mardi 19 août 2008
Guinée : Les craintes persistent après janvier et février 2007
Mamoudou Kouyaté

Une bonne organisation méthodique des prochaines élections en Guinée, même transparente mais non honnête, ne peut que renforcer les craintes que nous avons sur l’avenir de notre pays.

Les élections passées en Guinée ont été sans commentaire frauduleuses et ces intentions sont incompatibles avec les principes que nous souhaitons après les douloureux événements de janvier et février 2007.

Après ces tragédies, nous GUINEENS devrons comprendre les enjeux du moment et les avantages que nous pouvons en tirer. Les jeunes gens qui sont morts pour avoir réclamé le changement en manifestant le désir profond à cet effet, nous ont laissé une réelle nouvelle image, mais inachevée, de la Guinée que la nouvelle génération doit poursuivre. Cette démarche est une mesure responsable qui nous fait croire que les Guinéens peuvent améliorer leurs conditions et espérer au bonheur collectif en prenant des actions positives au lieu d’accepter passivement la forme de vie que certaines incompétences de l’administration nous ont imposée. Cette courageuse action est une réponse aux probables problèmes incohérents que certains leaders du pays nous dressent aujourd’hui. Beaucoup de sacrifices ont été consentis pour prouver l’unité guinéenne. Chaque peuple aspire au bonheur et une amélioration significative dans sa course commune vers l’avenir. C’est ce qu’ont montré nos camarades qui sont morts durant les grandes manifestations populaires de janvier et février 2007. Prions pour le repos de leur âme. Ils seront toujours présents dans nos prières, notre pensée et notre Cœur. Les pressions économiques, le chômage, le détournement des deniers publics, le dysfonctionnement des services publics, la manipulation des décrets présidentiels au sommet de l’état et la précarité de la vie ont été les motivations primaires du choix de protestation initiée par les différentes sections syndicales de notre pays. Les gens avaient soif de changement et les jeunes ont massivement accompagné la grève. Ils sont les pionniers des changements qui vont intervenir car ils ont incarné ces valeurs. Il faut que nos efforts aboutissent aux attentes prévalues et espérées de nos camarades qui sont morts en laissant un souvenir douloureux et un espoir de libérateur. Leurs actions ont ouvert l’esprit et le cœur des Guinéens aux aspirations et aux opportunités qu’un changement soutenu pourrait offrir à la Guinée dans sa diversité géographique.

Si le régime Conté n’arrive pas à bout comme on peut le remarquer à plusieurs niveaux, la priorité d’une nouvelle installation politique sera de tout mettre en œuvre pour que les Guinéens se sentent heureux d’avoir voté un président de la République de Guinée qui respecte les vertus de cohésion sociale. C’est le souci majeur de nous les jeunes car nos camarades de janvier et février 2007 n’ont pas fait de différence entre nous avant de descendre dans les rues où ils ont péniblement perdu la vie. Ce mouvement a redonné de l'optimisme à plusieurs Guinéens. Mais les résultats de la suite restent encore amères et même plus insupportables qu’avant.

Voilà les raisons de la motivation qui me permet de lancer cet appel que je ne cesse de lancer depuis la fin de la grande grève. Il est impératif que tous les intellectuels Guinéens prennent conscience du danger guinéen et s’unissent pour apporter les changements nécessaires à notre pays dans tous les domaines sensibles. Toutes les actions gouvernementales forgées dans cet élan seront le résultat des tentatives visant à développer l'hébergement d’une politique progressive à la situation économique et sociale dont les conditions sont dégradées à cause de nos échecs.

La logique de cette démarche est que nous devrions tenir compte du sort commun que nous partageons depuis toujours. La misère ne tient pas compte de la géographie, elle frappe tout le monde de la même manière. C’est pourquoi une union constructive pourra sauver la Guinée et toutes ses populations.

Le moment est venu de se réveiller et de prendre la situation en mains pour que chaque Guinéen puisse contribuer réellement au redressement de nos valeurs sociales et morales et au développement de la Guinée. L’unité des intellectuels guinéens est incontournable pour constituer un front de libération afin d’atteindre les objectifs du changement réclamé. Ils doivent mettre leurs compétences et leurs qualités morales en commun pour participer au processus de développement économique de notre pays en dehors de toutes les considérations ethniques et régionales qui caractérisent beaucoup de partis politiques actuels.

Et pourtant la révolte des jeunes qui sont morts en janvier et février 2007 s’était dépassée de ces considérations et avait confirmé le besoin de solidarité nationale et la nécessité d'examiner la sélection de nouvelles personnes capables d’établir une structure moderne de gestion et de financement pour aider notre pays à s'adapter aux conséquences du changement sociopolitique et économique.

La lutte contre la corruption et l'impunité est une urgence absolue de notre administration car elle conditionne la survie de la génération montante. Il faut le combattre à tout prix. Puisque les intellectuels ne peuvent conquérir le pouvoir que par les voies démocratiques, alors nous leur souhaitons bonne chance et que le meilleur gagne. Nous ne voterons pas pour un candidat selon la géographie mais selon les intensions et performances du programme au niveau national de chaque camp. Les candidats qui compteront sur la géographie pour gagner les élections en Guinée doivent changer de stratégie dès maintenant car les jeunes suivront l’idéal du changement que les victimes de janvier et février 2007 nous ont laissé pour y aboutir. Ce type de leadership est compris et est dépassé après l’an 2007. On se souvient que c’est le même type d’intellectuels qui a contribué à nous enfoncer dans la misère inconditionnelle pour des buts essentiellement égoïstes.

Voilà que le mois de carême arrive pendant que les populations ne peuvent pas se procurer du minimum vital pour faire face et aucune perspective efficace et déterminante n’est préparée pour en atténuer les poids, douleurs, craintes, chagrins et soucis. C’est ici qu’on attend du gouvernement le service d’une stratégie gagnante pour éliminer des incapacités de construire une véritable alternative.

Vive la jeunesse guinéenne. Vive la Guinée.

Mamoudou Kouyaté, New York
pour www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Thierno Moussa BALDE, mercredi 27 août 2008
L`appel lancé par Mr KOUYATE est encourageant et le realisme du propos de Mr AUGER en est tout autant. Mr AUGER m`a soutenu pour sortir de l`impasse en Guinée et pour faire mes études en France. Il a permis à d`autres personnes de ma famille de grandir dans la dignité,tout ce qu`il faut pour contruire un avenir. je le remercie A mon avis la contibution des guineens passera par des actes citoyens et réalistes.et aussi permettre à ceux qui souhaitent travailler en guinée de le faire dans des conditions propices ce qui necessitent l`éradication de la corruption, du banditisme et l`amelioration du droit humain.
AUGER Bernard, mercredi 20 août 2008
Votre article Mr Mamadou Kouyaté est émouvant et vous avez entièrement raison. En tant que Français je peux le dire en connaissance de cause ayant vécu 7 ans en Guinée, rencontrant chaque jour cette misère de la population et le désir des jeunes étudiants de s`en sortir et de pouvoir vivre décemment et faire vivre leurs familles. Je le sais d`autant plus que j`ai pris moi-même en charge bénévolement des familles guinéennes sur les plans alimentaire, scolaire et sanitaire. J`ai vu aussi ce qu`était la corruption devenue une insitution et ce qui est arrivé malheureusement en janvier 2007 est la conséquence de l`indifférence de l`Etat envers la population.Je ne peux que répéter ce que j`ai écrit comme commentaire sur ce même site à l`article de Monsieur Thierno Dayédio Barry en donnant raison au commentaire de Monsieur Ahmadou publié le dimanche 17 août : oui à un nouveau chef d`Etat qui décide ENFIN d`éradiquer cette corruption, de faire respecter les Droits de l`Homme, d`exiger une bonne gouvernance et le respect de la Démocratie, de mettre hors d`état de nuire la mafia locale hautement protégée, de venir en aide d`urgence à la majorité de la population vivant dans la pauvreté, la souffrance et l`insécurité, ne pouvant s`alimenter normalement, ne pouvant se faire soigner, le plus souvent sans eau ni électricité : MAIS ALORS A QUI PROFITENT LES RICHESSES DE LA GUINEE ET LES MILLIONS D`EUROS ET DE DOLLARS VERSES PAR LA FRANCE (le premier bailleur de fonds de la Guinée) ET L`UNION EUROPEENNE aux gouvernements guinéens successifs: A LA POPULATION ? ABSOLUMENT PAS! La Guinée ne doit pas à nouveau revivre les émeutes sanglantes de janvier 2007 qui risqueraient d`être encore plus catastrophiques. Monsieur Thierno Dayédio Barry dans son article le dit clairement. Que Dieu aide la Guinée et les Guinéens et que la Communauté internationale (dont la France bien entendu) aide VRAIMENT et de façon TRANSPARENTE la population de Guinée qui ne mérite pas d`être traitée comme elles l`est actuellement.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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