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Oui, il est confus et parfaitement confus par précisément ceux qui posent la question dans ces termes, y compris toi mon frère Amadou Damaro Camara. Mais, rassure-toi, tu n'es pas seul, je suis seulement surpris de ta fréquentation assidue dans ce cénacle. Il s'agit souvent de gens qui ont été nourris au nectar de la culture du PDG, même s'ils ont commencé à apprendre le B.A.B.A. de la politique après la chute de ce parti. Un des sacrements de cette culture est tout simplement qu'un et un seul imam ou prêtre (c’est selon) officie et c'est à l'unanimité que l'assistance doit répondre d'une seule voix : AMEN ! .Aujourd'hui, les adeptes de cette culture se sont trouvés par la force des choses dans un environnement de pluralité d'opinions. La transition est dure, mais c'est le temps, il faut faire avec. Ils s'y sont donc mis à cette dure réalité du pluralisme, en construisant dans toutes leurs interventions sur les cinquante années de la gestion de la République de Guinée, un échafaudage qu'ils veulent rigoureusement en équilibre ; Mais c'est très souvent à un équilibre boiteux qu'ils aboutissent. Ils ne trouvent cependant leur ressort et leur confort psychologiques que dans cette recherche. Et comme des zombis, ils s'accrochent au mot vérité qui n'a pas le même sens pour tout le monde. Et dès que quelqu'un met le doigt sur le nœud du mal qui continue, depuis cinquante ans, de ronger notre pays, c'est-à-dire l'organisation criminelle du PDG et son chef Sékou Touré qui ont engendré l'organisation mafieuse de la République de Lansana Conté; il ne peut s'agir pour eux que de haine pour avoir proférer un tel jugement. A mon avis, ce qui a manqué à la Guinée pour s'être trouvée dans la situation qui est la sienne aujourd'hui, c'est beaucoup de femmes et d'hommes éprouvant ce type de haine contre ceux qui les ont conduits dans l'impasse actuelle. Il faut que les Guinéennes et les Guinéens se débarrassent des faux mythes du Père fondateur de la Nation mais qui n'a pas laissé de nation viable au sens actuel du terme. Pour construire le moindre petit pont de bois en 2008, la Guinée a recours à des étrangers. Il faut se débarrasser de tous les mensonges entretenus par des cliques et leurs plumitifs qui profitent, sans état d'âme se la misère généralisée des Guinéens en leur promettant toujours des lendemains meilleurs. Il se trouve même dans ce camp des thuriféraires de la Première République qui n'ont dû leur salut qu'en fuyant à l'étranger, ont fini par s'y installer durablement, y ont pris la nationalité, sont des fonctionnaires et continuent tout de même à se présenter en défenseurs de l'ancien dictateur. Allez savoir... La confusion dont parlent certains parmi ceux-ci vient de l'énorme brouillard entretenu par eux et qui couvre la Guinée depuis des années. Des Guinéens appliquent consciemment ou inconsciemment à notre pays des perceptions qui ne lui correspondent pas. Ils se placent dans l'optique d'une Guinée indépendante (l'indépendance vraie est relative, chacun le sait) et ils raisonnent comme si tous les ingrédients d'un Etat indépendant y étaient réunis. Ils se trompent et trompent tous les autres. Je dis plus haut qu'il faut se débarrasser des faux mythes et leurs commis aux écritures qui continuent à engluer les Guinéens dans la mélasse. Il faut renverser la fausse légende d'un Père de la Nation qui ne nous a laissés que dans la mouise. Il faut renverser la fausse légende que notre pays a été celui qui a terrassé l'empire colonial français. Ceste un mensonge pour maintenir les Guinéens dans l'obscurantisme. J’ai déjà, plus d'une fois, rappelé ces faits, pour que les jeunes générations de Guinéens deviennent, dans le monde d'aujourd'hui, des hommes et des femmes éclairés. Sur ce point du rôle de Sékou Touré dans le démantèlement de cet empire, je vous renvoie à mon article sur sites autour de 2-3 avril 2008,"Les mythes ont la vie dure". Il n'ya pas d'étanchéité entre ce contexte passé et les problèmes de la Guinée d'aujourd'hui. Tout se tient. Nous sommes passés sur la période 1958-2008, du règne de Sékou Touré à celui de Lansana Conté. Des ignominies sur le peuple guinéen ont couvert cette période. Je suis surpris, au regard de ce que je sais maintenant du reste du monde, de la manière dont certains évacuent tout le mal subi par L'HOMME DE GUINEE et leur empressement pour l'oubli et le pardon avec à la clef l'établissement d'un équilibre entre les deux Républiques. Macabre équilibre et encore macabre comptabilité! Certes, cette opération doit intervenir pour l'histoire de la Guinée mais pas à la légère. D'une manière ou d'une autre, la source de ces malheurs des Guinéens, c'est l'ignoble système construit à partir de 1958 et dont les variantes ont toujours cours, peut-être pas avec la même férocité que le régime originel. C’est sur ce point que les survivants et descendants de ce régime satanique parlent volontiers de haine quand ces réalités sont soulevées. Et tant qu'on minimisera les crimes de sang perpétrés en Guinée de 1958 à 2008, il planera sur ce beau pays, que vous y croyez ou pas, une Malédiction qui ne lui permettra pas de prendre son envol vers le progrès humain, à la satisfaction de ceux profitent de l'état en cours des choses. En toute clarté, tous les Guinéens (nes) qui souhaitent vraiment l'apaisement social dans notre pays (je ne dis pas réconciliations car nos compatriotes n'ont pas de contentieux de taille entre eux), doivent nettement se démarquer de ceux que nous considérons comme responsable de notre malheur national. Ceux de nos compatriotes qui insistent sur des mots comme VERITE, dans un contexte étatique où ils étaient acteurs ou proches des acteurs ne me paraissent pas crédibles. Cela a comme une odeur d'autodéfense. C’est le cas notamment de MM. Galéma Guilavogui et Baldé Souleymane dans les textes qu'ils ont publiés. Même si le premier nommé a été ministre et le second fonctionnaire, ce n'est pas à leur niveau qu'un jugement de l'histoire de la Guinée se situerait mais au niveau du système politique. C'est d'ailleurs, et tout le monde le sait, la raison pour laquelle Lansana Conté qui était déjà bien placé dans le Parti-Etat de Guinée n'a jamais voulu entendre parler de procès du système du PDG. Mais Lansana Conté passera comme tout un chacun, la Guinée sera toujours là. Ceci dit, on ne peut qu'être d'accord avec tous ceux qui recherchent un apaisement politique et social. Tous ceux-ci doivent franchement prendre leur distance avec les deux Présidents que notre pays a eus depuis cinquante ans. Ils ne nous ont pas rendu, en tant que nation, des services qui nous les attachent pour toujours. Cette prise de position réunira les Guinéens. Ansoumane Doré, Dijon, France pour www.guineeactu.com
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