mardi 23 septembre 2008
Guinée: la république des amnésiques (article complet)
Ansoumane Doré

On a beau se poser la question, on ne trouve pas de réponse. De réponse à quoi ? Eh bien ! Mes compatriotes Guinéennes et Guinéens, il s'agit de l'amnésie collective et des absurdités dans lesquelles, nous Guinéens, sommes enfermés hermétiquement. Par quelle créature des Ténèbres?... Je ne le sais pas. Nous sommes enfermés comme dans un labyrinthe dont personne ne se souvient plus de la porte de sortie et où quelques malins ont fini par trouver quelques verts pâturages où ils broutent à loisir comme des bœufs ou des moutons. Ils pensent qu'ils sont dans un éden éternel où l'herbe sera toujours verte pour eux et les leurs. Cette idée semble suffire à leur bonheur. D'autres grenouillent en tout sens pour des miettes tout en croyant, chacun, avoir la solution à l'énigme guinéenne au lieu d'unir sérieusement les forces, toutes les forces, pour bouter hors des places fortes du pays ceux qui broutent sans état d'âme nos richesses communes depuis si longtemps. Les vandales des ressources économiques guinéennes ont tellement multiplié les paradoxes de ce pays pour se maintenir en place que, comme je l'écrivais ci-dessus, personne ne semble plus s'y retrouver.

L'un de ces paradoxes est de toujours cultiver l'image d'un Etat qui n'est, à vrai dire, qu'une fiction (voir des articles d'Ibrahima Sorby Maganera et d'Ibrahima Kyle Diallo, sur la réalité de cet Etat). C'est une apparence d'Etat que nous avons en Guinée et qui n'a été pour ce qui est réel que la propriété privée des deux Présidents qui ont gouverné depuis cinquante ans. On se demande pourquoi, ils ont maintenu la dénomination de République de Guinée. L’appropriation privée de la Guinée est présente dans l'organisation et le fonctionnement de ce pays. Organisation et fonctionnement faits en permanence d'humeurs du prince, d'ordres et de contrordres, d'organisations et de désorganisations. Mais du fait que le droit international reconnaît à chaque Etat sa souveraineté et que chacun est présent et reçu dans les organisations internationales; les dirigeants guinéens et leurs mandants ont depuis longtemps acquis la conviction qu'ils sont comme tout le monde. Mais la réalité est qu'ils ne sont pas comme tout le monde. Il n'y a qu'eux qui l'ignorent car ils n'ont rempli en cinquante ans d'indépendance aucun des devoirs fondamentaux que des dirigeants doivent remplir vis-à-vis de leurs peuples. Ils ont au contraire profité de leurs positions pour détourner toutes formes d'aides extérieures au pays et pour piller les ressources économiques nationales. C’est ainsi que la Guinée est devenue un des pays les plus sous-développés d'Afrique.

Par exemple, sur la base de documents officiels, je viens de terminer un inventaire, branche par branche et entreprise par entreprise, de la tentative d'industrialisation de la Guinée établie par le Plan triennal 1960-1963, jusqu'à leur bradage après 1984. Même, une entreprise comme ENTA (Entreprise Nationale des Tabacs et Allumettes), considérée à une époque comme une réussite, n’était plus qu'une ruine en fin d'année 1983.

Les nobles idéaux de liberté et de dignité annoncés en octobre 1958; les proclamations de démocratie, de bonne gouvernance et de gestion honnête des ressources du pays, faites en avril 1984, se sont tous évanouis dans une indifférence totale de la partie éclairée de la population.

Celle-ci, à défaut d'avoir à lutter à armes égales avec les dignitaires du pouvoir, s'est complue dans un incroyable sybarisme. L'activité voyante pour tous ces opportunistes n'est perceptible que dans une course à la construction de villas à Conakry ou au village d'origine. C'est le signe tangible pour eux du développement de la Guinée. Passe encore si le financement de ces villas provenait toujours d'activités professionnelles clairement identifiées. Ce n'est hélas pas toujours le cas pour certains, notamment pour ceux qui, s'inspirant d'exemples pratiqués au sommet de l'Etat, gèrent les deniers publics.

Ce système de débrouillardises est une pratique si répandue en Guinée que le quidam en peine d'assurer la nourriture quotidienne de sa famille aujourd’hui, peut rouler demain en voiture haut de gamme et s'engager en même temps dans l'acquisition d'une villa sans que cela étonne personne. Ni l'entourage du quidam, ni sa propre discrétion n'entrent en ligne de compte. Il est bien vrai que le commerce de la drogue et des trafics de toutes sortes ont déjà fait leur entrée dans ce contexte social. Certes, cette vue de la société guinéenne est-elle à nuancer, elle ne correspond qu'à une petite minorité mais de tout temps, ce sont des minorités qui ont imprimé leur marque à une société entière. En outre, quand la grande pauvreté, situation actuelle de la majorité des Guinéens, entre en jeu, bien des gens sont conduits à prendre des crapules pour des modèles de réussites sociales. Dans ce type de société, les dysfonctionnements sont nombreux et les laxismes courants.

L'impunité des malfrats de toutes catégories est la règle dominante mais elle ne date pas d'aujourd'hui, elle s'est seulement amplifiée. Elle vient de loin. Certains la qualifient de situation mafieuse tant l'impunité est répandue.

A preuve, des tontons macoutes, pour emprunter le vocable des Haïtiens, qui ont massacré en 2007 de jeunes Guinéens n'ont toujours pas été inquiétés. Et quand on nous dit qu'un officier supérieur s'est présenté pour demander pardon à la population là-dessus, c'est le comble. Je suis à peu près sûr qu'il s'est trouvé lors de ces excuses, des gens pour l'applaudir de s'être repenti. Applaudir est devenu une seconde nature pour nos compatriotes. On connaît des gens qui ont fait du mal à d'autres, ont tout nié avec aplomb des années après tout en demandant quand même pardon à ceux qui avaient souffert des maux évoqués. Certains de ceux-ci ont tout de même été applaudis parce qu'ils voulaient se réconcilier, alors que ces sans foi ni loi méritaient le mépris, (voir le témoignage de Fodéba Dioubaté, journaliste guinéen résidant au Canada). L'impunité fait qu'en Guinée, d'anciens ministres ou hauts fonctionnaires qui s'étaient enfuis à l'étranger avec des fonds d'Etat, sont revenus plus tard au pays non pas dans la discrétion mais au grand jour avec l'ambition non voilée de rempiler au service du même Etat, parce que la caisse volée lors de la fuite à l'extérieur était devenue vide. La nomenklatura au pouvoir sait tout cela mais fait comme si de rien n'était. Il se pourrait qu'on se retrouve un jour dans la position du revenant. Donc motus et bouche cousue. C'est le règne de l'omerta (loi du silence) quoi...

La réalité de l'Etat guinéen n'apparaît que dans des fantasmes comme cette idée d'une nomenklatura à bout d'idées de fêter le cinquantenaire de l'indépendance. Mais de quelle indépendance, s'agit-il donc ? J'ai déjà dans des articles, notamment dans celui autour du 20 mars, traité de ce sujet: "Indépendance où es-tu?". Nous avons en effet accédé à la souveraineté internationale le 2 octobre 1958. C'était inévitable et c'était très bien qu'une colonie française d'Afrique devienne indépendante. Si cela ne s'était pas produit en 1958, il se serait produit dans les années suivantes. C’était un fait, comme on peut le dire, inscrit dans l'évolution du monde de la deuxième moitié du XXe siècle. C'était un fait inéluctable pour toutes les colonies.

En raccourci, cette indépendance devait avoir pour signification que nous sommes des hommes comme d'autres, capables de gérer nos propres affaires dans la liberté et la dignité. De fait, au lendemain de notre indépendance, Sékou Touré affirmait au regard des potentialités économiques du pays : "Si nous réussissons dans cette entreprise, -l'indépendance -,c'est que l'Afrique aura fait la preuve de sa capacité à s'intégrer dans la vie universelle et moderne, en apportant au monde ... l'exemple d'une promotion radicale sans lutte de classes, ni tyrannie de quelques uns".(Cité par Bernard Charles - Guinée, Lausanne, Editions Rencontre, 1963 - Collection L'Atlas des Voyages.). Or au cours des cinquante années d'indépendance de la Guinée, les Guinéens n'ont connu que tyrannie, massacres, misère, mendicité de cet Etat auprès des bailleurs de fonds extérieurs, pendant qu'une minorité de dirigeants et collatéraux se sont enrichis au delà de ce qu'on peut imaginer, compte tenu de l'état matériel de la Guinée d'aujourd’hui. A toutes ces calamités s'ajoutent des flux d'émigrations inégalés dans l'histoire du pays, de jeunes Guinéens pour trouver des pays d'accueil où vivre un peu mieux que sur la terre de leurs ancêtres. Et vous appelez ça indépendance?

Naturellement, la minorité qui profite de cette situation, vous répondra que c'est cela l'indépendance. Au reste, quelle que soit la situation d'une communauté humaine, il s'est toujours trouvé une minorité qui s'en sort bien. C'est une constante de l'histoire des hommes .Dans le cas guinéen, c'est à la majorité de ne pas accepter la perpétuation d'une telle situation. Cela revient à refuser les mensonges dont on abreuve le peuple. Au rappel de ces quelques facettes de notre indépendance, on en vient à se demander quelle amnésie collective continue donc de nous frapper , pour ne pas nous être rendus compte que cela fait un demi siècle qu'on nous mène dans une gigantesque mamaya parfois sanglante et qui n'a aucune apparence d'indépendance, de libération des Guinéens dans leur pleine capacité d'épanouissement humain. 

La minorité au pouvoir a grand intérêt à maintenir la fiction d'Etat indépendant pour ne pas compromettre ses privilèges.

Vous autres mes compatriotes de l'intérieur comme de l'extérieur en voyant l'état des autres pays comment pouvez-vous tomber dans le filet et  vous dire que vous allez fêter cinquante ans de misère et d'humiliation de votre peuple ou d'autres sornettes de ce genre?

Quelle que soit la catégorie sociale des Guinéens de l'intérieur, une occasion de sortie du pays, même de courte durée, est ressentie comme une oxygénation hautement appréciée. Pourquoi? C'est parce que chacun ressent sans se l'avouer à soi- même que l'ailleurs est mieux que chez-soi. Voilà une cruelle vérité. 

C'est pourquoi, je dis que fêter le cinquantenaire même à titre privé, participe à l'inconscience et aux absurdités dans lesquelles baignent les Guinéens. En ce mois de septembre 2008, contrairement à la plupart des Etats africains, la Guinée n'a atteint aucun des objectifs de son indépendance de cinquante années. On commémore le plus souvent un évènement qui a marqué qualitativement un peuple. Cela n'a pas été notre cas. Mais la culture de l'activisme mobilisateur de festivités héritée de la Première République continue d'avoir cours pour montrer au peuple que l'Etat fait quelque chose pour lui.

Heureusement, quelques Guinéens n'acceptent pas de tomber dans ces grotesques agitations de grotesques festivités du cinquantenaire.

Mais d'autres inepties continuent de maintenir les Guinéens dans leur amnésie cinquantenaire .On à assez dit que la République de Guinée est un Etat de non droit. Les exemples sont nombreux pour illustrer cette situation et il paraîtrait même dérisoire d'avoir recours à des cas que tout le monde connaît car l'état de non droit couvre tous les secteurs de la vie nationale. L'impunité des massacres de 2007 est souvent citée mais il y en a beaucoup d'autres. Pour l'actualité, le harcèlement dont est l'objet une citoyenne guinéenne Chantal Colle depuis le gouvernement de Lantana Kouyaté et maintenant sous celui d'Amed Tidjane Souaré est inacceptable. Quels qu'aient pu être les griefs encourus par Chantal Colle , il faut vraiment se trouver dans un Etat de non droit pour qu'un gouvernement prenne une décision d'expulsion à l'encontre d'un citoyen, d'une citoyenne dans le cas présent. Même si l'on annonce qu'un décret d'annulation d'expulsion est intervenu dans ce cas, c'est tout de même une flagrante situation de déni de droit à une citoyenne qui est en cause et qui pourrait bien frapper d'autres citoyens si des réactions ne se manifestent pas. Il faut donc que ce type de harcèlement cesse définitivement.

C'est malheureusement cet état de harcèlement permanâmes qui a été le quotidien du citoyen lambda guinéen depuis toujours. A propos du renouveau de l'affaire Chantal Colle, des Guinéens ont excellemment examiné sur la forme et le fond la question du droit du citoyen. Il en fut ainsi de Mamadou Billo Sy Savané, de Jacques Kourouma, Ibrahima Kylé, Ben Pépito, Adama Laafa Sow, Mamadou Diallo MD, Sadio Barry (même si celui-ci donne une explication légèrement différente du cas C. Colle). Toutes ces interventions et bien sûr d'autres qui m'ont sans doute échappé, dénoncent le déni de droit si fréquent dans notre pays. Elles veulent sauvegarder le principe de droit et faire échec aux anti-républicains.Mais c'est Sy Savané qui enfonce le clou en signalant le relent de racisme, entretenu de longue main, qui accompagne ce cas précis de C. Colle, celle-ci étant métisse. Si des dirigeants guinéens en venaient à des considérations de ce type pour "épurer" le pays, il faudrait des charters "gros porteurs" pour venir au bout de l'opération. C'est pourquoi, il faut y insister, les Guinéens doivent au-delà de toutes considérations politiciennes, dénoncer le déni de droit et les abus de pouvoir de ce type si fréquents en Guinée.

Les Rastignac en tous genres, ces arrivistes sans scrupules et sans moralité d'aucune sorte, sont assez nombreux dans les rouages de l'Etat guinéen et dans la faune qui grouille dans son environnement. Faune constituée de diseurs de bonnes nouvelles (marabouts, féticheurs ou féticheuses, griots de toutes engeances) qui peuplent les bureaux d'administration dès l'ouverture pour des dépôts de doléances ou pour la causette à but lucratif. Sous des dehors affables et conviviaux, ils constituent les vibrions de l'inefficacité d'une administration corrompue. La malhonnêteté y a parfois atteint un tel degré que le malhonnête ne sait plus s'il est malhonnête. C'est cet état des choses que les Guinéens se doivent de changer pour faire de la Guinée un Etat comme les autres. Nous en avons assez des seigneuries d'ignorants qui ont, jusqu'ici, régenté pour leur bon plaisir notre pays. Organisez-vous, Guinéens ! Adhérez à des partis politiques non usés par la corruption pour vous sortir du tunnel! Nous avons assez de l'impunité qui recouvre tous les secteurs de la vie nationale et qui continue d'être le terreau de toutes les turpitudes et de toutes les absurdités qui caractérisent la Guinée d'aujourd'hui.

Le Collectif contre l'impunité en Guinée (C.C.I.G qui vient t d'être constitué autour d'Ibrahima Sory Makanéra, Ibrahima Kylé Diallo et Adama Laafa Sow n'est pas seulement, je l'espère, l'expression d'un cri de révolte contre l'apathie générale qui règne sur la question de l'impunité en Guinée. Même si le C.C.I.G. a été créé à la suite des évènements tragiques de 2007, son action devra sans doute s'étendre à la globalité du phénomène d'impunité dans notre pays, si pour une fois les Guinéens le soutiennent massivement en sortant des disputes subalternes à mettre au rancart, ce collectif pourrait constituer un point départ de la rédemption de notre pays. Il pourrait contribuer à réduire l'image de pays de paradoxes qu'est devenue la Guinée. Paradoxes dont on ne s'amuse plus à énumérer des exemples tellement ils abondent. Mais citons-en tout de même: le pays a d'énormes problèmes dans le secteur de la santé collective (équipement sanitaire, état sanitaire, lutte contre les fléaux), mais la Guinée a tout de même envoyé des médecins coopérants au Gabon, pays plus équipé qu'elle. Mme Mariame Béavogui ministre guinéenne de la santé a assisté récemment à Libreville à une réunion avec nos compatriotes médecins coopérants mécontents de la mauvaise application de leur contrat d'embauche dans ce pays (voir Guineenews du 13 septembre). Pour être clair sur ce point, il faut préciser que des médecins, professeurs, ingénieurs et d'autres cadres guinéens ont, depuis les années 60, travaillé à l'étranger mais en dehors de toute implication des gouvernements guinéens. Dans le cas des médecins guinéens au Gabon, le gouvernement guinéen est impliqué. S'agit-il alors d'envoyer le trop plein de médecins du pays à l'étranger pour régler leurs problèmes d'emploi ? Qu'on nous éclaire là-dessus, car une grève dure des médecins vient de prendre fin à Conakry. Diverses informations nous ont permis d'en connaître la teneur (voir articles de Dr Thierno A. Diallo, Dr Fran Morri T. Sammourah, Fodé Tass Sylla).

Autre paradoxe? Voir cet autre titre de Guineenews du 16 septembre: "Le gouvernement emprunte 20 milliards de GNF à Mamadou Sylla pour financer le cinquantenaire: Conté en colère". Envisager de faire des fêtes sans le sou... Inimaginable non, pour un Etat souverain ?

Devant l'énormité de toutes ces incohérences de l'Etat guinéen, des Guinéens pensent à une table rase de toutes ces turpitudes par l'Armée (voir M.B. Sy Savané "36e Lettre d'espoir à la jeunesse en uniforme" ; Dr Abdoul Baldé: "A la recherche du soldat de la démocratie" ; Condé Mouramany). Qu'il s'agisse du "Gang de la République" de Drahmane Touré, de " Implication responsable et agissante de la diaspora guinéenne" d’El Hadj Soumah, "Du manque d'autorité de l'Etat à la crise de confiance" d'Abidine Bayo, du "Trio menaçant la sécurité de Chantal Colle" de Jacques Kourouma, il y a là autant d'appels au réveil des Guinéens. Autant d'appels surtout à ceux de l'intérieur du pays qui souffrent quotidiennement des méfaits des gouvernements guinéens, de ne plus accepter la mamaya qu'on leur offre comme action vivante et palpitante du gouvernement . Le dernier avatar de cette mamaya est incarné par cette idée (si c'en est une) de fêter un cinquantenaire. Refusez- le en le boycottant, s’il devait vraiment avoir lieu.
 

Ansoumane Doré, Dijon, France

pour www.guineeactu.com

Retour     Imprimer cet article.    

Vos commentaires
Sekou Camara, Malaisie, mardi 30 septembre 2008
Merci doyen Dore pour cette analyse pertinente, comme d`habitude. vous etes une reference. Merci egalement pour vos remarques sur mon article portant sur geopolitique de la Guinee, j`en prends bonne note.
Ismael Souare, mardi 23 septembre 2008
Les contributions du Doyen A. Doré se passent de commentaire! Et pourtant, on ne peut résister d`en faire un.A l`instar de vos précédents articles cher Doyen, cet autre un coup de maître! Des décombres dont vous parliez dans un de vos écrits, ne pouvait surgir, entre autres, que ce sombre tableau que vous venez épousseter. Je dois dire qu`à la lecture de cet article, j`ai très très mal. J`espère que votre appel sera entendu. Bien à vous
Moussa Konaté @ Toronto, Canada, mardi 23 septembre 2008
Avec l`objectivité qui caracterise vos differentes interventions, le franc parler qu`on vous connait, les guinéens de l`exterieur peuvent compter sur vous pour une alternative venant de la Diaspora.Vous faites l`unanimité au sein des intervenats sur les differents sites et cet acquis pourrait servir de detonateur a un mouvement d`ensemble comme l`ont proposé Ollaid, Dramane,Elhdj soumah,Sadio, Kylé et tant d`autres. Cela fait longtemps que nous attendons la goutte d`eau qui va faire deborder le vase. Malheureusement, le vase suinte toujours.
Fodé Tass Sylla, mardi 23 septembre 2008
Aaaah, ce Doyen Doré! Toujours penché sur l`aquarium "Guinée". Il excèle dans le descriptif de nos misères en observant ces truites qui suent à déchiqueter les rares miettes qui tombent à l`eau. C`est un combat acharné et sans pitié pour la survie. N`oublie pas, vénéré Maître, que le "Progamme du cinquantenaire", c`est aussi une "occasion juteuse". Les truites risquent de casser votre bocal si jamais vous continuer à polluer leur eau si...douce! Tellement de chefs d`Etat et de "hautes personnalités" sont déjà invités à Conakry. On pourra même requisitionner l`Hôtel Bel-Air de Boffa ou "Nimba" de N`Zérékoré au cas où nos 5 étoiles de Conakry ne feraient pas l`affaire. En attendant, on essaie depuis une semaine, à débarrasser notre capitale de ses tas d`immondices et de ses herbes récalcitantes. Ne dites surtout pas que cet engouement "populaire" n`est pas gratuit. On vous taxera très vite de subversif ou d`anti-guinéen. Hèèèh! Doyen, nous, on fêtera NOTRE cinquantenaire, même à la lueur des bougies. D`ailleurs, un anniversaire à Dijon, c`est pas avec des bougies? Qué passa!!!?
Buubakar, mardi 23 septembre 2008
Cher M. Doré, Dans votre article-ci vous denoncez à juste titre les applaudissements excessifs des guinéens herités des années de la Revolution. Au risque de vous decevoir je me sens bien obligé ici de faire ce que vous condamnez: vous applaudir! À l`instar de la quasiotalité de vos sorties, cette dernière n`échappe pas aux règles de sagesses, de clairvoyance, de sereinité qui vous caractérisent et qui apparaissent dans l`ensemble de vos messages. Que Dieu vous garde sain et sauf encore longtemps parmi nous! Amen! Buubakar
tutankhamon, mardi 23 septembre 2008
Merci Mr le Doyen pour cette vibrante sonnete d`alarm.ça fait 50 ans que le systeme nous maintient la tete sous l`eau.Rien de concret apart leur mamaya.les dirigents guineens prennent les intellectuels et les etudiants pour des maniacodepressifs,des gens qui meritent la prison si ce n`est la mort.ce sont toujours les memes loups qui profitent des richesses de la Guinee.nous faisons face un serieux probleme social.qui sait ou cela va nous mener?
BALDE MS, mardi 23 septembre 2008
Vous serez fatigue Doyen. Je me demande d`ou vient cette amnesie de notre peuple...On parle de cinquantnairs de telle sorte qu`on croirait que c`est l`objectif principal notre pays. Ils en parlent tellement qu`on croirai qu`apres la "fete" on serait sur la terre promise....Comme je l`avais toujours mentioner, La guinee n`a jamais ete independante, en 1958 il y`a eu un simple changement de la forme de domination, de la plus douce a la plus atroce...Mais quand va t`on ouvrir les yeux et regarder derierre nos traces?...Je souhaite a ceux veulent feter : Honteux anniversairE...Que le tout Puissance leur ouvre les Yeux. Amen
Thierno A. DIALLO, mardi 23 septembre 2008
Festivités d`un cinquantenaire. De sang, de larmes et de misère de plus en plus épaisse. Et toujours l`impunité pour les responsables de notre continuelle tragédie. Pauvreté dans la liberté, qu`ils disaient. Nous avons eu droit au dénuement sous deux dictatures. Devant l`état de décrépitude avancée de toutes nos institutions, de l`horizon bouché pour la jeunesse, du délabrement de notre économie, j`ai plus envie de pleurer que de faire la fête. En ce triste anniversaire, j`invite mes compatriotes à ne pas oublier nos trop nombreux morts, depuis cette illusion que nous appelons indépendance. Tout mon respect, M. Doré.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
© Tous droits réservés guineeActu.com 2011