samedi 21 mars 2009
Guinée : La réorientation indispensable de l’économie guinéenne

La crise financière internationale a montré la nécessité de l’importance de l’Etat dans la sphère économique, contrairement aux politiques économiques imposées dans nos pays par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale (BM). La débâcle de l’idéologie libérale, du tout marché et du tout privé, a fini par montrer ses limites.

 

Néanmoins, force est de constater, à la lecture du discours du PM, l’absence de politique économique du gouvernement guinéen, dans la mesure où, ce gouvernement comme tous les précédents, s’en remet encore au F.M.I (Fonds monétaire international) et à la Banque mondiale.

 

Le CRED et Gesficome proposent ici, une autre alternative de politique économique.

 

La Guinée est tombée dans la tragédie des restructurations économiques des années 80. Le plan d’ajustement structurel qui, depuis 27 ans, oriente les politiques économiques ont été néfastes.

 

Cette politique suscite d’une part, l’affaiblissement de l’Etat et d’autre part, paupérise la population.

 

En Guinée, les résultats des réformes économiques sont déterminés par des facteurs exogènes, tels que les prix des matières premières, le poids de la dette …

 

De plus, les carences des institutions publiques nationales, ont toujours figuré parmi les explications du blocage économique.

 

Le gouvernement guinéen n’est pas à la hauteur des enjeux de la Guinée d’aujourd’hui. Il semble incapable de faire des choix autonomes en matière de politique économique : Il s’en remet à deux institutions internationales le Fonds monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale (BM).

 

Or, tous les spécialistes savent qu’une politique de développement économique en Guinée, passe nécessairement par une rupture avec les exigences du FMI et de la BM.

 

Avant tout, il faut fixer le décor : au CRED et à Gesficome, nous sommes pour l’Economie de marché. Mais, pour une économie de marché régulée.

 

Ainsi, la régulation du marché nous paraît indispensable pour les Pays en voie de développement (PVD), notamment la Guinée.

 

C’est ainsi, que la question fondamentale à laquelle doit répondre tout décideur en matière de politique économique, est de savoir si l’économie est faite pour l’Homme ou l’Homme pour l’économie.

 

-        Si c’est l’Homme qui est fait pour l’économie, alors on se plie aux exigences du FMI et de la BM.

 

Ainsi, le FMI, la BM, le PNUD… trouverons toujours des termes nouveaux pour que la situation de nos pays perdure, avec la complicité de certains dirigeants africains, comme hélas, au temps de l’esclavage et du commerce triangulaire.

 

Avant, le FMI, la BM, le PNUD, parlaient de PAS (Plan d’Ajustement Structurel), aujourd’hui les mêmes parlent de Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et pour la Croissance (FRPC). Cet étalage de concepts nouveaux ne change en rien la vie des guinéens.

 

Depuis 50 ans, les mêmes organisations donnent des conseils. Mais force est de constater que chaque jour en Guinée, les guinéens deviennent de plus en plus pauvres, et l’ensemble des guinéens subissent la paupérisation à grande vitesse.

 

L’ensemble des plans du FMI, de la BM, du PNUD, … aboutissent aux mêmes résultats : licenciements massifs des fonctionnaires, privatisations des entreprises nationales avec son lot de corruption (l’exemple actuel du Port Autonome de Conakry « PAC »).

 

Vous trouverez toujours des Africains pour nous expliquer que cette paupérisation est de notre faute. Ces affirmations peuvent trouver de la crédibilité dans la manière dont les élites égoïstes gèrent nos pays : à les voir, on peut être tenté de penser que les africains ne s’aiment pas et qu’ils n’aiment pas leurs frères.

 

Globalement, la politique économique du FMI, de la BM, du PNUD…c’est de dire aux Guinéens avec la complicité de certains cadres corrompus :

 

« C’est vrai, vous mangez un bol de riz par jour, c’est peu ; mais, maintenant vous mangerez ½ bol de riz par jour, pour rembourser des dettes dont vous n’avez nullement profité ».

 

Fortement impliqués dans la gestion des affaires publiques en Guinée, le FMI et la BM sont en partie responsables de nos malheurs.

 

Juridiquement, le FMI et la BM sont des dirigeants de fait. En matière juridique, le dirigeant de fait est assimilé au dirigeant de droit du moins, dans les domaines de responsabilité et de la fiscalité. Il peut être recherché en responsabilité civile ou pénale, comme le dirigeant de droit.

 

De ce fait, nous estimons que le FMI et la BM peuvent être traduits devant les tribunaux pour complicité de gestion frauduleuse en matière de finances publiques.

 

-        En revanche, si c’est l’Economie qui est faite pour l’Homme (comme nous le pensons au CRED et à Gesficome), alors, elle doit être régulée.

 

Les secteurs de l’éducation, de la santé, de l’eau, de l’énergie doivent être à la portée des plus démunis.

 

Prenons l’exemple de l’eau : pour produire 1m3, il faut des investissements pour l’achat des tuyaux d’eau, le paiement des salaires des travailleurs de la société qui exploite l’eau…etc.. tout cela entraîne des coûts.

 

Quand l’exploitation est faite par une Entreprise Publique Industrielle et Commerciale (EPIC) donc qui appartient à l’Etat,  l’Etat peut exiger d’une part, que le prix du m3 d’eau vendu à la population ne dépasse pas le coût de revient et, d’autre part, exiger une mutualisation (péréquation) du prix de vente de l’eau afin que la population puisse y avoir accès (il s’agit d’un optimum social !).

 

Par contre, si l’exploitation est faite par une société privée, elle sera obligé de vendre l’eau en tenant compte du coût de revient de l’eau et en y rajoutant son profit ou sa marge ou son bénéfice (il s’agit de l’optimum économique !).

 

L’entreprise est faite pour maximiser son profit au bénéfice de ses actionnaires. Si l’actionnaire est l’Etat, ce bénéfice pourra servir à la collectivité nationale.

 

De plus, lorsqu’on regarde les résultats de ces privatisations, on ne peut que condamner les promoteurs de cette approche curieuse de l’économie.

 

En effet, le FMI et la BM ont mis en place en Afrique Noire, notamment en Guinée, des entreprises particulières. Ainsi, pour la première fois dans l’Histoire économique, celui qui profite d’une entreprise, n’est pas celui qui a pris les risques en investissant : on crée une dichotomie entre l’investisseur et le gérant.

 

Ainsi par exemple, ces deux institutions avaient mis en place en Guinée, pour le secteur de l’électricité, une Société de patrimoine « Enelgui » (qui est une entreprise publique) qui va investir pour la construction de barrages hydro-électriques, donc s’endetter pour cela, et la « Sogel » qui est la société de gestion (entreprise privée) qui va gérer les retombées de l’investissement fait par l’entreprise publique.

 

La même approche a été faite pour le secteur de l’eau. C’est une situation ubuesque !

 

Car, en économie, ce qui légitime le profit ou le bénéfice, c’est la prise de risque (ici dans notre exemple, les investissements pour la construction des barrages hydro-électriques).

De plus, très souvent, quand il y a des difficultés, ces sociétés de gestion (privées, la Sogel) s’abritent derrière le fait que les investissements de l’entreprise publique (Enelgui), n’ont pas été réalisés.

 

Une fois encore, des « conseillers » qui ont failli à ce point, n’ont aucune leçon à nous donner. Néanmoins, ils ne sont jamais à court d’arguments avec la complicité de certains africains.

 

C’est pourquoi, nous proposons une nouvelle politique économique qui va à l’encontre des propositions faites par le FMI et la BM.

 

Ainsi, nous pensons, qu’il est indispensable de délimiter le périmètre de l’Etat, c’est-à-dire, définir les services publics essentiels, afin d’éviter des privatisations dans des domaines jugés indispensables à la cohésion sociale. Nous pensons à l’eau, l’énergie, la santé et l’éducation.

 

Il faudra assainir les relations entre l’Etat et les entreprises publiques.

 

Ainsi, par exemple, il sera interdit à une entreprise publique, qui est sous la tutelle d’un ministère, de régler financièrement ou matériellement, les problèmes de ce ministère.

 

Par exemple la société EDG ne doit pas prendre en charge le salaire d’un employé du ministère de l’Energie.

 

Les règles de gestion visent à attaquer le mal à la racine : faire reculer le gaspillage, la sous utilisation des capacités de production, le suremploi, le détournement de leur objet, des capitaux et des ressources.

 

Ainsi, il faudra concilier l’autonomie des entreprises publiques avec la prise en charge des objectifs que l’Etat leur assigne.

 

Les Entreprises Publiques Commerciales et Industrielles (EPIC) doivent donc nécessairement, se situer dans un processus de négociation avec l’Etat, notamment au travers d’un contrat de plan, sur une période par exemple, de trois ans, renouvelable.

 

Ainsi, il y a un accord entre l’Etat et une EPIC autour de la réalisation d’un certain nombre d’objectifs.

 

Il a, comme préalable, le redressement de la situation financière de l’EPIC. Il repose en général sur une programmation des objectifs quantifiés de l’EPIC et sur des critères de performance, susceptibles d’être évalués périodiquement (chaque année par exemple).

 

L’approche sectorielle de la politique économique vise à savoir où réside et en quoi consiste la compétitivité du secteur industriel, quelles innovations provenant d’autres secteurs pourraient être introduites…L’approche sectorielle a pour objectif d’organiser ces actions. Elles associent trois caractéristiques : un diagnostic sur les problèmes rencontrés (technologie, marché, produit, équipements…), la volonté d’assurer la pérennité du secteur, enfin des engagements de l’Etat.

 

Ainsi par exemple, dans le secteur de l’énergie, l’électricité peut s’obtenir au travers de plusieurs technologies. Quelles sont les technologies les plus appropriées pour notre pays ?

 

L’hydraulique, le solaire, les centrales thermiques…ou alors la combinaison des trois ?

 Au CRED et à Gesficome, nous pensons que la combinaison des trois sources d’énergie est la plus appropriée.

 

Ainsi, la modularité  des sources d’énergie électrique permettra de pallier le manque d’électricité en Guinée.

 

D’autre part, dans le domaine agricole, nous pensons qu’il est indispensable de protéger notre production locale surtout dans les productions stratégiques : riz, fonio, maïs.

 

C’est pourquoi pour ces productions agricoles qui constituent l’alimentation de base en Guinée, il faudra les encourager.

 

La production locale devrait  ainsi être privilégiée pour offrir aux consommateurs une alimentation équilibrée, correspondant à leurs habitudes alimentaires. 

 

Pour atteindre cet objectif, les agriculteurs doivent bénéficier d’aides spécifiques leur permettant de développer leur production à l’abri de la concurrence des importations qui arrivent à prix si faibles qu’elles ruinent les marchés locaux.

 

Néanmoins, beaucoup de gouvernements des pays du Nord et d’organisation interétatiques comme la FAO (organisation de l’ONU pour l’alimentation) préfère mettre en place la Sécurité alimentaire qui est une définition ambiguë.

 

En effet, la Sécurité alimentaire joue pour la libéralisation du marché agricole et, nous savons que les agriculteurs des pays du Nord sont fortement subventionnés et ne font en moyenne que 6% des emplois. Alors qu’en Afrique, les paysans n’ont aucune subvention et, l’agriculture occupe près de 80% de la population active.

 

A partir des années 1980, les pays occidentaux ont subventionné leur agriculture en demandant aux autres pays d’ouvrir leur marché à une concurrence faussée par les subventions.

 

L’argument de cette concurrence faussée est la Sécurité Alimentaire.

 

Nous pensons, qu’il est indispensable de sortir de l’ambiguïté de la sécurité alimentaire.

 

La sécurité alimentaire veut dire laisser les produits alimentaires circulés librement, c'est-à-dire concrètement, laisser importer des produits alimentaires dans notre pays sans droits de douanes. Ainsi, la sécurité alimentaire existe théoriquement lorsque toutes les personnes ont accès à une alimentation.

 

Nous connaissons les conséquences de cette politique dans des différentes filières notamment la filière avicole qui disparaît dans la plupart des pays africains du fait qu’elle n’arrive pas à faire face aux poulets de l’Europe fortement subventionnés.

 

C’est pourquoi, à Gesficome et au CRED, nous sommes pour la souveraineté alimentaire. La souveraineté alimentaire veut dire, sortir de l’agriculture d’exportation (exemple le coton), pour se focaliser sur nos cultures vivrières (riz, fonio, maïs,…).

 

La souveraineté alimentaire représente une rupture par rapport à l’organisation actuelle des marchés agricoles mises en œuvre par l’OMC (l’organisation mondiale du commerce).

 

La souveraineté alimentaire est une politique économique qui aide les agriculteurs d’un pays à produire des biens que la population consomme. Elle favorise l’agriculture locale destinée en priorité à alimenter les marchés nationaux. La souveraineté alimentaire favorise la culture vivrière et familiale, protège les marchés nationaux qui souffrent des importations subventionnées des pays développés et privilégie des techniques agricoles qui favorisent l’autonomie des agriculteurs.

 

C’est la politique du « laisser faire », souhaitée par  l’OMC (l’Organisation Mondiale du Commerce) et imposer par le FMI (Fonds Monétaire International) et la Banque Mondiale (BM) avec la complicité de certains de nos dirigeants incompétents et corrompus qui sont à la base de nos difficultés.

 

Les émeutes de la faim ayant fait irruption, l’heure est à la mobilisation dans les pays occidentaux.

 

Pourtant, comment ne pas se sentir mal à l’aise face à cette attitude, ces larmes de crocodile ? Car, les plus généreux aujourd’hui, sont peut être les plus responsables de la situation.

 

La responsabilité du FMI et de la BM est considérable. Pendant des décennies, ces institutions ont expliqué aux pays pauvres où ils imposaient leur politique économique que l’agriculture avait son avenir derrière elle.

 

Ces deux institutions FMI et BM ont favorisé avec l’aide de responsables africains corrompus, les cultures d’exportation (coton, café, cacao…) destinées à leur rapporter quelques devises : ils récoltent aujourd’hui les fruits amers de cette politique.

 

Ainsi,  pour nous, contrairement au FMI et à la BM, nous sommes pour la souveraineté alimentaire et non pour la sécurité alimentaire.

 

Nous pensons également, que l’aide spécifique doit avoir pour objectif l’autosuffisance alimentaire. Ce projet doit se faire à long et très long terme (30 à 60 ans). La « caisse de stabilisation » des produits agricoles permettra à tout agriculteur qui le souhaite de voir sa production achetée par la « caisse de stabilisation » à un prix supérieur de 10% du prix du marché.

 

Ainsi par exemple, si le « riz du pays » est vendu 3000 FG le Kilogramme au marché de Madina à Conakry, alors la « caisse de stabilisation »  va proposer aux agriculteurs qui le souhaitent, l’achat  de leur production à 3300 FG le Kilogramme. La  « caisse de stabilisation » des prix des produits agricoles sera financée par des taxes liées aux importations des produits alimentaires. Donc les produits agricoles d’exportations sont exclus de la garantie donnée par « la caisse de stabilisation des prix agricoles ».

 

Au CRED, nous sommes pour la souveraineté alimentaire.

 

Quelle est la position du gouvernement ?

 

La Politique monétaire cherche quand à elle, à fixer le niveau de la masse monétaire en vue d’une part, d’accélérer la croissance de l’économie réelle et d’autre part de maintenir la valeur interne (taux d’inflation) et externe (taux de change) de la monnaie.

 

La monnaie est un outil de développement. C’est pourquoi, au CRED et à Gesficome, nous souhaitons que l’expérience acquise durant cinquante ans en matière de politique monétaire soit consolidée.

 

C’est pourquoi, nous proposons d’une part,  que notre pays soit en dehors de la zone monétaire Franc et d’autre part, de changer le nom de la monnaie (car le nom Franc ne peut être que Français) et nous proposons de l’appeler GUIN, ainsi, tous les Guinéens se reconnaîtront dans cette nouvelle monnaie. De plus nous proposons la parité de

                       

100 Guins pour 500 Francs Guinéens

 

Enfin, le changement des francs Guinéens contre la nouvelle monnaie Guin se fera sur une durée totale de deux ans.

 

.Dans toutes les banques de second rang (Bicigui, Société générale…), le change se fera pendant dix huit mois et,  à la BCRG, pour une durée de deux ans.

 

Lors du changement monétaire, l’objectif sera de rassurer la population car, un des éléments clefs de la monnaie c’est la confiance.

 

Ainsi, il faudra éviter d’effrayer la population, en demandant l’origine des fonds, comme cela a toujours été le cas en lors des changements monétaires précédents en Guinée.

 

Enfin, l’élément central qui mine la guinée est l’emploi.

 

Nous savons tous que l’emploi est source de revenus. C’est la clef dans notre économie, c’est le moyen qui permet d’avoir un revenu et de participer par sa consommation à la croissance économique.

 

Dans le contexte actuel, parler d’emplois, c’est toujours aussi parler de chômage, tant l’un et l’autre sont étroitement liés.

 

Les économistes libéraux (notamment, FMI, BM…) diront, que le chômage est dû à l’imperfection du marché du travail notamment par l’inadéquation entre la demande faite par les employeurs et l’offre de la main d’œuvre faite par les salariés ou encore , la rigidité des salaires et des prix entraînent du chômage.

 

Pour la Guinée, nous pensons qu’il faudra faire une dichotomie entre l’économie tournée vers le marché mondial (essentiellement les entreprises minières) et celle qui est tournée vers le marché local.

 

Ainsi, l’économie tournée vers le marché mondial devra tenir compte de la compétitivité de ses produits au niveau de ce marché.

 

Néanmoins, s’agissant de l’économie minière, allons nous continuer d’exporter les minerais à l’état brut sans les transformer en produits finis comme c’est le cas depuis les années 50 ? Au passage, il faut rappeler, que l’exportation des minerais bruts crée peu de valeur ajoutée donc de richesses. D’où la nécessité de remettre à plat, l’ensemble des contrats  miniers, et les  renégocier afin de transformer l’ensemble de nos matières premières en produits finis. Il est plus bénéfique pour la Guinée, d’exporter des feuilles d’aluminium ou des barres d’acier que d’exporter de la bauxite ou du fer à l’état brut. Ce changement va permettre la création de richesses nouvelles pour la Guinée et surtout des emplois  qui nous font cruellement défaut.

 

Par contre l’économie locale doit tenir compte de la demande des biens et services que les entreprises anticipent. Par conséquent, le chômage trouve son origine sur le marché des biens et non sur celui du travail : c’est parce que l’activité économique est insuffisante que les gens ne trouvent pas de travail.

 

C’est pourquoi, au CRED et à Gesficome nous proposons une politique de grands travaux initiée par l’Etat afin de créer une dynamique économique.

 

Nous pensons que la politique économique dictée par le FMI et la BM au travers de différents plans d’ajustements structurels est à l’opposé de ce qu’il faut faire pour notre pays. De plus la réduction drastique des effectifs de la fonction publique a conduit la Guinée dans une paupérisation des populations et une impasse.

 

Nous préconisons pour la fonction publique Guinéenne (administration centrale, territoriale, et locale) un effectif avoisinant deux cent mille fonctionnaires. Cet effectif n’est pas pléthorique contrairement à ce que nous font croire les « conseillers ». En effet en faisant une gestion cohérente de l’administration, et en tenant compte des besoins des populations, cet effectif est le minimum qu’il faudra pour que l’administration soit à la hauteur des enjeux.

 

Au CRED et à Gesficome, nous avons fait des simulations de l’utilisation de la totalité des fonctionnaires qui seront recrutés sur concours pour faire tourner la machine administrative.

Il ne faut pas oublier que dans les PVD, le secteur public est le premier employeur, donc, la consommation et par ce biais, la production dépend de ce secteur.

 

Nous ne devons pas accepter que l’on plaque sur notre pays des modèles qui fonctionnent dans les pays développés à économie de marché (PDEM).

 

Il est indispensable que nous essayions de reconnaître les compétences des individus afin de créer des équipes capables de sortir ce pays du chaos dans lequel il se trouve depuis cinquante ans !

 

La Guinée à suffisamment de personnes à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, ayant la capacité de se pencher sur les affaires du pays avec plus de discernement que ceux qui sont avancés avec des recettes toutes faites et autres plans d’ajustements structurels qui n’ont fait que plonger la population dans la misère.

 

Ces propos n’ont pas la prétention d’être une bible ; de ces débats que sortiront les solutions les plus réalistes, les plus adaptées à notre pays. Encore, faut-il que nous nous prenions en charge, que nous ayons le courage de la réflexion autonome et le sens de l’intérêt national.

 

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Alpha-Malal BARRY

Economiste, coordonateur du groupe Gesficome-CRED

pour www.guineeactu.com
 

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Vos commentaires
soumah youssouf, mercredi 25 mars 2009
Merci à Fatou de la précision apportée àm.Sow au sujet de l`analyse du groupe gesficome-Cred. Moi, je suis économiste et je travaille à Conakry. J`appartiens au CRED (Centre de recherche et de développement) et nous sommes les seules en Guinée à faire des enquêtes sur les prix par exemple ou sur le degré de satisfaction des consommateurs. Il est vrai que compte tenu de nos moyens, le traitement, l`interprétation des résultats et les rapports sont faits soit en france , soit aux USA où le cabinet gesficome (grâce aux moyens informatiques qu`il possède et de la présence de certains de nos compatriotes dans les deux structures)permet de faire le travail. Donc M.Sow, nous vivons les réalités du pays profond; bien à vous.
sow, mercredi 25 mars 2009
Dans tout ce qu`a dit Mme Fatou Dramè, je n`ai rien compris. En fait qu`est ce qu`elle veut dire? Le débat est clos pourmoi. Merci
Fatou Dramé, mercredi 25 mars 2009
M.Sow, je vous demande de bien vous informer avant d`annoncer des accusations gratuites. Nous vous rappelons que le groupe gesficome Cred comprend près d`une cinquantaine de spécialistes pluri-disciplinaires (économistes, juristes, sociologues, politiques) qui sont des africains pour beaucoup des guinéens (60% de gesficome comprend des Guinéens) et près de 67% des membres du groupe vivent en guinée. Il ne faut pas dire que ce groupe est coupé de nos réalités. De plus, vous voulez vivre comme au Ghana; très bien, je vous rappelle qu`il s`agit d`un pays qui a sa propre monnaie. D`autre part, vous parlez du burkina d`après vous, il faudrait faire comme eux! Je vous rappelle que le Burkina est un pays sahélien n`ayant que le soleil comme ressource. La Guinée possède quelques ressources autre que le soleil. Ainsi, lors d`une négociation avec un partenaire, les arguments des deux pays sont différents. Mais, je vous comprend M.Sow, Sékou Touré a détruit le pays à tel point qu`aujourd`hui, les gens qui ont subi cette dictature ont peur de se lancer sur un chemin non encore éprouvé. Néanmoins, il est temps que nos pays francophones se posent la question pour savoir, pourquoi les pays africains anglophones s`en sortent mieux que les francophones. Je vous remercie de la critique car, elle permet d`aller au fond des questions et de répondre le mieux possible. Amicalement M.Sow et a bientôt!
sow, lundi 23 mars 2009
vous etes complètement déconnecté de l`économie moderne. Comment voulez vous que la guinée se passe du FMI et de la Banque Mondiale, étant un pays ou l`épargne est faible à l`instar des autres pays africains importateurs d`épargne étrangère?.La guinée doit ressembler à un pays normal et faire comme des pays comme le ghana, le burkina, le mali, et tant d`autres qui ont bénéficié des ressources et des conseils avisés des institutions de bretton woods. Wa salaam
Camara, lundi 23 mars 2009
Merci M.BARRY de l`analyse pertinzente que vous faites sur l`économie de notre pays. Il est temps que les décideurs tiennent compte de nos réalités.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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