mardi 6 octobre 2009
Guinée: l'opposition exige le départ de Dadis Camara avant tout dialogue
Blaise Compaoré

L'opposition guinéenne a exigé mardi, à l'issue d'une réunion à Conakry, le "départ du chef de la junte", le capitaine Moussa Dadis Camara, et l'"arrestation des responsables" du massacre du 28 septembre avant tout dialogue, selon un communiqué remis à l'AFP.

Le président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur dans la crise guinéenne, avait proposé lundi à Conakry à la junte et à l'opposition de se rencontrer prochainement à Ouagadougou.

Mardi, les principaux dirigeants de l'opposition se sont concertés tout au long de la journée. Au terme d'une réunion - parfois houleuse - au domicile d'un opposant, le Forum des Forces Vives de Guinée (partis d'opposition, syndicats, organisations de la société civile) a décidé de refuser le dialogue tant que six exigences ne seraient pas satisfaites.

"Les Forces Vives ont pris bonne note de la proposition faite par le facilitateur pour l'organisation d'une rencontre à Ouagadougou entre le CNDD et les forces vives", selon leur texte.

Toutefois, elles estiment "que la tenue et le succès d'une telle rencontre ne peuvent être assurés que dans le cadre d'un climat apaisé et de confiance".

Le premier préalable cité est "le départ du chef de la junte, la dissolution du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement, junte) et la mise en place d'un organe de transition qui désignera un gouvernement d'union nationale".

La junte, dirigée par Dadis Camara, s'était emparée du pouvoir en décembre, au lendemain du décès du dictateur Lansana Conté, à la tête du pays pendant 24 ans.

Huit jours après la répression sanglante d'une manifestation, l'opposition exige également "la mise en état d'arrestation des responsables qui ont conduit les opérations au stade (...) et qui sont nommément identifiés par plusieurs témoins et leur traduction en justice".

Au nombre des préalables posés, figure "la restitution de toutes les dépouilles mortelles à leurs familles", de nombreux manifestants étant toujours portés disparus.

Elle demande également "la libération sans condition de toutes les personnes arrêtées" et des "personnes violées lors de ces évènements et encore en détention".

L'opposition assure que "des centaines de personnes sont toujours incarcérées dans des conditions inhumaines dans les différents camps militaires de Conakry et dans d'autres endroits non conventionnels".

Les opposants, dont certains portaient encore des pansements sur le crâne après avoir été roués de coups par des militaires au stade, exigent, enfin, "la sécurisation de la population civile, des leaders politiques et sociaux ainsi que des diplomates accrédités en Guinée".

Selon l'Organisation guinéenne de défense des droits de l'Homme, 157 personnes ont été tuées et 1.200 blessées. La junte a présenté un bilan officiel de "56 civils tués".


AFP / 06 octobre 2009 21h45


www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Laye Fabouya Camara, jeudi 8 octobre 2009
Nous soutenons entierement la decision des forces vives de la nation Guineenne, Nous sommes avec eux jusqu`a la fin. Vive les forces vives de la Nation Abas dadis Camara et sont CNDD merci Laye fabouya Camara depuis Kankan malade.
Nassirou, jeudi 8 octobre 2009
La position des forces vives est legitime. Il ne sert à rien de se voiler la face. La situation du pays est critik. Car ce ne sont pas les éléves, les enseignants, les taximans, les portefaix que Dadis ne peut pas controler. Il s`agit des militaires, des hommes armés. On ne doit pas attendre qu`il ait d`autres morts pour réagir. Même si les machines à tuer cherchent à calmer les choses, elles ne regrettent rien. C`est là le problème. Si rien n`est fait, elles recidiveront. S`il y a eu des milliers de morts au Rwanda, au Burundi, au Libéria ou en Sierra léonne, c`est parce que la communauté internationale s`est reveillée tardivement. "Vaut mieux prevenir que guerir", dit on. Dadis a avoué indirectement son incapacité de conduire la transition depuis qu`il a dit qu`il ne peut pas controler sa troupe, même si on peut penser qu`il l`a dit pour sauver sa peau. Maintenant, c`est au cndd de limiter les dégâts. C`est à dire cesser d`écouter les coureurs de postes et accepter de se retirer pacifiquement et accepter aussi que l`ONU nous aide à reformer notre armée. Il ne sert à rien de se mentir en disant que ça va aller alors que la réalité nous dit le contraire.
DIOP, jeudi 8 octobre 2009
je pense que c est une position legitime,seulement ils ne peuvent avancer sans avoir au prealable avoir autre choses que les martyrs. A L ALLURE OU VONT LES NEGOCIATIOnS LES FORCES VIVES N OBLIGEnt EN AUCUN CAS LES MILITAIRES A UNE NEGOCIATION QUELQUONC;une ville morte serait d abord un atout de taille avant d aller a une quelquonc negociation quand on voit la maneuvre macabre qui se deroule sous nos yeux .Disons des arrestations au camp non des pourparler entre militaire voila ces gens gagne du temps et en 2007 les bases de negociations etaient qu il avait unpays paralyser comme dissuation ,donc forcement des oreilles attentives .Mais la strategie de com macabre qui ce deroule sous nos yeux est inadmissible ;Negocier suppose obtenir quelque chose et pour ses messieur c est pas les morts qui vont les faire changer d avis .ET la je repete aller a ouagua sans un atout en main c est pire que ce que l on peut imaginer a bon entendeur salut
Mody Oury Diallo à OTTAWA, jeudi 8 octobre 2009
C`est très bien de demander le depart de Dadis et du CNDD mais nous exigeons aussi l`interpellation immediate des anciens premiers ministres pilleurs de nos biens et qui se font appelés forces vives a
Mamadou Cellou BAH, mercredi 7 octobre 2009
Je soutiens entierement la decicion des forces vives guineennes seulement je souhaite qu`elles y ajoutent un ultimatum proche a cela et passe lequel elles organiseront des villes mortes dans toute l`etendue du territoire. Je propose une semaine a savoir jusqu`au 15 Octobre prochain. Merci
A.conde, mercredi 7 octobre 2009
Prions ensemle pour notre nation et tous lutte pour la paix. Moi passe des moment dificile car j ai moi meme un parent au arret pour des raison non fondes. Je parle bien la les Gendarmes sous le commamdement du commandant Ningira CAMARA. ils ont rendus un service loyales. Avec une ordre de mission par la direction hierachique dont celui a deja plaider pour leur liberation. Je demande aux membres du gouvernement de trouver une solution a leur sutiation, car le temp passe bien mal pour eux etant en prison. Merci...
A.O.T. Diallo, mercredi 7 octobre 2009
Voici une excellente position des FV pour "reprendre la main"; meme si Compaore etait un interlocuteur frequentable, les FV doivent le recuser car il n`a pas ete choisi avec eux et en plus il est envoye par une institution (CEDEAO) qui a deja trompe le peuple de Guinee. Les FV doivent etre dans le fauteuil du chauffeur dans toute negotiation sinon ils partent perdants a coup sur...
M.FALL, mercredi 7 octobre 2009
Je soutiens à 100% cette position des Forces Vives car négocier dans les conditions actuelles équivaudrait à trahir tous les martyrs du 28/09/2009. En 2007 Conté a massacré des centaines de Guinéens et ensuite il a appelé à la négociation pour sauver son pouvoir. Les Forces Vives doivent savoir que c`est LE MOMENT OU JAMAIS d`imposer la démocratie en Guinée. Tout leader qui travaillera pour des négociations sans préalable sera considéré comme un traitre. Exigez, le départ de Dadis, l`envoi d`une force de paix et l`arrestation des exécutants du massacre en attendant les commanditaires!

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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