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En ce moment, compte tenu de la désinformation, il est difficile de donner avec une certitude absolue l’état de santé de Moussa Dadis Camara. Néanmoins, il est indispensable de rappeler aux militaires qui gardent le pouvoir, l’aspiration profonde du Peuple de Guinée.
Les Guinéens dans leur écrasante majorité sont fatigués des régimes militaires avec leurs corolaires de violence, de tueries aveugles, d’instabilité chronique, de corruption et de pauvreté extrême. Les Guinéens exigent l’instauration d’un État de droit sur la base d’élections libres et transparentes. Après le carnage acharné et les viols sauvages des femmes par des éléments de l’armée le 28 Septembre dernier, les Guinéens sont déterminés à s’opposer énergiquement à tout pouvoir militaire quelque soit son leadeur.
Les Guinéens exigent l’ouverture d’une véritable période transition démocratique dirigée par une personnalité civile consensuelle qui aura la charge d’organiser des élections libres et équitables. Je demande aux acteurs principaux des partis politiques, des syndicats et de la société civile de se concerter pour choisir une personnalité consensuelle pour diriger cette période de transition. Cette période de transition devra déboucher sur un transfert du pouvoir au vainqueur des urnes.
Pour que la Guinée puisse avoir quelque chose qui ressemble à un État, les militaires doivent comprendre et se limiter à leur mission. L’armée doit respecter une neutralité absolue vis-à-vis du jeu politique. Les militaires doivent accepter le principe de la subordination du pouvoir militaire au pouvoir civil. Les militaires doivent accepter de se soumettre à une autorité civile. Tout militaire qui se retrouve au sommet de l’État par un concours de circonstances exceptionnelles, a le devoir de rendre le pouvoir aux civils. Le militaire qui veut se lancer dans la politique doit démissionner complètement de l’armée.
Les forces armées doivent se cantonner dans les casernes. L’organisation de la vie politique et économique du pays ne regarde pas l’armée. L’armée est là pour garantir l’intégrité territoriale du pays en surveillant et protégeant les frontières. La mission de l’armée est de mener les opérations de guerre en cas d’agression extérieure. Les opérations de maintien de l’ordre dans les villes ne sont pas du ressort de l’armée.
Dans un pays normal, la police est là pour maintenir l’ordre dans les villes et assurer la protection des citoyens et leurs biens sur l’ensemble du pays. L’armée ne doit pas s’engager hors des limites précises de sa mission sauf si l’autorité civile en décide autrement. Encore une fois, je demande aux membres du CNDD présents à Conakry de se concerter immédiatement pour remettre le pouvoir à une personnalité civile acceptable par l’ensemble des forces vives du pays.
Barry IV Commandant de l’Armée de Libération du Peuple de Guinée (ALPG)
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