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L'opposition guinéenne a exigé mardi, à l'issue d'une réunion à Conakry, le "départ du chef de la junte", le capitaine Moussa Dadis Camara, et l'"arrestation des responsables" du massacre du 28 septembre avant tout dialogue, selon un communiqué remis à l'AFP.
Le président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur dans la crise guinéenne, avait proposé lundi à Conakry à la junte et à l'opposition de se rencontrer prochainement à Ouagadougou.
Mardi, les principaux dirigeants de l'opposition se sont concertés tout au long de la journée. Au terme d'une réunion - parfois houleuse - au domicile d'un opposant, le Forum des Forces Vives de Guinée (partis d'opposition, syndicats, organisations de la société civile) a décidé de refuser le dialogue tant que six exigences ne seraient pas satisfaites.
"Les Forces Vives ont pris bonne note de la proposition faite par le facilitateur pour l'organisation d'une rencontre à Ouagadougou entre le CNDD et les forces vives", selon leur texte.
Toutefois, elles estiment "que la tenue et le succès d'une telle rencontre ne peuvent être assurés que dans le cadre d'un climat apaisé et de confiance".
Le premier préalable cité est "le départ du chef de la junte, la dissolution du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement, junte) et la mise en place d'un organe de transition qui désignera un gouvernement d'union nationale".
La junte, dirigée par Dadis Camara, s'était emparée du pouvoir en décembre, au lendemain du décès du dictateur Lansana Conté, à la tête du pays pendant 24 ans.
Huit jours après la répression sanglante d'une manifestation, l'opposition exige également "la mise en état d'arrestation des responsables qui ont conduit les opérations au stade (...) et qui sont nommément identifiés par plusieurs témoins et leur traduction en justice".
Au nombre des préalables posés, figure "la restitution de toutes les dépouilles mortelles à leurs familles", de nombreux manifestants étant toujours portés disparus.
Elle demande également "la libération sans condition de toutes les personnes arrêtées" et des "personnes violées lors de ces évènements et encore en détention".
L'opposition assure que "des centaines de personnes sont toujours incarcérées dans des conditions inhumaines dans les différents camps militaires de Conakry et dans d'autres endroits non conventionnels".
Les opposants, dont certains portaient encore des pansements sur le crâne après avoir été roués de coups par des militaires au stade, exigent, enfin, "la sécurisation de la population civile, des leaders politiques et sociaux ainsi que des diplomates accrédités en Guinée".
Selon l'Organisation guinéenne de défense des droits de l'Homme, 157 personnes ont été tuées et 1.200 blessées. La junte a présenté un bilan officiel de "56 civils tués".
AFP / 06 octobre 2009 21h45
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