 |
Hyperinflation (3.500 FG la miche de pain, 300.000 FG le sac de riz de 50kgs au dernier passage chez l’épicier), limogeage arbitraire de chefs de quartier et de conseillers communaux, les cambistes viré(e)s (qui fait tourner la blanche à billets ?), les lignes téléphoniques qui jouent aux caprices (vous avez appelé Conakry ces derniers temps ?). Le tout sur fonds de racket d’Etat sous prétexte de recouvrement d’impayés pour ensuite se la couler douce, ‘’foulaphobie‘’ viscérale après le ‘’foulacide’’, gouvernement pléthorique et sur mesure, épée de Damoclès toujours brandie sur la tête des braves commerçants peuhls par l’Etat ethnocentriste d’Alpha Condé, « l’Etat-ulcère », à défaut de nous offrir l’Etat-providence, arbitraire (M Koureyssi Condé entre autres), machiavélisme et politique de diviser pour régner en art de gouvernement, ex-prédateurs de l’économie nationale et apparatchiks de tous les régimes sanguinaires et dictatoriaux que nous avons connus, recyclés. Comme s’il faut croire qu’Alcapone, nos Bernard Madoff, Ali Baba et Ben Laden nationaux, sont de doux anges. Pendant ce temps - que le peuple se meurt - shoppings, strasses et paillettes de luxe à Paris pour la first lady … Et tout d’un coup, je ne puis que laisser libre court aux moult interrogations lancinantes de ce long monologue intérieur qui me taraude sans relâche : Est-ce cela le changement dont nous avons tant rêvé ? Est-ce enfin pour nous la fin de la purge ? Le bout du tunnel ? Finie la traversée du désert ? Finie la galère ? Après toutes ces années de souffrance allons-nous enfin, peuple de Guinée, connaitre un moment de bonheur dans notre existence ? A quand ce changement tant espéré ? Pour lequel il y a eu d’innombrables sacrifices humains : Fodé et Yaguine, nos martyrs de janvier et février 2007, nos victimes (femmes violées, morts et blessé-e-s) du 28 septembre 2009, nos morts de la présidentielle et bien d’autres victimes anonymes encore.
L’état actuel du pays et la succession de rendez-vous manqués en cinquante ans de notre histoire m’ont laissé anxieux sur l’avenir :
-
Cherté sans précédent de la vie sur fonds de « tissu social en lambeaux ».
-
Dépréciation au jour le jour du franc guinéen (2.000.000 FG bientôt les 100 euros !)
-
Démocrates, nous pratiquons la mascarade électorale, sans compter que nous sommes violents et tournons le débat d’idées en prises de position ethniques sans concession.
-
Religieux nous pouvons faire du mal à notre prochain et être sadiques. Comment pouvoir alors aimer Dieu ? Bon Dieu, quant à lui, saura reconnaitre les siens.
-
Intellectuels, nous sommes d’irréductibles ethnocentristes ; loups déguisés en agneaux à la langue de vipère ou de bois en embuscade sur le net.
Patriotisme de circonstance ou tape-à-l’œil.
Nos responsables que nous avons déifiés à nos dépens à force de courbettes et ‘’mamayas’’, se complaisant dans leur position de force temporaire, Alpha Condé en tête, à coups d’arbitraire et discrimination, et font croire que la Guinée leur appartient plus qu’à d’autres Guinéens. Tunisie, Egypte, Lybie, l’apartheid politique, économique et social conduira inévitablement au renversement du despote par les marginalisé(e)s …
Allons-nous enfin comprendre que pour que la Guinée change il ne suffit pas que de changer de président ? Alpha Condé peut-il comprendre qu’on ne peut pas changer un pays par la haine et l’exclusion?
Défection et désertion de l’âme en peine, calvaire du quotidien sans pain, appréhension du lendemain, impasse sociale et sociétale, destruction de l’Etat par l’Etat. Nous poussons le fanatisme ethno-politique jusqu’au ridicule. Comment y sommes-nous arrivés ?
Le changement et nous c’est aussi le bonheur et nous.
J’aimerais cependant croire comme Sam Cooke « a change gonna come ». Un jour le changement viendra bien que :
« C'est trop dur de vivre(…)
Puis je vais voir mon frère
Je lui dis : frère aide-moi s'il te plait
Mais il finit par me renverser
Par terre sur mes genoux
Il y a eu des moments où j'ai pensé
Que je ne resterais pas pour longtemps
Mais maintenant je pense que je suis capable de continuer à vivre
Ca fait un long, long moment que j’attends
Mais je le sais, un changement va arrive
Oh, oui c'est vrai »
Oury Baldé, France Etudiant
www.guineeactu.com
|
 |