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La Guinée va encore pour la 3e fois (1958 et 1984 compris), entrer dans une période critique pour son avenir. En effet, le compte à rebours a commencé quel que soit l’état de santé réel de Lansana Conté. La panique du gouvernement Souaré face aux rumeurs sans pouvoir démontrer concrètement leur démenti suffit largement à déduire que le Pays entre dans une phase incertaine. Le Général pourrait très bien être encore vivant mais les défis économiques auxquels la Guinée devra faire face en 2009 ne peuvent plus, sauf risque d’effondrement total, se permettre de continuer à évoluer sans un exécutif (constitutionnel) incontesté. Le terme "effondrement total" signifie ici une situation proche de la Somalie où différentes fractions vont s’affronter pour une partie ou tout le pouvoir. Le problème n’aurait pas dû être de savoir si le Général est vivant ou non mais plutôt de savoir s’il y a encore en Guinée un ou des leaders (même d’ONG) prêts à prendre leur responsabilité pour écourter cette vacance du Pouvoir, manifeste. En effet sans un président en plein pouvoir de ses capacités physiques et mentales pour s’imposer et reprendre d’une main ferme le Pays qui "s’effiloche", même l’économie parallèle qui a permis à certains citoyens de survivre et d’autres de prospérer jusqu’ici risque de s’effondrer dans le chaos. Le danger est si proche et grand qu’il est urgent que tout le monde – particulièrement les leaders à la tête de structures fonctionnelles – s’implique activement pour trouver des compromis pour le retour de l’ordre constitutionnel à travers un processus démocratique équitable et transparent : l’Etat dans sa forme actuelle est un faire-valoir dirigé de facto par des personnes inconnues du public. Pour ce faire, nous devrons tout d’abord volontairement et unilatéralement engager une trêve en arrêtant de blâmer qui que ce soit pour ce qui s’est passé et se poursuit en Guinée. Une fois cette période à haut risque passée, nous pourrons réengager les "hostilités" politiques. L’ère post- Conté a bel et bien commencé ! Tout est de savoir si nous serons à la hauteur du défi tant le Pays a été disloqué, les valeurs morales, patriotiques et surtout religieuses galvaudées. Tout le monde est devenu matérialiste ; et pendant que nous crions haut et fort être "souverains" depuis 1958 nous sommes incapables de produire ou d’acheter nous même notre nourriture (comme le riz par exemple) et nous avons la main (la paume vers le haut) éternellement tendue pour tout acte de souveraineté (comme les édifices, le cinquantenaire ou les élections). Les premières des choses indispensables pour notre redressement seraient un retour à la modestie et la juste appréciation de notre place dans le concert des nations en termes de ressources humaines et potentiel économique mis à jour, essentiellement minier tenant compte de la baisse des besoins, des technologies (recyclages entre autre) et du nouvel ordre financier mondial qui est entrain de se redessiner. Apres les décennies d’abondances, de gaspillages de toutes sortes et de crédits faciles, le réajustement de ce laisser-faire va avoir des répercussions draconiennes sur la consommation et par conséquence surtout sur nous les producteurs de matières premières brutes sans valeur ajoutée. Ceci dit, ne maitrisant plus les perceptions et jugements de mes compatriotes évoluant dans le cosmos politique de Conakry, je m’abstiendrai, jusqu’à nouvel ordre, de tenter une quelconque lecture des événements politiques actuels a fortiori prédire quoi que ce soit dans le bras de fer qui s’annonce. Néanmoins, si Dieu décide finalement de voler à notre secours pour que cette périlleuse "transition " se passe avec plus de peur que de mal, nous serons amenés à faire des choix difficiles : qui devra/devront guider les pas de la Nouvelle Guinée ?
C’est une question très difficile tant le manque de candidats(es) "acceptables" pour la majorité des électeurs non-militants est alarmant !
Tous les prétendants connus à la magistrature suprême ont plus de faiblesses que de points forts: l’un des griefs est qu’aucun d’entre eux n’a fait montre d’un leadership politiquement entreprenant et osé ; ils ont tous toujours agit de façon réactive quand Conté posait un acte au lieu d’être proactifs et des challengers permanents. Pour ne pas contredire ma demande de trêve mentionnée plus haut, je n’en dirai pas plus mais en résumé : ils se sont plus comportés en militant qu’en leader de parti politique. Et c’est justement parce que ce n’était pas facile de faire de la politique en Guinée que certains ont décidé de ne pas en faire du tout au lieu d’engager le sort et l’espoir de leurs compatriotes militants. Bon ! C’est ainsi, il faut progresser et il va falloir quand même choisir des députés et surtout un président de la République. Chacun d’entre nous devra en son fort intérieur faire l’effort de transcender les différences du passé (ne ce serait ce que temporairement) et communautaires pour porter son choix sur le meilleur d’entre eux tous et surtout pour le Pays. Cela demandera certainement beaucoup de compromis par rapport à certaines valeurs personnelles. Ecoutons la raison plutôt que le cœur ! Réfléchissons bien dans l’isoloir, il n’y aura que Dieu et nous pour décider de notre avenir à travers notre geste : ne votons pas pour un candidat simplement parce que nous n’aimons pas les autres mais parce que notre conviction profonde nous guide vers le moindre mal ! Même la relative "petite" Guinée Bissau avec l’ami du Général s’est accoutumée à des élections régulières dans de bonnes conditions malgré tous les problèmes politiques qu’elle a connus. La "grande sœur" Guinée devrait avoir honte maintenant ! Vu l’appui de Nino Viera à Conté, j’en déduis que la démocratie dans son pays lui a été imposé par la présence en Guinée Bissau de forces contre pouvoir. Tout le monde voit où je veux en venir. La démocratie est l’action de tous !
Ibrahima Diallo - "Ollaid" pour www.guineeactu.com
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