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Dans son dessein machiavélique Lansana Conté ne s’est pas trompé de casting avec la devise bien connue des tyrans « après moi le déluge » dans la mise en œuvre de son dernier scénario APOCALYPSE NEW, que ses héritiers du CNDD jouent aujourd’hui.
Pourtant les Guinéens croyaient naïvement en avoir fini avec la médiocrité et le crime. Hélas ! C’était sans compter sur le vol de sauterelles alliant l’incompétence la plus absolue au cynisme le plus effronté, par l’organe dirigeant du pays [baptisé pompeusement « CNDD » (Conseil National pour la Démocratie et le Développement)] et qui tente par tous les moyens sordides de mettre à feu et à sang la Guinée, après tant d’années de souffrance.
Il ne fait plus l’ombre d’un doute que le chef de la junte et ses argousins sont aux abois et prêts à toutes les ignominies pour confisquer le pouvoir, quitte à « somaliser » la Guinée, qu’il considère désormais comme une opportunité tombée du ciel, pour satisfaire leur insatiable boulimie de pouvoir et d’argent comme l’a si bien écrit mon ami Sy Savané. Parce qu’il est révoltant de constater qu’en moins d’un an d’exercice du pouvoir, par le CNDD et ses nervis, la Guinée reste encore écartelée entre l’anarchie, la misère et l’insurrection.
Dans cette chienlit généralisée le chef de la junte se pare de la tenue d’un refondateur infatigable qui fait tout et rien à la fois. Il doit être au courant de tout, il légifère à sa guise, emprisonne et libère sans aucun jugement en invectivant et en humiliant. Pour parvenir à ses fins, il s’est entouré d’hommes à son image suant la démagogie et la bassesse.
La Kleptocratie des prébendes continue invariablement et rien ne peut l’empêcher. Ainsi, Moussa Dadis avec énergie et opiniâtreté utilise l’Etat comme une immense machine à distribuer des situations, des revenus, des avantages matériels, des positions de pouvoir, des satisfactions d’amour-propre, des instruments d’enrichissement, des voyages coûteux et des distinctions honorifiques etc.…
Cette dépravation met en évidence les velléités dictatoriales du CNDD. On peut donc aisément se rendre compte, que le chef de la junte correspond en tout point à l’individu décrit par Sako Kondé dans son best seller « La Guinée le Temps des fripouilles » -: « Un naufragé culturel entre les mains duquel une conjoncture historique a fait tomber le pouvoir, et qui, depuis, l’exerce sans frein d’aucune sorte ».
Désormais, il est clair que cette junte au delà de la simple jouissance illégale de l’argent public, la constitution illégale de fortunes dues à la prévarication et à la corruption, n’a pour seule ambition aujourd’hui, que la confiscation du pouvoir [quoi qu’il en coûte].
Mais les citoyens [même les admirateurs zélés du CNDD] ne sont pas dupes, car ils ont compris que le « Messie » Moussa Dadis, leur sauveur est tout simplement un extincteur de tout processus de développement et d’épanouissement du Guinéen. Les notions élémentaires de Démocratie et le Développement n’existent même pas dans son imagination.
Ses sorties médiatiques incontrôlées, son culte de la personnalité, son orgie de la propagande médiatique empruntées aux techniques de pouvoir, de communication et de domination de type nazi, font incontestablement froid dans le dos. C’est tout simplement un totalitarisme de facture stalinienne [qui s’est assigné comme objectif principal d’anéantir coute que coute les forces vives, qui sont aujourd’hui à l’avant-garde du combat]. Mais que cette opération planifiée [malgré ses conséquences tragiques en sachant que l’exaspération des populations est à son comble] soit exécuté sans rencontrer d’obstacle au sein de l’armée, dénote s’il en était besoin de l’état de pourrissement de cette grande muette. Pourtant, le CNDD n’ignore probablement pas, que l’histoire n’offre pas d’assurances tous risques. A l’avenir, les Guinéens sont déterminés à extirper de leur pays, les maux qui le rongent et sont résolus, à en finir avec cette horde de fripouilles, sortis du nulle part. Désormais, il faut résister par tous les moyens, pour sonner de toute urgence le glas du CNDD afin de sauver la Guinée du naufrage.
On s’achemine donc inexorablement vers un affrontement entre civils et militaires, puisque les Guinéens sont décidés à en finir avec toute forme de tyrannie en évitant les erreurs du passé. La question fondamentale de savoir si, au départ le Capitaine DADIS était animé de bonnes intentions est depuis longtemps dépassée et est même devenue dérisoire. Reste qu’après avoir échoué à une tâche, qu’il n’était d’ailleurs pas à mesure d’assumer, DADIS veut briser les Guinéens en tant que peuple, par son criminel jeu tribal. Il faut donc empêcher le chef de la junte [sorti des ténèbres du système prédateur de Lansana Conté où il était terré] de poursuivre son honteux destin. La seule exigence, c’est la capitulation pure et simple du Capitaine DADIS et de ses soutiens. Pour cela, nous devons au péril de nos vies, aller le sortir de son trou à rats au camp Alpha Yaya Diallo. Il y va de l’intérêt supérieur de notre pays.
Pour mémoire, dans la tourmente des douloureux évènements de janvier et février 2007, les Guinéens exigeaient le départ de feu Conté, qui avait menacé les forces vives en ces termes : « Je suis un militaire, je n’ai jamais perdu une guerre je vous tuerais tous ». Mais, on connait la suite, sous les ordres de Dadis, Sékouba Konaté, Moussa Kéita et autres, Claude PIVI s’en était donné à cœur joie en massacrant des centaines d’adolescents dont le seul tort, était de vouloir vivre dans la dignité et la liberté. Plus les jours passent, plus on s’achemine vers l’épilogue du dernier acte de la tragédie guinéenne. Le Capitaine DADIS l’a si bien compris que ses réactions sont celles d’un tyran poltron fini, d’un criminel sans alibi, ni alternative.
Mais quand la révolte justifiée [qui est un fait social] déferlera dans les rues de Guinée, et qu’ils s’apercevront que la marée monte et que la déferlante est inévitable et qu’ils sont déjà encerclés par les flots, alors ils vendront leurs âmes au diable, pour un radeau et prendront la fuite. On a déjà contemplé cet exercice de « sauve qui peut » dans d’autres troubles sociaux. Finalement, ils apprendront à leur dépend que la défense de la liberté est un combat sans trêve.
C’est pourquoi, les forces vives dans leur ensemble aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur du pays ne doivent pas perdre de vue un seul instant l’importance de l’enjeu et ne doivent pas renoncer à la nécessaire résistance aux inévitables tendances oppressives. Sinon, c’est de nouveau l’aventure et la servitude pour notre peuple. Au stade où en est le pays, il est hors de question de négocier avec des groupes CRIMINELS qui n’ont aucune légitimité à se présenter en interlocuteur de qui que ce soit. Le moment est venu de former immédiatement un gouvernement Transitoire d’Union Nationale dont la durée ne peut excéder trois mois.
En un mot, c’est le retour à la case départ et le maintien de notre pays dans le statu quo. Les Guinéens doivent rééditer l’exploit de 1958 en écrivant en lettre d’or, une autre page de notre histoire. Cet autre 28 Septembre 2009, ils doivent prendre le camp Alpha Yaya Diallo [notre bastille] où le pharaon est reclus depuis son imposture, entourée de sa milice ethnique, d’extermination hyper armée. Par conséquent, la date du 2 octobre 2009, doit être d’une part, la fête de l’indépendance et d’autre part, celle de l’éradication définitive de la tyrannie [cette maladie chronique inoculée au pays par l’ange exterminateur, entretenue et aggravée par le Général-trafiquant de drogue que son second couteau DADIS veut pérenniser]. Il faut réussir quoi qu’il arrive, cette échéance inéluctable en restant uni au nom de la Guinée pour la liberté. C’est la seule voie qui vaille pour l’instauration d’un jeu politique ouvert et démocratique qui permettra ensuite de nettoyer en profondeur les écuries d’Augias avec la promotion d’un véritable leadership, sinon nous vivrons la pire des damnations.
Dr Abdoul Baldé (Rouen)
www.guineeactu.com
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