vendredi 2 janvier 2009
Guinée : le portrait du nouveau Premier Ministre, Kabiné Komara
Kabiné Komara

Celui qui a été choisi par le Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD)A n’est pas un inconnu du public guinéen. Puisqu’en 2007, après les événements de janvier et février, Kabiné Komara figurait sur la liste des quatre technocrates, qui ont été proposés par les institutions républicaines et la société civile, pour le poste de Premier Ministre.

 

En politique rien n’est fortuit, et encore moins, le choix des hommes. Ce grand banquier est un natif, privilège qu’il partage avec beaucoup, mais sans pour autant les ressembler.

 

Même si Kabiné Komara n’est pas un roturier de la politique, il est apparu aux yeux de la junte, comme l’homme providentiel, capable de sauver l’économie guinéenne, dans le creux de la vague.

 

Ce financier, pétri d’expérience, qui a eu ses lettres de noblesse à la tâche, dans l’Administration guinéenne, à la Société Friguia et à la Banque Africaine d’Export Import (AFREXIM), est appelé en catastrophe, pour relever les grands défis qui sont la restauration de l’autorité de l’Etat, l’instauration de la paix et de la sécurité, la lutte contre l’impunité et la fourniture des services sociaux de base, l’eau et l’électricité.

 

C’est pourquoi, dès sa descente d’avion, il a déclaré ceci : « Quand le pays va mal, chacun est concerné (…) …je mesure la profondeur de la tâche qui m’attend ».

 

En misant donc, sur un « cuirassier » pour sauver une économie ankylosée, le chef de la junte militaire, le Capitaine Moussa Dadis Camara bouscule ainsi tous les tabous, mais plus encore, déplace le débat du champ politique dans le champ économique.

 

Humble, intègre et très respectueux, le parcours du nouveau premier ministre ne souffre d’aucune ombre, il est exhibé ici à la face de ceux qui rechigneraient encore.

 

Né, le jour de l'inauguration du pont de Kankan en 1950, le nouveau locataire de la primature a d’abord obtenu en 1973, son diplôme de maîtrise en gestion et comptabilité, avec la mention "Excellent ", à l'école supérieure d'administration de Conakry.

 

En 1992, il rejoindra le pays de l’Oncle Sam, où il décrochera avec succès le certificat d'économie monétaire à l'université de Colorado.

 

En 1997, l’enfant de Nabaya fréquentera l'institut bancaire de l'université américaine du Caire, pour obtenir un diplôme professionnel de gestion et investissements bancaires.

 

Il a aussi fait l'école supérieure de commerce de Rennes en France.

Kabiné  Komara a effectué beaucoup de stages à l'étranger.

 

En 1975, il était à la banque  crédit Suisse, à Zurich.

 

En 1981, il effectuera  un stage à  l'institut supérieur des affaires de Paris.

 

En 1982, le nouveau premier ministre bénéficiera d’un autre stage à l'école  de gestion des contrats internationaux et logistique de Paris. La même année, Komara s'est rendu à la société Pechiney de France, pour un autre stage en gestion immobilière, Droit de la construction et de l’urbanisme.

 

En 1985, il reviendra en France pour un stage en gestion municipale (Marie de Colmar) et aux Etats-Unis en gestion internationale des Ressources Humaine (Alcoa, USA).

 

En 1986, il approfondira son anglais à Georgetown University, Washington.

 

En 1992, Komara participera à un stage de formation en Relance économique et Compétitivité industrielle en Côte D’Ivoire.

 

Enfin en 2005 à Johannesburg en Afrique du Sud, il bénéficiera d’un stage en Mécanismes d’attraction des financements directs internationaux.

Le nouveau locataire de la primature a plus de 33 ans d'expérience, un véritable sphinx de l’administration guinéenne, dit-on.

 

Sa carrière administrative débutera en 1973 comme inspecteur financier à l’Inspection Générale d’Etat, rattaché à la présidence. C’est surtout son passage à la Banque Centrale comme chef de Service Compensation à  l’office Central de Compensation qui lui permettra d’acquérir beaucoup d’expérience.

 

En 1975, il sera retenu dans une commission composée de jeunes technocrates, chargée d’assurer la passation de la compagnie Fria à capitaux étrangers, en une société mixte Friguia avec 51% pour l’Etat guinéen et 49% pour le partenaire B, avant de devenir, lui-même, Conseiller financier du Directeur général (Frialco-Pechiney-Guinée). Grâce à ses compétences, il gravira les échelons de cette société, pour devenir Directeur Administratif en août 1976. Il y restera pendant 9 ans.

 

En août 1984, le nouveau chef de gouvernement est affecté à la Compagnie des Bauxites de Guinée(CBG) dans la région de Boké en qualité de Directeur Adjoint du Département « Personnel et Africanisation ». Avec des coudées franches, il réussira la restructuration des services, la rationalisation et la formation des effectifs et la mise en place d’un système motivant de rémunération du personnel.

 

Après 10 ans  d’absence, il revient dans l’administration guinéenne en novembre 1986, comme Directeur National des investissements Publics au Ministère du plan et de la Coopération Internationale.

 

De mars 1991 à  février 1992, il sera membre du Conseil National de Redressement National (CTRN), organe de consultation de l’époque.

 

En février 1992, il est nommé conseiller économique du Ministre de l’Economie et du Plan, en même temps l’interlocuteur central des institutions internationales comme celles de Brettons Wood.

 

Limogé en 1995, Kabiné Komara sera recruté par la Banque Africaine d’Export/Import (AFREXIM) basée au Caire en Egypte, comme chef de service, puis Directeur du Département des Services Administratifs et du patrimoine, Président du Comité de Stratégie, Vice Président du Comité de Budget.

 

Ce fonctionnaire  international est depuis décembre 2003 directeur de cette institution. Marié et père de 6 enfants, Kabiné Komara parle couramment l'anglais.

 
Malgré ce parcours exemplaire d’un homme adoubé par les hommes forts de Conakry, on ne peut  s’empêcher de penser à un possible échec. Car toutes les tentatives précédentes ont échoué. Tantôt c’est le Président qui empêche le Premier ministre de travailler, tantôt c’est ce dernier qui ignore sa feuille de route. Pire, ce sont les acteurs politiques et les opérateurs économiques qui constituent souvent le véritable obstacle à la réussite de nos premiers ministres.

 

Qu’à  cela ne tienne, il y a de l’espoir, non seulement l’expérience et le patriotisme du nouveau chef de gouvernement, mais aussi la volonté manifeste de ces jeunes militaires de laisser une grande marge de manœuvre à Kabiné  Komara, comme l’a si bien dit leur chef, Moussa Dadis Camara : « vous êtes  le chef de gouvernement, libre de le former et détient le levier de commande de l’économie ».

 

Espérons alors que cette déclaration aura tout son pesant de transparence.

 

Bangaly Condé  «  Malbanga »
pour www.guineeactu.com

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Vos commentaires
MAMADY CISSE, samedi 3 janvier 2009
L`ABSENCE DE CONTE AIDERA MR KOMARA JE SUIS SUR.
komara, vendredi 2 janvier 2009
esperons ques les propagandes et lobbying ethno ne le deviera pas de de ses objectifs et le disscredité a tout jamais. bonne chance mr komara. ne vous eloigner pas des soucis des guineens et de la guinee.l histoire cela a sert a kel choses. surtout nee nous faites pas du kouyaté.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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