été blessées dans de nouvelles violences entre musulmans et chrétiens dans la nuit de samedi à dimanche dans la ville de N'Zérékoré, dans l'extrême est de la Guinée, selon des témoignages recueillis au téléphone par l'AFP.
Le bilan des violences depuis vendredi s'établirait à présent à deux morts (de religion chrétienne), deux disparus et 38 blessés dans les deux communautés, selon ces témoins.
Ce bilan n'a pu être confirmé de source officielle.
"Nous avons été informés par l'imam, à la prière de l'aube, qu'il y a eu une nouvelle victime, un chrétien, tué par des inconnus. Et malgré le couvre-feu, il y a eu des violences dans la nuit qui ont fait neuf blessés dans les deux camps", a déclaré à l'AFP le responsable d'une mosquée, sous couvert de l'anonymat.
D'autres témoins ont vu le corps de l'homme mort, déposé au domicile du doyen de la ville par ses proches en pleurs. Il devait être inhumé dans l'après-midi.
Dans la soirée de samedi, des buvettes et gargotes appartenant à des chrétiens ont par ailleurs été incendiées par des musulmans, dénonçant des "lieux de prostitution et buvettes d'alcool", selon le même responsable musulman.
Les nouvelles agressions ont eu lieu malgré des patrouilles des forces de sécurité déployées depuis vendredi à N'Zérékoré (1.000 km de Conakry, la deuxième ville la plus peuplée de Guinée, un pays à 85% musulman).
Les sages des deux communautés religieuses ont entamé des négociations chez le doyen de la ville, en présence du ministre secrétaire général des Affaires religieuses, Koutoubou Moustapha Sanoh.
Des membres du gouvernement ont par ailleurs tenu une réunion de crise, au gouvernorat, avec les représentants des autorités locales, civiles et militaires, sous la conduite de l'ancien gouverneur de N'Zérékoré et actuel ministre de l'Agriculture, le colonel Boureima Condé.
Samedi, les autorités avaient fait état d'un bilan de 1 mort, 2 disparus et 29 blessés dans des affrontements à coup de bâtons et de pierres.
Selon un membre d'une organisation internationale sur place, il y avait dimanche "des barrages mixtes gendarmerie-police en ville" et personne n'était "autorisé à se promener".
Samedi, les affrontements avaient débuté quand des musulmans s'étaient rassemblés pour aller ouvrir une mosquée fermée par les autorités locales, du fait de la tension entre les deux communautés depuis la fin janvier.
Selon une source policière, une première altercation s'était produite le 29 janvier, quand une femme chrétienne avait insisté pour passer dans une rue barrée par de jeunes musulmans pour la prière, près d'une mosquée trop petite pour accueillir tous les fidèles.
Une semaine plus tard, vendredi, des chrétiens avaient voulu venger cette femme "en essayant de perturber la prière, avec des motos qui passaient et repassaient sans cesse autour de la mosquée", selon la même source. La mosquée avait alors été fermée par les autorités.
07 février 2010
AFP
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