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Le Premier ministre guinéen Kabinet Komara a déclaré vendredi à Conakry, plus d'une semaine après la tentative d'assassinat du chef de la junte, que les négociations interguinéennes devaient "continuer" à Ouagadougou mais que les deux parties devaient faire des "concessions".
"Les négociations doivent continuer dans un esprit qui tienne compte du contexte actuel (...), a déclaré le chef du gouvernement, alors que le N°1 du régime, le capitaine Moussa Dadis Camara, est toujours hospitalisé au Maroc.
Selon M. Komara, "il doit y avoir des concessions de part et d'autres sinon c'est tout le peuple de Guinée qui restera tenu en otage".
Il faut "faire en sorte que chacun comprenne que c'est l'intérêt supérieur de la nation qui doit prévaloir (...)", a-t-il insisté devant des journalistes, à la sortie d'un entretien avec le général Sékouba Konaté, ministre de la Défense et chef de l'Etat par intérim, à l'état-major de la gendarmerie.
"On ne doit pas aller à la négociation avec la volonté absolue de n'imposer que son point de vue", a ajouté M. Komara, semblant s'adresser à la coalition d'opposition des Forces vives (partis, syndicats, société civile).
Le chef du gouvernement, nommé il y a un an par les militaires putschistes, a affirmé que son entretien avec le général Konaté avait porté sur la composition de la délégation qui participera, dimanche à Ouagadougou, à la réunion du groupe international de contact sur la Guinée.
"Je voudrais que la Guinée réaffirme (durant cette réunion) tous ses engagements internationaux", a-t-il dit.
Le Premier ministre a ainsi démenti les propos du ministre secrétaire permanent de la junte, le colonel Moussa Keïta, qui avait affirmé mardi que la junte "suspendait" sa participation aux négociations "jusqu'au retour" au pouvoir de son chef.
Le N°1 du régime avait été blessé à la tête, le 3 décembre, par son aide de camp, qui avait ouvert le feu sur lui, dans un camp militaire de Conakry.
Le Premier ministre a aussi démenti l'idée d'une implication française dans l'attaque contre le chef de l'Etat guinéen.
A la question "Est-ce que vous voyez derrière l'attentat de jeudi la main de la France?", il a répondu: "personne n'a officiellement dit que la main de la France est derrière. Officiellement, ce n'est pas la position de la Guinée".
Il récusait ainsi les propos du ministre chargé de Communication à la présidence, Idrissa Chérif, qui avait accusé, dans différents médias, le chef de la diplomatie française et des "services français" d'avoir voulu "préparer un coup d'Etat" en Guinée.
AFP / 11 décembre 2009
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