lundi 12 janvier 2009
Guinée : Les fondamentaux du changement vrai, c’est maintenant ou jamais !
Adji Barry Baud

 « Des élections démocratiques, transparentes et crédibles : maintenant et avant fin 2009 ! » Tel est le slogan à la mode ces derniers jours en Guinée. Un slogan repris à gorge déployée, par les politiciens, la « société civile » et les lobbys internationaux, à toutes les occasions de parade. Mais, de grâce, avons-nous bien réfléchi avant de promouvoir cette précipitation, au moment même où, nous-mêmes, nous en appelons à « châtier » les gestionnaires indélicats qui ont grenouillé dans nos ressources et notre patrimoine commun ?

La question est embarrassante et délicate. Mais elle se pose aujourd’hui avec acuité : Que veulent exactement les Guinéens : une véritable rupture avec le système déchu, ou encore, le « changement dans la continuité » ?

Ah, oui ! Puisqu’il se précise de jour en jour, à travers les déclarations que nous entendons par-ci par-là, ou lisons sur la plupart des sites guinéens, que le « peuple de Guinée réclame le retour à la légalité constitutionnelle par l’organisation, dans un bref délai, d’élections libres, transparentes et crédibles».

Cinq questions à ce niveau :

-     De quelles élections parle-t-on : des législatives, des présidentielles ou des générales ?

-     Au nom de quel « peuple », qui aurait donné un mandat à cet effet, ou d’après quel sondage d’unanimité, parle-t-on ?

-     Des élections, dans quels cadres juridiques, avec quels acteurs et pour quels objectifs ?

-     Quelles missions pratiques et urgentes donne-t-on au CNDD et au gouvernement de transition ?

-     En combien de temps doivent-ils s’acquitter de ces missions, par quelles voies et avec quels moyens matériels, juridiques, diplomatiques ou politiques ?

Chaque Guinéen, chaque Guinéenne, pour peu qu’il soit conscient et honnête, sait parfaitement dans quel contexte est intervenu le coup de force du 23 décembre dernier. Il serait redondant de vouloir revenir ici sur la situation de non-Etat, de non-Lois, de laisser-aller, de libertinage politique et social marqué par le pillage éhonté des ressources nationales, l’impunité, l’insécurité, et surtout, la menace d’implosion sociale entre les différentes ethnies, instrumentalisées et dopées par les discours d’exclusion des politiques et autres « intellectuels », qui se sont délibérément et hargneusement autoproclamés « défenseurs sacrés et consacrés » de leur tribu.

Chaque Guinéen, chaque Guinéenne, pour peu qu’il soit conscient et honnête, s’est élevé un jour ou l’autre pour, sinon dénoncer ou affronter publiquement les responsables de ces forfaits condamnables, du moins crier sa rage, parfois sous cape, tant le verrou du système était menaçant.

Nous, Guinéens, avons passé des années à égrener nos rancœurs, mais aussi notre impuissance, face à ce rouleau compresseur qui broyait tous nos espoirs de vie décente. Nous sommes descendus plusieurs fois dans la rue, pour desserrer cet étau infernal de la médiocratie et de la kleptocratie. Résultats : des centaines de morts, autant inutiles que dramatiques, sans aucun semblant d’amélioration dans notre quotidien, ni poursuite judiciaire contre les meurtriers.

La Communauté internationale ou autres institutions qui sortent aujourd’hui les gros yeux, pour nous pousser à la précipitation, et donc, au bâclage du processus de transition, n’ont brillé à l’époque, que par leur indifférence, ou alors, des mots et larmes de crocodile, grands complices devant l’Eternel qu’elles sont, de ce système inique et impitoyable.

Or, au même moment où elle jouait à l’aveugle-sourde sur le drame guinéen, cette « Communauté internationale » s’était montrée tellement réactive et curieusement expéditive, lorsqu’il s’est agi de son île de villégiature et de loisir qu’est Anjouan, même si le déchu Mohamed Bakar a fini par « bénéficier » d’un exil « mérité » dans l’Hexagone.

La Guinée a aujourd’hui, plus que jamais, des urgences ! Des appels imminents de ses populations : d’abord les audits, des salaires décents, l’électricité, l’eau, l’assainissement du marché par la réglementation des prix, la sécurité, et puis bien après, le dépoussiérage de notre Loi Fondamentale, du code électoral, du code des partis politiques…, toutes choses indispensables à la tenue correcte et apaisée d’élections réellement libres, transparentes et dont les résultats auront la chance d’être acceptés par toutes les parties en lice.

Et pour satisfaire à toutes ces exigences urgentissimes, nous ne trouvons pas mieux que de réduire, chaque jour, comme peau de chagrin, le temps nécessaire pour le gouvernement de transition que le Premier Ministre s’apprête à mettre en place. Le CNDD sollicite 18 mois, les partis politiques parlent d’un an (365 jours) dans leur plate-forme.

Or, chacun de nous est bien conscient que le futur gouvernement ne devra jamais ressembler à tout ce que nous avons connu jusque là. Le Premier Ministre est conscient de l’exigence impérative, pour que cette équipe soit triée sur le volet, en vue de détecter et choisir non seulement les meilleurs Guinéens, professionnellement et moralement parlant, mais aussi, en tenant compte de nos syndromes d’équilibre ethnique et régional. Et cela, sous les boulets d’un harcèlement impitoyable et intéressé de divers faisceaux d’influence (nous en faisons partie, bien évidemment).

Alors question : combien de temps, pensons-nous accorder à ce gouvernement annoncé, pour composer ses différents et multiples cabinets, et là aussi, selon les mêmes critères d’efficacité, de moralité et de représentativité régionale ?

Je vois d’ici, tous les sabres que nous aiguisons déjà, chacun dans son coin, pour le frêle cou de Kabiné Komara, si jamais il ne répondait pas à nos contraignantes exigences. C’est à vous faire blanchir les cheveux, je vous dis !

Mais au fait, cette pression que nous infligeons aujourd’hui aux les membres du CNDD et au Premier Ministre (le gouvernement est toujours attendu), ces multiples démonstrations doctorales de toutes nos récitations en matière de Droit international, tiennent-elles compte de la singularité et de la complexité de la situation concrète du pays ?

De deux choses l’une :

-     Ou ces élucubrations hâtives et parfois, courroucées, sont le fait de compatriotes qui n’ont pas une visibilité exacte des énormes tâches qui se posent à cette Guinée convalescente et profondément minée par les effluves néfastes de ces dernières années d’autodestruction,

-     Ou alors, ce tohu-bohu est expressément orchestré par d’obscurs adversaires d’un changement apaisé, et d’autres politiciens, pêcheurs en eau trouble, dans l’objectif non déclaré, mais bien perceptible, de faire perdre leur sérénité aux nouvelles autorités, et s’accaparer rapidement des rênes de commandement de la République, pour nous replonger dans un abject trop connu ou un incertain inconnu.

Et dans ces deux cas, les Guinéens patriotes et sincèrement inquiets du sort de la Patrie, s’interrogent, avec ahurissement, sur le lever de bouclier que subissent, tous feux croisés, les toutes nouvelles autorités. Alors que tout – je dis bien tout – démontre que, absolument rien n’est encore en place pour remettre la Guinée sur les rails :

-     C’est dans un Etat fort que peuvent être organisées des consultations électorales maitrisées et crédibles, issues de textes de loi minutieusement et vigoureusement essartés de ces touffes rétrogrades, taillées sur mesure. La Guinée n’a pas encore cet Etat-là. Loin s’en faut !

-     C’est un Etat fort qui peut imposer le respect de la liberté de mouvement et d’affaires, ainsi que la sécurité des personnes et de leurs biens. Chacun sait, sincèrement au fond de lui-même, de quoi le nôtre retourne à ce jour.

-     C’est par un gouvernement de transition patriote et engagé, que les urgents chantiers d’électricité et d’eau pourront être pensés, entrepris et exécutés, dans les délais requis et sans trop d’évasions financières. Ce gouvernement, et surtout, ses cabinets de rupture totale avec nos sales habitudes, nous les attendons encore.

-     C’est un Etat fort et un gouvernement inflexible qui peuvent s’attaquer efficacement, et avec quelques chances de réussite, à nos inextricables cavernes d’Ali Baba que sont les audits et la révision de nos mafieux contrats miniers et autres. Ils seront là quand ces hommes intègres et désintéressés ?

Il est bien évident que nous sommes tous conscients de la situation juridiquement inconfortable d’une junte militaire, mais la précipitation sans les fondamentaux, ne risque-t-elle pas de remettre la Guinée dans les mains des mêmes corbeaux que nous avons tant dénoncés et fustigés tout ce temps, ou alors dans les griffes de leurs pareils, postés en véritable troisième larron de la fable ?

Toutes les réactions constructives seront les bienvenues pour permettre de voir plus clair dans cette atmosphère d’enthousiasme et de passions. Mais en s’engageant dans ce débat, il serait sage toutefois, d’avoir à l’esprit, les paramètres suivants :

1.   Ce qui tient lieu d’Etat en Guinée, est aujourd’hui fortement gangrené et lamentablement affaibli, pour jouer son rôle de maintien d’ordre, sans dérapages violents et regrettables, avant, pendant et après une consultation électorale. On en sait quelque chose.

2.   La Constitution et les lois électorales, vecteurs et garants légaux d’un processus électoral normal, ont été profondément trituré ces dernières, à des fins de fraudes et de pérennité d’un système. Chacun de nous en a été témoin, impuissant peut-être, mais témoin.

3.   L’indispensable réglementation des prix sur le marché et l’amélioration du pouvoir d’achat des citoyens, ne peuvent être effectives que sur le socle d’un Etat fort et organisé, capable de maîtriser le circuit des devises et de la fiscalité. On est loin d’être encore sorti des nébuleuses de l’Etat-commerçant, complice-protecteur des opérateurs économiques.

4.   Le châtiment tant attendu contre les gestionnaires indélicats de notre économie, à travers les audits, inspections et autres révisions de contrats, ne serait-il pas hypothétique dans une précipitation du processus de transition ?

Je comprends bien que les hommes politiques soient pressés de parvenir au pouvoir, d’où leurs appels croisés et pressants pour des élections immédiates. Par contre, je suis nettement ahurie que le Guinéen lucide, qui connaît parfaitement bien la situation de son pays, et surtout les limites de nos politiques, puissent encore se laisser entraîner dans ce mouvement d’ensemble aux couleurs autant floues dans les intentions, qu’inquiétantes dans ses finalités. Ne sommes-nous pas engagés ainsi, à notre insu, à chanter des musiques que nous n'avons pas composées, et dont nous sommes bien loin de cerner les non-dits et le sens ésotérique de la cadence ?

Pour la Guinée lucide, positive et constructive, les fondamentaux politiques, juridiques, économiques et judiciaires, c’est maintenant ou jamais ! Au risque d’un saut hasardeux dans l’inconnu.

Adjidjatou Barry Baud
Administratrice de www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Daouda Bokoum, mercredi 23 septembre 2009
Chère Madame, si j`avais lu votre analyse au lendemain de sa publication voire 1 à 2 mois après, je n`aurais pas pu m`empecher de qualifier votre vision de pragmatique.Malheuresement à l`heure ou je la découvre, le contexte a beaucoup changé!
Laye Mory D, mardi 9 juin 2009
Excellente analyse Mme encore une fois merci de votre contribution positive a ce débat national. Cependant au rythme effréné auquel Dadis et ses copains commettent des gaffes il me semble a moi …et beaucoup de personnes comme moi pensent que plus tôt ces gens analphabètes et incultes s’en iront mieux ce sera car aussi imprévisibles qu’est Dadis , tout peut arriver et même le pire en moins d’un mois…Ses derniers agissements ont finis par nous convaicre d’un dérangement mental…
Diakite Ansoumane, samedi 17 janvier 2009
Apres lecture de ton texte, je vous tire mon chapeau Mme Baud. Mais notre probleme, il y a combien de Guineens qui reflechissent comme ça? je te souhaite du courage et bonne continuation.
DIABY A, jeudi 15 janvier 2009
Lucide analyse et pleine de claivoyance. j`ajoute qu`il faut s`atteler au plutôt à la création d`une assemblé constituante tenant compte de toutes les sensibilités chargée entre autre d`élaborer une constitution pour l`avenement réel d`une démocratie irreverssible.Cette constitution doit être entourée des garanties pour éviter des amendements fantaisites au bénéfice d`un seul homme. Puisse DIEU nous guider sur ce chemin
Mamadou Oury Diallo, (Canada), mercredi 14 janvier 2009
Mr Tabounat, merci pour vos compliments, nous en sommes vraiment très flaté...Mr Tabourat, je vais juste m`interesser à l`essentiel de vos invectives: l`ordre constitutionnel et les sanctions internationales. Sachez qu`entre la transition constitutionnelle et le coup d`Etat, il y a la feuille de route des concertations nationales de mars 2006. Cette feuille de route est celle défendue par la "Ligue" car, si elle est moins constitutionnelle que la constitution, mais elle est absolument plus légitime et plus démocratique que le coup d`Etat. De plus, si vous avez bonne mémoire, rappelez vous bien qu`en mars 2006, alors que toutes les forces vives de la nation étaient sur le point d`accoucher de cette feuille de route, le defunt chef de l`Etat a connu une chute et fut hospitalisé hors du pays. Cette coincidence est peut-être un fait du hazard, mais on dit souvant que ce que nous appelons harzad n`est que la logique de Dieu(cela devrait vous interpeller)...Par rapport aux sanctions internationales, oui la "Ligue" s`engage dans cette croisade internationale pour définitivement rompre avec le hold-up de notre démocratie. Mais sachez Mr Tabounat, de l`extérieur nous agissons, mais notre lutte pour l`instauration d`une véritable démocratie guinéenne se fera de l`intérieur, et le moment venu, vous vous joindrez à nous (plus jamais de régime militaire en Guinée)...Une dernière chose, si vous pensez qu`une Guinée où nul n`est au-dessus de la Loi est une aspiration cauchemardesque ou apocalyptique, alors vous etes beaucoup plus en mesure de comprendre pourquoi nous craignons que la guerre civile paraisse pour vous comme le paradis...Mr Tabounat, la vérité triomphera, c`est notre conviction...Au nom de la Ligue!
Tabounat, mercredi 14 janvier 2009
Assurément ce mr Oury Diallo et sa "Ligue" sont à applaudir pour leur constance dans la négation obstinée de ce que tous les guinéens, de Koundara à Yomou et de Mandiana à Boké, saluent aujourd`hui comme un acte courageux qui les a sauvés de l`hécatombe. Ce mr est à admirer pour son intelligence et son patriotisme supérieurs à chacun des dix millions de guinéens, de l`intérieur comme de l`extérieur. Remarquez qu`il cherche tellement à avoir raison qu`il nous souhaite l`apocalypse dans sa réaction si dessous. Et puis, il est si admirable lorsqu`il croit que tous les guinéens courent "pour l`argent, une place ou quelqu`un, sauf lui le saint et sa "Ligue"! Nous vous disons mr Diallo que contrairement à ce que vous pensez, vous êtes entrain de causer de graves préjudices à votre "Ligue", si tant est qu`elle cherche des adhésions lucides et responsables. Vous épouvantez les gens, vous prédisez des scénari de cauchemar et vous appelez les gens à vous rejoindre. La Guinée convalescente se contenterait mieux d`une dictature militaire éclairée que de votre "ordre constitutionnel" satanique qui aurait remis ce pays dans les mains des mêmes monstres comme qui vous savez. On a appelé des longues années à l`armée, elle est intervenu enfin. Nous nous presserons lentement à mettre en place "les fondamentaux du changement vrai" avant toutes élections. Et si vous pensez faire le héros en demandant, avec insistance et constance, aux institutions internationales d`asphyxier le pays de vos ancêtres, parce que vous vous avez bien récité les articles de Droit, vous ne faites que tirer dans le décor. En tout cas, ici à Conakry, on lit vos appels avec beaucoup de stupéfaction. Mais comme vous êtes bien loin du feu que vous voulez faire allumer ici, c`est bon pour vous personnellement. "La vérité triomphera" parce que Dieu lit dans les intentions de chacunde nous pour sa Nation. Bravo, on vous écoute !
Mamadou Oury Diallo, Canada, mardi 13 janvier 2009
Heureusement que la liberté d`expression commence à faire son chemin en Guinée...La Ligue des Démocrates Réformistes de Guinée s`indigne énormement de toute ces voix qui s`élèvent pour dire: "laisser l`armée faire le ménage", "laisser l`armée construire la démocratie guinéenne". Cela atteste tout simplement le degré de conviction démocratique de chacun de nous aujour`hui...L`armée guinéenne n`a aucun mandat que celui de la sauvegarde de l`intégrité territorial du pays, l`armée guinéenne est loin d`être une institution sans reproche, l`armée guinéenne à totalement saignée le pays depuis 24 bonnes années, et aujourd`hui vous demandez à l`armée de vous construire la démocratie guinéenne! Au moment même où nous sommes entrain de commémorer les répréssions militaires de janvier 2007, vous demandez à l`armée guinéenne de faire justice!... Au sein de la "Ligue" nous avons cette belle qualité d`indépendance qui apparement commence à déranger plus d`un aujourd`hui, car on nous fais comprendre que si nous ne supportons pas le CNDD, nous devons nous taire... mais nous ne reconnaîtrons plus jamais de pouvoir militaire en Guinée ni de gouvernement sortant d`une transition militaire...Au sein de la "Ligue" nous ne courrons ni pour l`argent, ni pour une place, ni pour quelqu`un et nous avons une conviction ferme: la vérité triomphéra...nous sommes tous des témoins du carnage en gestation en Guinée et le temps nous départagera très bientôt, car le temps est père de vérité...La "Ligue" ne demande qu`une seule choses aujourd`hui, si jamais le moment arrive où il se trouve que l`un des camps a fait erreur de jugement sur l`évènement du 23 décembre 2008, que l`autre camp jette de côté son orgueil, et qu`on se donne tous les mains pour bâtir enfin une Guinée où nul, ni même des forces armées, ne sera au-dessus de la Loi, cette Guinée nous y croyons plus que tout...que l`âme des victimes de la répression militaire de janvier 2007 repose en paix...Au nom de la Ligue!
Bocar Baila Ly, mardi 13 janvier 2009
Belle analyse, et pertinente et critique
Cissé Oumar de Bma, mardi 13 janvier 2009
Entièrement d`accord; Il faut laisser les militaires nettoyer en priorité avant de s`occuper dans un deuxième temps de l`organisation démocratique de la vie politique.
Laure K., mardi 13 janvier 2009
Je suis d`accord dans l`ensemble avec ce que vous dites et avec presque tous les commentaires: Il faut d`abord nettoyer la maison, mettre fin au pillage, assainir l`Etat, avant de s`atteler aux élections. C`est sur ce point (la remise en ordre du pays, moralement, économiquement,etc.) qu`il faut faire pression sur les militaires, et non sur les élections. Avec une attention particulière pour le minimum dont la majorité, plongée dans la misère par l`égoisme d`une minorité, a besoin. Je trouve aussi très suspecte, et inquiétante, cette frénétique réclamation d`élections. Dans un chaos comme la Guinée, il sera impossible d`organiser des élections honnêtes, et de toute façon, ça ne ferait que rendre le pouvoir à une classe politique et sociale qui a été complice des prédateurs. A mon avis, il faut d`abord remettre de l`ordre, reconstruire l`Etat, refaire l`unité du pays, et après, seulement, réformer le système politique (partis politiques, etc.-ils sont ethocentriques) en accord avec toutes les composantes des peuples de Guinée.
Camara, mardi 13 janvier 2009
Madame, je ne sais comment vous féliciter et surtout vous remercier de ces messages concis et précis. J’ai bien l’impression que nos frères politiciens ne cherchent plus à résoudre nos problèmes, mais juste tenir les rennes du pouvoir et mieux profiter de notre chère Guinée. Mais attention CNDD ou Forces d’interposition + chefs rebelles à nous de choisir.
Makanera Ibrahima Sory, mardi 13 janvier 2009
Bonjour madame Barry Vous avez dit,tout dit et bien dit. En manque de qualificatif, je ne peux dire que bravo et merci.
André Pacha Loua, mardi 13 janvier 2009
Heureusement, il y a encore des fille et fils de la Guinée comme vous, qui disent encore des choses sensées quant à l`avenir de ce pays. Comme le dirait l`autre, où ces pays et institutions internationales logeaient quant tout a été banalisé et ridiculisé en Guinée? Quelles actions ont-ils pris face à l`abominable condition de vie des populations guinéennes? La seule et unique chose qui doit importer pour les guinéens, car il s`agit de leur destin qui se joue au présent, c`est de donner le meilleur d`eux-mêmes maintenant pour sauver l`honneur de cette grande Nation. André Pacha Loua (Canada)
Ousmane B., mardi 13 janvier 2009
A un homme politique de la sous-région auquel on demandait d`organiser à la vitesse de l`éclair les élections générales dans son pays a eu ce mot devant la communauté internationale qui mettait la pression sur lui:"doucement, doucement, on est pressé". Cela signifie tout simplement, quelque soit ton impatience pour arriver à un but, il ne faut pas se précipiter. Je crois que les guinéens ont trop souffert pour que l`histoire se répète.
Souleymane, mardi 13 janvier 2009
Je suis d`accord avec vous madame.Aucune condition n`est réunie ni pour organiser les élections ni pour obtenir le changement dont nous espérons aujourd`hui.Tout le monde le sait la Guinée était comme un train en déhor des rails.Le pays ne pouvait pas dutout avancer. Dieu merci nous avons des gens aujourd`hui qui peuvent tirer notre train et le mettre sur les rails.Tout le monde le sait combien de fois il est difficile de tirer un train en déhor des rails.Donc soyons gentils pour leur accorder un délais de deux ans pour le faire. Ceux qui sont contre ce délai n`ont qu`a faire une pétion nous prêts a signer. Les institutions sous régionales et internationales n`ont pas interêt a ce qu`il ait la stabilité politique dans tous les pays au monde.Sinon elles ne vont pas travailler.Regarder seulement depuis les évenements de l`année derniére les IBN SAMBAS, BABA GUIDA ET AUTRES sont venus combien de fois en Guinée.Je n`ai rien contre eux.Mais pourquoi ils ne vont pas au Bénin , au Ghana, au Mali ou Burkina par exemple la ou il la stabilité politique. C`est nous peuple de Guinée qui savons le temps qu`il faut poue notre transition. ON DIT EN POULAR:« KÖ MAYOUDHÖ NDARANTÉ. WOUROUDHÖ ÖN NDARANAYI HÖRÉMOUN» LES ORTEILS DU PRÉSIDENT DADIS DOIVENT SE POSER EXATEMENT SUR LES TRACES LAISSÉS PAR CEUX DE ATT ET NON DE CEUX DE ROBERT GUEÏ.
alpha barry, mardi 13 janvier 2009
Ma chère amie je suis d`avis avec toi. En plus, je voudrais rappeler que la CDEAO n`a jamais soutenu la Guinée dans le vrai sens du terme. Les membres de cette institution, composée de chefs d`états et de Dictateurs malhonnêtes et véreux, ne souhaitent que la guerre fratricide en Guinée. Ils sont jaloux! Je demande solennellement et de tout cœur aux jeunes, aux femmes, à toutes les parties prenantes, société civile, syndicat bref… au peuple de Guinée : • de cesser les querelles ethniques et de générations pour s`unir et faire face à son destin. • de sortir massivement, encadré par les forces de l`ordre, pour aller vers les représentations ONUSIENNES et les Ambassades qui soutiennent le lobbys de la CDEAO pour attirer leur attention sur leur position face au destiné de la Guinée et de son brave peuple • Ces institutions ne doivent pas soutenir une soi-disant « loi constitutionnelle» qui n’existait même pas en Guinée depuis des lustres • Ces institutions devraient, au lieu de condamner le pays, l’encourager, le financé, l’assister techniquement, pour l’organisation des élections libres et transparentes souhaitées de tous. Je demande solennellement et je prie tous les guinéens de ne plus s’insulter, se rabougrir. « Personne n’est supérieur à l’autre, nous somme tous égaux devant Dieu ». Soyons unis, soyons positifs et prêchons le bonheur dans l’entente et l’acceptation de la différence pour que notre pays soit un pays comme les autres pour ne pas dire mieux.
dubalaye, mardi 13 janvier 2009
c est quoi ce alarmisme ambiant qui se developpe sur la toile. alors naguere que nous crions urbi et orbi que notre pays devait renouer avec un cycle democratique civil normal. aurions nous peur de faire face a la destinee prospere et democratique de notre pays , de reproduire les actes manques des differents gouvernements de bras casses de conte. moi je suis convaincu que les guineens savent ce qu ils ne veulent plus comme regimes et modes de gouvernances demon-cratiques et clepto-mediocratiques. et voila comme par enchantement que le syndrome du complot capitaliste permanent a l international reprend vigueur et racine sur les cendres de nos heroiques gavroches de janvier 2007.il faut se departir de ce nationalisme primaire de mauvais aloi sous peine d assurer une longevite politique incontrole et incontrolable a la junte sortie des eaux fetides du koudaisme. je crois y a un malsain sentiment de peur de l echec qui affecte les ames salvatrices de ce pays. notre pays est condamner d aller de lavant.ce nest ni de langelisme naif encore montre d insouciance irresponsable.dans cette democratie de marche, la demande politique regulera le jeu democratique si le canevas contitutionel est bien edifie. le temps est certes un bon allie fusse t il mis a profit a temps. seul le volontarisme et le pragmatisme de ceux qui ont proclamme prendre le destin du pays peuvent constituer un reel danger de pessisimise et d abus de pouvoir. cela denote que nous manquons cruellemement de confiance en la capacite de la junte a mener les reformes au plus vite, je crains a ce rythme que nous allions a reculons comme l ecrevisse,a contre courant de notre histoire. nous ne pouvons plus remettre au lendemain.cette opportinuite historique de remettre notre pays sur ses pieds et de voire ses esperances realisees. entre alarmisme politicien et attentisme incredule , je crains fort que nous soyons avec les vessies nebuleuses de certains cassandres de la politique politicienne guineenne, entrain de laisser filer le sort democratique de notre pays en des mains sales. la ou , il y a de la foi en la volonte de changer de destin, y aura toujours un chemin pour la liberte et la dignite.
Alphasdiallo, mardi 13 janvier 2009
Mme Baud,votre analyse est pour moi le chemin a suivre si,toutefois,les guineens veulent reellement le changement positif. La precipation n`a jamais donné de bon resultat.Pourquoi veut-on pousser le CNDD a bacler son travail?Est-ce a l`avantage du peuple ou d`une minorité calculatrice?Comme vous le dite,les instances internationales qui faisaient semblant de s`inquieter de la situation en Guinee tous sauvergardant leurs interets,savent qu`avec la prise du pouvoir par la jeunesse qui connait tous les rouages,sera tres difficile a manipuler d`ou l`urgence de les pousser a rendre le tablier aux personnes sans scrupule,corrompus facilement maneables par eux.Refusont de tomber dans ce piege.Donnons temps au CNDD et a son gouvernement de mettre les bases d`une democratie reelle et d`une economie de developpement. Encore une fois je vous dis bravo car vous la premiere personne parmi tant d`autres qui a osé dire ce qui devrait etre pour le bien de la Guinee.
Mamadou Oury Diallo, (Canada), lundi 12 janvier 2009
Analyse pleine de lucidité et de recule...Mme Baud, quand il y a trop de bruit, il est toujours difficile d`écouter et de s`écouter. La précipitation n`a jamais été bonne conseillère, et vous n`avez pas tord de jeter un peu d`eau aux débats souvents ridules auxquels nous assistons depuis le 23 décembre 2008...beaucoup d`entre nous se disent "cette fois-ci il ne faut pas que le bateau nous laisse", nous, nous ne sommes pas de ceux-là. Tant que le changement pour le puple n`aura pas lieu, nous nous battrons...alors, oui, on peut nous retarder, mais je ne crois pas qu`on pourra nous arrêter...Que Dieu nous protège des malheurs à venir en Guinée car, croyez moi, c`est une grosse catastrophe qui se prépare...à bon entendeur!

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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