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Le 18 octobre dernier, les ayant-droits des victimes du premier régime ont commémoré au camp Boiro, car il s’agit de mémoire, la mort des leurs. J’aurai dû ou pu faire partie de cette cérémonie, comme membre de la famille de quelqu’un qui a été fusillé à Kankan, cette même nuit d’Octobre 1971. Il s’agit de mon oncle Bakary Camara. Mais je n’ai pas fait le déplacement, étant entendu que jusqu’aujourd’hui, je n’ai pas encore adhéré á cette organisation au slogan « Plus jamais çà ! ». Pour deux raisons : Premièrement, cette organisation n’a jamais pris en considération les victimes du régime du président Conté, pour faire de leur lutte une qui soit conforme à leur slogan : « Plus jamais çà ! ». Ma deuxième raison est la présence dans l’organisation de ceux qui ont justement « fait çà encore », quand ils en ont eu l’occasion. Les Fasciné Touré, par exemple, ont préféré les exécutions sommaires, comme au temps du PDG, à une justice en bonne et dû forme. En d’autres termes, ils ont préféré la vengeance à la réconciliation. Même s’il est vrai que bon nombre des exécutés étaient coupables de crimes, cela ne justifierait pas que justice leur soit déniée. Mais tel n’étant pas mon propos d’aujourd’hui, je reviens á mon sujet du jour. Un certain nombre de choses ont retenu mon attention dans cette cérémonie : Le courage politique devant l’histoire de Mr Boubacar Barry dit « Petit Barry », qui aurait fait pleurer toute l’assistance, en évoquant les souvenirs de son passage au Camp Boiro. Profitant de cette cérémonie, Petit Barry a présenté ses excuses au peuple de Guinée car, « c’est vers la fin dit-il que nous nous sommes rendu compte qu’on servait, non pas un peuple mais un homme ». Mr Barry qui était directeur du Bureau de presse á la Présidence sous Sékou Touré, et grand éditorialiste de la voix de la révolution, avoue avoir donné les noms de « Responsable suprême de la révolution et commandant en chef des forces armées » au président Sékou Touré. Cela change-t-il son statut de victime du régime de Sékou Touré ? Absolument pas ! Mais aussi, son passage au camp Boiro l’absout--il de tout pêché d’avoir contribué á faire de son président un dictateur ? Je crois que lui même est d’accord que non. D’où ses excuses au peuple de Guinée. Toutefois, pour avoir reconnu sa part, si minime soit-elle, dans ce qui est arrivé en Guinée, c’est déjà un pas honorable vers le dialogue national. Les auteurs des expressions comme « Syli Sékou, votre intelligence d’éléphant, homme peuple, etc. » vont ils avoir le courage de s’avancer, comme l’a fait Mr Barry ? Le deuxième fait qui, à mon sens, mérite sinon une réflexion, mais tout au moins une réaction, est non seulement la présence de Fasciné Touré á cette cérémonie, mais aussi et surtout, sa déclaration sans ambages. Je le cite : « Je suis convaincu qu’il y a jamais eu de complots. Tous les complots dont il s’agissait, étaient des complots imaginaires » fin de citation. Le troisième fait historiquement plus grave et intolérable, est la sortie de Bah Oury, le fameux ministre de la réconciliation du gouvernement de Souaré qui, avec une totale ignorance de l’histoire et de son jugement, a eu l’arrogance et même l’outrecuidance, avec une légèreté déconcertante, de demander pardon, s’il vous plait au nom de l’Etat guinéen « aux familles des victimes assassinées dans les geôles du régime Sékou Touré ». Voici le verdict sans discernement des sieurs Touré et Bah. Le premier á la place des historiens et le second á celle du Chef de l’Etat, seul habilité à décider de telles choses, non sans conditions. Pour qui se prennent-ils donc, ces messieurs, pour se substituer á l’Histoire et fouler au pied ce droit fondamental qui revient exclusivement au Peuple de guinée ? Seul ce peuple pourra décider souverainement, quand il se sera donné les moyens de comprendre ce qui s’est réellement passé en Guinée. Ces messieurs rendent leur misère de jugement alors que, même pas un seul historien ne s’est encore penché sur le sujet. Preuve que le débat est encore confus, si le Premier ministre et son ministre de la réconciliation ne savent même pas ce que revêt la notion de réconciliation. La décision de présenter des excuses ne peut relever d’un ministre, fusse-t-il appelé « celui de la réconciliation ». Et une toute autre opportunité que cette cérémonie, serait d’ailleurs mieux indiquée pour le faire. La salutaire action de Mr Barry dit Petit Barry m’amène à soumettre pour réflexion, les cas de ceux qui ont d’abord servi la révolution à un certain niveau, avant d’en être des victimes. En d’autres termes, tenter de comprendre si, avoir été emprisonné ou avoir perdu sa vie dans les prisons du président Sékou Touré, pourrait laver le ou les victimes de toute culpabilité ? Dieu sait que les victimes de la Révolution sont nombreuses mais, pour cet article, je m’attarderai sur les cas de deux personnalités imminentes du système Sékou Touré. Deux cas qui me paraissent assez symptomatiques de la situation. - Fodéba Keita : Cette personnalité était ce qu’on pouvait appeler un homme accompli quand la guinée accédait à l’indépendance. Il avait les moyens, comme on le dit couramment, et surtout, il croyait en la nouvelle république, au point d’offrir son immeuble, une propriété privée à Paris, pour en faire l’ambassade de Guinée en France. Devenu Ministre de la défense, de l’intérieur et de la sécurité, Fodéba Kéita sera un adepte d’un Etat fort et d’une administration disciplinée. Non seulement le personnel de son ministère était au complet à l’heure du travail, mais il passait en revue, personnellement, la tenue vestimentaire des membres de son cabinet pour être sûr, entre autres, que les chaussures étaient bien cirées. C’est Fodéba Kéita qui créa l’école nationale de la police et envoya les premiers boursiers de cette institution en Europe. L’armée n’a jamais été aussi disciplinée que sous Fodéba. Il a crée cette institution et en a érigé les premiers fondements. C’est lui qui construisit le Camp Alpha Yaya, des mois avant le délai prévu. Fodéba fut donc, l’un des architectes de la structuration du nouvel Etat, abandonné à la naissance par la France. Mais au-delà de ces quelques bonnes actions pour la République, parmi tant d’autres, l’Histoire retiendra en même temps, que le Camp Boiro est l’œuvre de Fodéba Kéita. Il aura planifié et exécuté la reconversion de ce camp. Et selon des témoignages, le jour où il a présenté sa nouvelle réalisation au président Sékou Touré, celui-ci lui aurait demandé, comment un être humain pouvait vivre dans un tel environnement ? Et Fodéba Kéita de répliquer : « Président c’est çà l’Etat, chacun d’entre eux en a comme celui-ci ». On retiendra également que c’est Fodéba Kéita qui a maté ce qu’on a appelé « le complot des enseignants ». C’est sous le magistère de Fodéba Kéita, que les Mamadou Touré dit Petit Touré et autres, ont été arrêtés et exécutés en 1965, dans le complot qui a porté le nom de ce dernier. Des rafles de chômeurs sous prétexte de mettre fin à l’exode rural dont plusieurs victimes disparurent, s’effectuaient sous les ordres de Fodéba Kéita. Mais en définitive, Fodéba Kéita finira, lui-même, en Mars 1969, victime de ce qu’il a contribué á mettre sur pied, c’est à dire le système de Sékou Touré. - Diallo Telly est la deuxième personnalité qui retient mon attention. Cet intellectuel de grande envergure, s’est mis á la disposition de son pays la Guinée, dès son accession á l’indépendance. Diallo Telly fut le premier ambassadeur de Guinée aux Nations Unies. A la création de l’Organisation de l’Unité Africaine, Sékou Touré qui avait incontestablement un grand prestige au niveau du continent africain n’aura aucune difficulté à obtenir le Secrétariat général de la nouvelle organisation, qui était en fait, un poste statutaire ne pouvant revenir qu’aux Etats. Diallo Telly, l’homme à la bonne place et au bon moment, était tout désigné pour occuper ce poste. Il sera ainsi désigné par le président Sékou Touré, et accepté par ses pairs à la tête de l’organisation, le 10 Juillet 1964, par élection. Diallo Telly fera du poste de Secrétariat général de l’OUA, un poste prestigieux comme il ne l’a jamais plus été. Il fera de la décolonisation du continent son cheval de bataille et mènera cette lutte avec brio, intelligence et une maîtrise de diplomate hors pair qu’il s’était avéré être. Le premier choc entre Diallo Telly et Sékou Touré aura lieu après le renversement de Kwamé Nkrumah, le président du Ghana, en Février 1966. Sékou Touré qui voyait toujours en Telly, son ambassadeur á l’OUA, s’est cru suffisamment armé pour demander á ce dernier, de tout faire pour ne pas faire accepter les nouvelles autorités ghanéennes á la session suivante de l’organisation panafricaine. A ce propos, une lutte féroce s’était engagée (guerre froide oblige) entre le groupe des pays dits progressistes, appelés aussi le groupe de Casablanca, dont la Guinée et le groupe des pays dits modérés (groupe de Monrovia) pro-occidental. Contre toute attente, Diallo va s’écarter des positions politiques du groupe des progressistes dont la Guinée. Il appuiera la position des modérés et ce camp, fortement soutenu par l’occident, triomphera, permettant ainsi à la junte tombeuse de Nkrumah d’être reconnu et de siéger comme représentant légal du Ghana. Cet échec a été ressenti par le président Sékou Touré comme un défi personnel. Cela se justifiait d’autant plus que, non seulement le Secrétaire général de l’OUA était son représentant, donc supposé appartenir au camp des progressistes, mais le président ghanéen déchu était en exil en Guinée. Diallo Telly qui avait marqué l’organisation panafricaine de son emprunt personnel a été ainsi perçu par Sékou Touré, comme quelqu’un qui a manqué à son devoir de servir une cause noble. (Tout faire pour réinstaller Nkrumah, en commençant par faire boycotter ceux qui l’ont renversé.) Toutefois et malgré ce froid entre les deux, Diallo Telly continuera à faire presque l’unanimité autour de sa personne. Car les pays modérés qui le soutenaient, étaient devenus plus nombreux entre-temps suite aux coups d’Etats qui avaient renversé des présidents dits progressistes (en Algérie avec Ben Béla, au Mali avec Modibo) etc. Diallo Telly pourra ainsi se faire réélir pour un deuxième mandat, presque sans opposition, mais avec peu d’enthousiasme de la part du président Sékou Touré. Mais, à la fin des deux mandats de la Guinée en 1972, c’est le président Ahmadou Ahidjo du Cameroun qui annoncera à Diallo Telly, que les chefs d’Etats ne souhaitaient plus renouveler son mandat pour une troisième fois, et que le Cameroun va postuler pour le poste. Diallo Telly a cru un moment que ses qualités personnelles auraient suffi pour briguer un troisième mandat. Naturellement il ne l’obtiendra pas car sa candidature n’avait pas été soutenue pour un troisième mandat par le président Sékou, qui n’avait plus besoin de lui à la tête de l’organisation, pour cause de disparité entre leurs visions politique. Les pays modérés qui avaient en quelque sorte forcé la main de Sékou pour son deuxième mandat, n’avaient non plus besoin de ses services, étant en nombre suffisant pour se donner un nouveau secrétaire général, sorti de leurs rangs. Diallo Telly en tirera un ressentiment profond. Il opposera même une certaine résistance à céder le poste et entreprendra certaines manœuvres auprès de certains pays. Ce qui n’était pas de nature à plaire à son patron qui en a gardé une certaine rancune. Retenons toutefois que pendant que Diallo Telly était à la tête de l’organisation panafricaine, plusieurs exactions eurent lieu en Guinée. Le coup petit Touré et autres Jean Farangué, avait été réprimés. Le Coup dit Kaman-Fodéba était passé. Le débarquement ou l’agression du 22 Novembre.1970 (terminologie quand tu nous tiens !) avec son cortège de pendaisons et d’exécutions, n’était pas encore entré dans les anales de l’histoire. Diallo Telly usera, à l’époque, de tout son talent de diplomate pour faire accepter par les pays membres de l’OUA que la Guinée avait été victime d’une agression de la part du Portugal. L’O U A demandera et obtiendra la condamnation unanime du Portugal par les Nations Unies. La Guinée doit, en bonne partie, cette victoire diplomatique à son fils de Secrétaire général de l’O U A. Ceci, ne serait-il pas logique d’affirmer qu’en dépit de tout, Diallo Telly était sensé en savoir assez sur la nature dictatoriale du régime de son pays ? La radicalisation du régime de Sékou Touré était une réalité patente en 1972. Mais de mémoire de guinéens, Diallo Telly n’a jamais levé le petit doigt, en aucun moment et en aucune circonstance, pour désapprouver ce qui se passait en Guinée. Pas la moindre protestation, à ce que je sache. Même en des termes diplomatiques ! Sa stature internationale lui permettait pourtant d’être la voix des sans voix pour dénoncer la dictature. Et en cas, il n’aurait eu aucun problème à se trouver un point de chute dans les sphères des Nations Unies, qui aurait mieux fait usage de son expérience à la tête de l’organisation continentale. Pire, il commettra le « crime d’initiés » en acceptant d’être Ministre de la justice populaire du dictateur en 1972 et Inspecteur politique du Parti, le PDG. Il donnait même, en ses temps libres, des cours de droit constitutionnel à l’université de Conakry. A un moment où le système judiciaire de la Guinée ne reconnaissait même pas la fonction d’avocat défenseur. Impardonnable pour un juriste de sa formation, un fonctionnaire internationale de son calibre, un homme de son expérience et de son intelligence ! Et si nous faisions usage des statistiques virtuelles des « 50.000 assassinés dans les geôles de Sékou Touré », il serait probable qu’au moins 45.000 étaient déjà morts avant que Diallo Telly n’acceptât son poste de ministre. Difficile de nous convaincre, que le ministre de la justice qu’il était n’avait pas remarqué un tel nombre de morts. Il occupa pourtant ce poste pendant 4 ans. Jusqu’en 1976 lorsqu’il sera victime, lui aussi, du système qu’il a couvert et servi en dépit de tout. Fodéba Kéita et Diallo Telly, pour ne citer que ces deux, sont non seulement des victimes de la Révolution, mais ils portent une part de responsabilité considérable dans ce qui est advenu à tant d’autres fils et filles de la Guinée. Allons-nous donc, connaissant tout cela, continuer pour autant à les blanchir de toute participation à la Révolution ? Si nous sommes sérieux, là encore, le débat mérite clarification. Ainsi vu, ce qui est important aujourd’hui, à mon humble avis, est que pour avoir vécu, souffert, joui et espéré ensemble, les Guinéens ont, dans le passé, un héritage de gloire et de regret à partager et un même devenir à construire. Voilà ce que l’on devrait comprendre malgré la diversité des ethnies et des langues, ou peut-être, grâce cela. La nation guinéenne, comme toute autre nation, est une grande solidarité constituée par la valeur sentimentale des sacrifices qu’on a faits et de ceux qu’on est disposé à faire encore. Elle suppose un passé commun et se résume pourtant et surtout, dans le présent par un fait tangible : le consentement, le désir clairement exprimé de continuer la vie commune. A analyser donc la situation guinéenne, les ingrédients pour former une nation semblent exister. Toutes les composantes ont la volonté de vivre ensemble. Cette volonté est en définitive, le seul critérium légitime auquel il faut toujours se référer. Je répugne un peu cette notion de réconciliation, pour la simple raison que les parties n’ont jamais été en conflit. Ce que nous pouvons faire, c’est d’avoir un dialogue national pour justement éviter que les rapports entre les composantes de la nation ne se détériorent. Le consensus semble se dégager, pour y arriver, sur la nécessité de passer en revue les 50 ans de notre indépendance. Et à ce niveau, deux choix s’offrent à nous. Le premier serait de faire le procès des deux régimes. Dans ce cas, il ne nous reste qu’à désigner les procureurs, les accusés, les victimes et les bourreaux. Cet exercice a été rendu difficile par l’actuel régime qui, malgré qu’il ait eu la possibilité d’offrir une vraie justice au peuple éprouvé de Guinée qui en avait tant besoin, a préféré la vengeance à la justice. Le CMRN a désigné ses « coupables » et ses « innocents », en dehors de toute procédure judiciaire. Il a libéré des membres du gouvernement et du BPN du PDG et fait exécuter de simples gardes du corps, qui savaient à peine lire, sur des critères bassement ethniques. Les personnes susceptibles d’être accusées sont mortes par exécution ou par l’action du temps. Vingt-quatre ans se sont écoulés depuis la fin du régime du PDG. Sommes-nous sûrs qu’il y ait une volonté réelle de la part de ce régime d’organiser ce procès et par ricochet, le sien ? Rien n’est moins sûr. Le deuxième choix qui n’est pas, non plus, un exercice facile mais qui est plus à notre portée que le premier, consiste à procéder à une analyse apaisée de notre passé récent. Dans son ouvrage, Dr. Saliou Camara souligne : Tandis que la diversité des approches est indispensable dans la recherche historique, toute approche consistant à réduire l’histoire à un labyrinthe d’opinions, est fallacieuse. Au risque donc de voir qui que ce soit, pour quelque raison que ce soit, ériger la falsification de l’histoire en méthode légitime de travail, les spécialistes des questions guinéennes doivent travailler à rétablir l’équilibre en recherchant et présentant avec une égale objectivité, les multiples facettes de l’histoire de ce pays. Ceci est d’autant plus important que l’objectivité historique commence par l’aptitude intellectuelle à accorder une attention analytique dépassionnée aux divers aspects d’un problème, aux différentes versions d’un fait, aux multiples séquences d’un événement ou d’un processus, afin d’en tirer une synthèse scientifique (p. 9). Dans cette bataille où seul le peuple peut être gagnant ou perdant, une telle attitude des intellectuels est la seule qui vaille. Et pour cette nécessite d’un débat national, n’est-il pas impératif de donner la parole à tous les acteurs et témoins quelque soient leurs opinions, pour les besoins de clarté dudit débat ? Autrement comme le dit Pr. Baldé, en citant un personnage de Shakespeare, « nos débats ressembleront à « un conte plein de bruit et de fureur raconté par un idiot ». Un dernier aspect qui ne finit plus de me surprendre avec un brin d’agacement, est qu’après cinquante ans, l’on soit encore là, entrain de me dire que l’indépendance de la Guinée est une « bâtarde » dont on doit encore chercher le père. Graves subtilités de la langue française que je reconnais ne pas bien parler d’ailleurs. Houphouët BOIGNY est le père de l’indépendance de la Côte D’Ivoire. Kwamé Nkrumah est incontestablement celui du Ghana. Patrice Lumumba est le héro de l’indépendance du Congo. Jomo Kenyatta a conduit le Kenya à l’indépendance. Modibo Keita est le père de la République du Mali. La liste est si longue !!! Ces héros ont-ils été seuls à mener leurs pays respectifs á la souveraineté ? Non ! Ils étaient tous, entourés d’hommes et de femmes partageant les idéaux nobles de liberté et de dignité pour leurs peuples. Pour autant, ils ne peuvent pas être tous et toutes pères et mères d’une même et unique fille, l’indépendance. Ces braves combattants de la liberté ont un autre nom, tout aussi honorable : « Compagnons de l’indépendance ». Ma grand-mère en était une. Un quartier de Kérouané porte son nom. Belle reconnaissance, sans fausse modestie, soit dit en passant. Comme l’a dit l’autre, Sékou Touré n’est dans l’absolu, ni le héros que ses hagiographes magnifient, ni le tyran au « cinquante mille tués », que ses adversaires accablent. Retenons une chose pour terminer : partout où il y a un déficit de débat, il y a un potentiel de combat. Je n’ai pas de prémices mais quelqu’un, pourtant plus jeune que moi, m’a enseigné que l’arme la plus redoutable du Diable est de faire croire qu’il n’existe pas. Amadou Damaro Camara pour www.guineeactu.com
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