mercredi 20 mai 2009
Guinée : Le Capitaine Moussa Dadis Camara à la porte de l’Histoire. Première partie : La résistance aux pseudo-conseillers
Lamarana Petty Diallo

Le Capitaine Moussa Dadis Camara, Président du Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD) et Président de la République, a un déjà  pied dans l’Histoire. Cependant, il y en a qui ne l’entendent pas de cette oreille.

 

Parmi nos compatriotes qui ont une vue étriquée du pouvoir et de la vie des nations, on trouve des opposants à la démocratie, qui ne veulent pas que ce jeune homme à la quarantaine florissante, marque l’histoire de notre pays, autrement que ne l’ont fait les deux premiers présidents. Inutile de revenir sur le sceau que ces derniers ont imprimé aux générations passées, actuelles et futures. Et pour cause ? L’absence de toute démocratie leur a permis de se maintenir par la dictature.

 

Moussa Dadis voudrait s’en démarquer en instaurant un système démocratique dont il serait, sinon le père, du moins le précurseur. Mais que lui conseille-t-on depuis que les anti-Conté et Sékou Touré d’hier se sont érigés en pourfendeurs de la démocratie ? De se cramponner au pouvoir, au risque de sacrifier son avenir politique !

 

Leurs arguments ? La démocratie précipiterait la Guinée dans l’abîme. Exit les cinquante ans d’attente, de dictature, de clientélisme, de torture moral et physique, de viol du peuple dans ce qu’il a de plus cher. C’est-à-dire l’emprisonnement arbitraire et l’exécution de ses filles et fils  ou  leur disparition  sans  sépulture.

 

Guinéennes et Guinéennes qui me lisez, je vous prie de vous joindre à moi et de demander aux soi-disant patriotes de dernière heure, à quel moment et pour quel peuple, la démocratie serait-elle un danger ? Depuis quand serait-elle un mal à éviter ? Un système auquel on préférerait un autre ? Et lequel, si ce n’est la dictature ?

 

Qui ne s’étonne que certains compatriotes soient, quotidiennement, en train de conseiller le CNDD, de tout faire sauf l’instauration de la démocratie ?

 

Leur hantise ? Que ce système politique envié par tous les peuples, ne soit la cause du malheur des Guinéens. Dites-moi, chers frères et sœurs de Guinée, dites-moi donc, une seule chose ! Combien de fois avons-nous été heureux ? Sous la colonisation peut-être ? Sûrement pas ! C’est sous le règne d’Ahmed Sékou Touré ? Je ne crois pas ! Ah ! Je me trompe ! C’est sous le régime du Général Conté ! Bien sûr que non ! Comme beaucoup d’entre vous, je suis de ceux qui n’ont pas trouvé le bonheur durant ces systèmes successifs !

 

Comme le peuple tout entier, j’attends ce bonheur de Moussa  Dadis ! Mais, voilà, il y en a qui disent à ce soldat : démocratie ? Surtout pas ! Rendre le pouvoir aux civils ? Absurdité ! Idiotie ! Pire, suicide ! Propose autre chose aux Guinéens, conseillent- ils ! Ce qu’ils connaissent le mieux depuis 1958, c’est la dictature, semblent-ils dire. C’est elle qu’ils ont subie depuis que la nation existe. Ferais-tu autrement ? Tu seras perdu !

Quelle myopie intellectuelle ? Quelle ineptie de prétendre aimer son pays et déconseiller la démocratie !

 

Ces nouveaux politologues, que dis-je, propagandistes, préconiseraient-ils quelque chose d’autre ? Qu’ils le disent car, à déconseiller la démocratie, il n’y a point d’autre alternative qui ne soit le pouvoir totalitaire ou dictatorial. Qu’ils disent aux Guinéens, quel est le contraire de la démocratie ! Ce mode de pouvoir favorisant l’expression de la volonté populaire ne  s’opposerait-il pas  à cet autre pouvoir abject qui broie le peuple et exile le peu qui en reste ? 

 

Ceux qui sont contre le suffrage universel, doivent clairement indiquer la voie que Dadis et le CNDD devraient emprunter ! Qu’ils osent dévoiler au peuple de Guinée, quel est leur maître-penseur ! Il est temps qu’ils prouvent que la Guinée serait le seul pays au monde où la démocratie est à fuir et à retarder !  Si ce n’est à bannir !

 

Je dis : laissez Dadis accomplir le rêve que les Guinéens attendent depuis cinquante ans !  Ce rêve qui n’est rien d’autre que la liberté d’élire ses représentants, de s’exprimer par les urnes, sans contrainte ni tricherie !

 

Je dis aux adeptes d’un autre mode de pouvoir : ne bouchez pas l’avenir de ce jeune soldat qui fait montre de bonne foi ! J’insiste ! Ne poussez pas Dadis à vouloir imiter la voie empruntée par ses défunts prédécesseurs, et desquels, il voudrait se démarquer ! Il veut faire autrement ! Tant mieux et pour lui et pour nous ! Laissez-le remplir sa mission historique, car un autre choix est quasiment un suicide politique !

 

Nul n’a le droit de laisser Dadis patauger tout seul dans le bourbier dont il a hérité. Il faudrait qu’on le soutienne lorsqu’il exprime sa bonne volonté et qu’on l’interpelle dès lors qu’il voudrait s’écarter de son devoir et de la parole donnée !

 

Nous devons tous savoir qu’une seule personne ne saurait construire une maison. D’où l’intérêt d’associer la CNDD et le gouvernement à l’évolution historique en cours. Tout naturellement, les forces vives qui œuvrent pour une transition apaisée, méritent la même reconnaissance.

 

Il faudrait que (passez- moi l’expression) sans nous prostituer intellectuellement ni politiquement et sans perdre vigilance, que nous reconnaissions la décision de Moussa Dadis comme un acte éminemment historique. Elle doit être appréhendée comme un geste de courage et d’honnêteté, que notre pays n’a jamais connue. Comme tel, elle mérite d’être saluer à plus d’un titre !

 

Enfin,  je puis dire, si l’on ne détourne pas Dadis de sa voie, si les adversaires de la démocratie n’ont pas raison de lui, c’est indubitablement par ce soldat que la Guinée entrera dans l’ère de la démocratie. Si cela se réalisait, les générations futures lui en seront reconnaissantes et lui rendront un hommage mérité.

 

Quant à nous, notre devoir et notre sens patriotique nous commandent de croire sans naïveté ni parcimonie, à la bonne foi de ce militaire et de son équipe. Mais, ne nous trompons pas ! Le chemin n’est pas tout tracé.

Parfois, l’adversaire ou l’ennemi n’est pas celui d’en face. Il peut venir de la cheville, si ce n’est de l’épaule ! Dans tous les cas, tout comme nous, Dadis devrait savoir : « Du miel que nous offrent certains amis ou proches, il peut s’y cacher une abeille qui pourrait nous piquer. »

 

Prenons-en bonne note ! Mais, on peut en échapper, à condition de pouvoir déjouer certains pièges !

 

A suivre deuxième partie : « Le tir à rectifier et les écueils à éviter. »

 

 

Lamarana Petty Diallo

 

Pour www.guineeactu.com                

 

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Vos commentaires
Cécé Loua, jeudi 21 mai 2009
Excellente analyse Mr Petty,ça s`apelle tout simplement du jamais vu.félicitation. Au lieu que les gens se mettent à insulter Dadis ils n`ont qu`à dénoncer les antidemocrates qui tournent autour.ils ont tout fait pour detourner Dadis sur le chemin qu`il a tracé.c`est ce mal qui ronge la guinée.nous vous soutenons dans votre combat. vivement la deuxieme partie.Felicitation et bon courage. Cécé Loua à LOLA
Laure K., jeudi 21 mai 2009
Tout dépend du contenu de ce que vous appelez "démocratie". Que veut le peuple réel: avoir une part de pouvoir dans les décisions qui concernent ses conditions de vie, la vie de sa communauté, de son pays. Il existe des "démocraties" qui organisent ce pouvoir: qui instituent le contrôle en quel que sorte "populaire" à tous les niveaux, ce qu`on appelle de nos jours la "transparence" (ça peut être très simple: l`affichage de tous les emplois de fonds dans une mairie, par exemple, ou le pouvoir de révoquer maire, député, ou même président (Vénézuela) si leur gestion est gravement défaillante. Mais il y a aussi des pseudo-démocraties, des démocraties fictives, de régimes d`oppression qui se donnent le nom de "démocratie" et de "république" et en fait, c`est le gouvernement d`une clique qui ne rend compte à personne et surtout pas au "peuple", qui vole dans le secret le plus total, tout en organisant des "élections" pour mieux se masquer, et tout le monde s`étonne (comme pour la Guinée) de voir d`année en année ledit peuple s`enfoncer dans la misère et le crime. Je crois que la classe politique et civile guinéenne, qu`on n`a guère entendu défendre les pauvres et le peuple sous le long régime défunt, n`inspire plus confiance aux Guinéens --en tout cas, moi, et je ne suis pas la seule, n`a aucune confiance en elle.
Julien Yombouno, jeudi 21 mai 2009
Tant que Dadis ne remanie pas son gouvernement actuel et ses dangereux conseillers dont beaucoup sont des transfuges du régime défunt, rien ne va marcher. Les memes habitudes sont revenues au galop: marches,concerts et spectacles de soutien,flatterie éhontée à Dadis , titres ronflants, hypocrites et infinis pour le chef de l`Etat(capitaine, président, chef de l`Etat, commandant en chef des forces armées...), prières suspectes pour la paix et le bein etre de la Guinée, salamalecs omniprésents,groupuscules de soutien... on n`en finirait pas avec des comportements déviants et déviationnistes de nos démagogues malicieux et malveillants toujours premiers à se faire des meilleures places auprès de chaque gouvernement qui débarque. Comme rien n`est éternel sur terre !
Thierno Diallo, jeudi 21 mai 2009
Si tout le monde comprenait et concevait les choses comme vous,le président "patriote" aurait su à quoi s`en tenir dès le début,mais mlheureusement il est le seul de presque tout ses proches à vouloir accomplir sa promesse et matérialiser le reve de million de guinéens.Prions le Bon Dieu de nous sauver de ces "antidémocraties" qui n`ont pas compris leur propre histoire et qui veulent la revivre.ET a ceux ,je leur dirais "il y a pire que de ne pas réussir,c`est de n`avoir pas essayer" à bon entendeur ,chut...
OUAMOUNO DAVID, jeudi 21 mai 2009
Je m`en rejouis vraiment Mr Diallo, de cet article. Parce que j`ai comme l`impression, que les propos que vous teniez empreintent le chemin par lequel la Guinée pourra en fin connaitre le bonheur.Tenez, à la prise du pouvoir le 23 decembre par le CNDD, les premières declarations de Daddis étaient sincères. Mais dès lors qu`il a commencé a tué moralement ces plus proches collaborateurs, qui n`etaient pas des moindres, sans que ses soi-disant conseillers ne l`en disuadent, les derives et les tatonnements ont connu un envol. ce que Daddis, devrait faire, il doit proceder à une retraite d`une journée sans ses conseillers, mais en compagnie de ses compagnons de prise du pouvoir à l`effet de faire l`etat des lieux, se reconcilier reellement avec Toto, Korka, Idi amin... et decider avec ces derniers des nouvelles orientations à suivre. Le patriotisme n`est pas subordonné à l`obtention de grands diplomes. je le lui conseille vivement!

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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