Comment peut-on réussir à construire la Guinée dans l’état actuel de Lansana Conté, avec cette grande insuffisance administrative ? La question mérite qu’on s’y penche.
Sans se laisser aller dans les méandres de l'histoire, rassurons-nous que ce pays décline aujourd'hui toutes les carences du monde, pour être à bout de ses peines. Pourquoi continuons-nous à nous accrocher à cet espoir qu'un jour, nous nous en tirerons avec un président qui n'a plus la maitrise de ses sens et qui continue à défier tout un peuple avec orgueil et délectation?
Maintenant trop c'est trop ! Le Président Lansana Conté vient de prouver qu'il ne peut plus diriger ce pays, faute d'autorité d'Etat et de compétence administrative. Nous sommes certainement devant un fait accompli qui doit obliger les législations à réviser le code de la Constitution républicaine, pour déclarer la vacance du pouvoir, en cas de défaillance d'aptitude du Président de la République.
Ces avalanches de décrets incongrus dont Lansana Conté fait une arme pour déstabiliser la classe politique et le programme de changement tant souhaité par la population, continuent à étaler leurs effets nocifs sur l'économie de notre pays. Car, à chaque fois qu'il y a remaniement au sein de l'équipe, les nouveaux entrants n'ont qu'une seule idée en tête : bien de se remplir les poches avant qu'ils ne soient rattrapés par le rituel de la révocation. Sûrement, avec un président équilibriste et fluctuant, il faut devoir prendre ses précautions pour se mettre à l'abri des surprises éventuelles. Telle est la position de tous les hauts cadres qui s'attendent à être nommés par décret présidentiel à des postes lucratifs.
C'est au regard de toutes ces incohérences, que le constat sur le terrain nous amène à camper ce pays en péril. Sachant que les faits sont réels et palpables. Et comme la confusion voile toujours la carence et l'indifférence, certains intellectuels refusent de pointer du doit le vieux général qui reste et demeure cependant le seul artisan de cet immobilisme en Guinée.
C'est pourquoi, dans notre analyse, nous en déduirons que si Lansana Conté continue à s'évertuer aveuglement dans cette anarchie, c'est bien dans le souci d'assouvir la gourmandise de son clan et le maintien systématique de son parti (PUP) au pouvoir.
Voilà en gros la cause fondamentale de l'impunité en Guinée. Si le laxisme et l'impunité sont les vrais ennemis du développement, comment peut-on limoger un haut cadre pour faute grave en lui accordant théoriquement un non- lieu, sans qu'il soit poursuivi pour la faute qu'il a commise ?
- SAM SOUMAH, au grand dam des institutions républicaines, falsifie un décret présidentiel, et fait main basse sur les 500 millions de Frs Cfa que constituait la contribution de la République sœur du Sénégal pour le cinquantenaire raté de la Guinée. Il continue à se promener dans les rues de Conakry, comme si de rien n'était.
- IDRISSA THIAM, le démon empaillé de la Présidence détourne à son tour 6 millions de dollars que le Koweït a prêté à la Guinée pour la réalisation de certaines infrastructures, qui ne verront jamais le jour.
- Aujourd'hui, c’est le ministre de l'économie OUSMANE DORE, le fustigeur et l'évinceur de LANSANA KOUYATE. L’homme auquel il n'a alloué aucune reconnaissance pour l'avoir tiré des torpeurs de l'exil.
Pour la petite histoire, le clan Conté a tout joué pour faire avaler à Doré, la pilule de la haine et l'opposer à son mentor. Devant toute une panoplie de promesse à vitrine teintée, il ne s'apercevra de rien, oubliant que Lansana Conté n'a pas d'amis sûrs si n’est son fauteuil et son
orgueil. Aujourd'hui, Ousmane Doré est victime de ses propres manigances.... Il vient d'être débarqué avec un chef d'accusation qui laisse des zones d'ombre dans la répartition des 20 milliards de fg entre les différentes structures d'organisation de la fête nationale. Une fête qui, d'ailleurs, oblige plusieurs compatriotes à se poser la question de savoir comment l'argent a été géré ? Pour ne pas compromettre la transparence et éviter d’attirer l'attention des observateurs du monde entier, il faut obligatoirement faire la lumière sur la façon dont la gestion a été effectuée.
On retiendra que depuis l'annonce du cinquantenaire par l'ex Premier Ministre, la Guinée a bénéficié de pas mal de contributions de la part des pays membres de la CDAO et d'autres pays amis, pour l'honorer de son titre de premier pays revendicateur des indépendances africaines. Le mieux pour notre nation et pour les institutions républicaines, serait donc de faire en sorte que les pays qui ont accepté de partager cet instant de bonheur avec nous, ne soient pas déçus par manque d'autorité et de capacité de l'Etat guinéen. C'est pourquoi, tous ces dilapideurs de deniers publiques, tous ces cadres véreux devraient être poursuivis en vue de mettre fin à cette débandade économique.
Où sont passés tous ces cadeaux symboliques ? Ces contributions ont-elles été présentées à la population ou à l'Assemblée Nationale ? Que font LAMINE SIDIME ET ABOUBACAR SOMPARE, si réellement ils ne sont pas complices de ces prédateurs économiques de grand chemin ?
A tout point de vue, ces deux hommes ne représentent plus aucune valeur politique en guinée ! A partir du moment où ils ne peuvent rien contre les irrégularités qui ternissent l'image de notre pays. Pour étouffer les exactions, ils rangent tout en un seul paquet pour se mettre gratuitement derrière les discours purement techniques, à fin de soudoyer ainsi cette population affamée et analphabète, qui ne pense qu'à sa survie et à ses besoins quotidiens de services sociaux de base.
SEUL DIEU SAUVERA LA GUINEE. '' WAN LAHI ALLA'' !
Bengaly Gassama
pour www.guineeactu.com