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Le Capitaine Moussa Dadis Camara, Président du Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD) et Président de la République, a un déjà pied dans l’Histoire. Cependant, il y en a qui ne l’entendent pas de cette oreille.
Parmi nos compatriotes qui ont une vue étriquée du pouvoir et de la vie des nations, on trouve des opposants à la démocratie, qui ne veulent pas que ce jeune homme à la quarantaine florissante, marque l’histoire de notre pays, autrement que ne l’ont fait les deux premiers présidents. Inutile de revenir sur le sceau que ces derniers ont imprimé aux générations passées, actuelles et futures. Et pour cause ? L’absence de toute démocratie leur a permis de se maintenir par la dictature.
Moussa Dadis voudrait s’en démarquer en instaurant un système démocratique dont il serait, sinon le père, du moins le précurseur. Mais que lui conseille-t-on depuis que les anti-Conté et Sékou Touré d’hier se sont érigés en pourfendeurs de la démocratie ? De se cramponner au pouvoir, au risque de sacrifier son avenir politique !
Leurs arguments ? La démocratie précipiterait la Guinée dans l’abîme. Exit les cinquante ans d’attente, de dictature, de clientélisme, de torture moral et physique, de viol du peuple dans ce qu’il a de plus cher. C’est-à-dire l’emprisonnement arbitraire et l’exécution de ses filles et fils ou leur disparition sans sépulture.
Guinéennes et Guinéennes qui me lisez, je vous prie de vous joindre à moi et de demander aux soi-disant patriotes de dernière heure, à quel moment et pour quel peuple, la démocratie serait-elle un danger ? Depuis quand serait-elle un mal à éviter ? Un système auquel on préférerait un autre ? Et lequel, si ce n’est la dictature ?
Qui ne s’étonne que certains compatriotes soient, quotidiennement, en train de conseiller le CNDD, de tout faire sauf l’instauration de la démocratie ?
Leur hantise ? Que ce système politique envié par tous les peuples, ne soit la cause du malheur des Guinéens. Dites-moi, chers frères et sœurs de Guinée, dites-moi donc, une seule chose ! Combien de fois avons-nous été heureux ? Sous la colonisation peut-être ? Sûrement pas ! C’est sous le règne d’Ahmed Sékou Touré ? Je ne crois pas ! Ah ! Je me trompe ! C’est sous le régime du Général Conté ! Bien sûr que non ! Comme beaucoup d’entre vous, je suis de ceux qui n’ont pas trouvé le bonheur durant ces systèmes successifs !
Comme le peuple tout entier, j’attends ce bonheur de Moussa Dadis ! Mais, voilà, il y en a qui disent à ce soldat : démocratie ? Surtout pas ! Rendre le pouvoir aux civils ? Absurdité ! Idiotie ! Pire, suicide ! Propose autre chose aux Guinéens, conseillent- ils ! Ce qu’ils connaissent le mieux depuis 1958, c’est la dictature, semblent-ils dire. C’est elle qu’ils ont subie depuis que la nation existe. Ferais-tu autrement ? Tu seras perdu !
Quelle myopie intellectuelle ? Quelle ineptie de prétendre aimer son pays et déconseiller la démocratie !
Ces nouveaux politologues, que dis-je, propagandistes, préconiseraient-ils quelque chose d’autre ? Qu’ils le disent car, à déconseiller la démocratie, il n’y a point d’autre alternative qui ne soit le pouvoir totalitaire ou dictatorial. Qu’ils disent aux Guinéens, quel est le contraire de la démocratie ! Ce mode de pouvoir favorisant l’expression de la volonté populaire ne s’opposerait-il pas à cet autre pouvoir abject qui broie le peuple et exile le peu qui en reste ?
Ceux qui sont contre le suffrage universel, doivent clairement indiquer la voie que Dadis et le CNDD devraient emprunter ! Qu’ils osent dévoiler au peuple de Guinée, quel est leur maître-penseur ! Il est temps qu’ils prouvent que la Guinée serait le seul pays au monde où la démocratie est à fuir et à retarder ! Si ce n’est à bannir !
Je dis : laissez Dadis accomplir le rêve que les Guinéens attendent depuis cinquante ans ! Ce rêve qui n’est rien d’autre que la liberté d’élire ses représentants, de s’exprimer par les urnes, sans contrainte ni tricherie !
Je dis aux adeptes d’un autre mode de pouvoir : ne bouchez pas l’avenir de ce jeune soldat qui fait montre de bonne foi ! J’insiste ! Ne poussez pas Dadis à vouloir imiter la voie empruntée par ses défunts prédécesseurs, et desquels, il voudrait se démarquer ! Il veut faire autrement ! Tant mieux et pour lui et pour nous ! Laissez-le remplir sa mission historique, car un autre choix est quasiment un suicide politique !
Nul n’a le droit de laisser Dadis patauger tout seul dans le bourbier dont il a hérité. Il faudrait qu’on le soutienne lorsqu’il exprime sa bonne volonté et qu’on l’interpelle dès lors qu’il voudrait s’écarter de son devoir et de la parole donnée !
Nous devons tous savoir qu’une seule personne ne saurait construire une maison. D’où l’intérêt d’associer la CNDD et le gouvernement à l’évolution historique en cours. Tout naturellement, les forces vives qui œuvrent pour une transition apaisée, méritent la même reconnaissance.
Il faudrait que (passez- moi l’expression) sans nous prostituer intellectuellement ni politiquement et sans perdre vigilance, que nous reconnaissions la décision de Moussa Dadis comme un acte éminemment historique. Elle doit être appréhendée comme un geste de courage et d’honnêteté, que notre pays n’a jamais connue. Comme tel, elle mérite d’être saluer à plus d’un titre !
Enfin, je puis dire, si l’on ne détourne pas Dadis de sa voie, si les adversaires de la démocratie n’ont pas raison de lui, c’est indubitablement par ce soldat que la Guinée entrera dans l’ère de la démocratie. Si cela se réalisait, les générations futures lui en seront reconnaissantes et lui rendront un hommage mérité.
Quant à nous, notre devoir et notre sens patriotique nous commandent de croire sans naïveté ni parcimonie, à la bonne foi de ce militaire et de son équipe. Mais, ne nous trompons pas ! Le chemin n’est pas tout tracé.
Parfois, l’adversaire ou l’ennemi n’est pas celui d’en face. Il peut venir de la cheville, si ce n’est de l’épaule ! Dans tous les cas, tout comme nous, Dadis devrait savoir : « Du miel que nous offrent certains amis ou proches, il peut s’y cacher une abeille qui pourrait nous piquer. »
Prenons-en bonne note ! Mais, on peut en échapper, à condition de pouvoir déjouer certains pièges !
A suivre deuxième partie : « Le tir à rectifier et les écueils à éviter. »
Lamarana Petty Diallo
Pour www.guineeactu.com
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