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Des sources très informées en provenance de Conakry indiquent que l’ancien Premier Ministre Lansana Kouyaté et ses mentors cherchent par tous les moyens à imposer à la junte militaire la personne de Lansana Kouyaté comme nouveau Premier Ministre.
Les tractations seraient en cours pour convaincre le nouvel homme fort de Guinée de nommer cet ancien premier ministre qui, l’on s’en souvient, avait ramené la Guinée aux heures les plus sombres de l’ethno-stratégie.
C’est le président sénégalais, Abdoulaye Wade qui serait plus actif pour la cause de Kouyaté. Il doit se rendre demain 29 décembre 2008 à Conakry pour essayer de venir à bout de la résistance du Capitaine Moussa Dadis Camara qui n’entendrait pas se faire mener par le bout du nez.
Nous disons que la Guinée est un Etat libre et responsable et que les militaires doivent éviter d’être victimes de leur jeunesse et de la gourmandise de vieux caïmans politiques qui risquent de les dévorer crus.
Les Guinéens ne comprennent pas que M. Wade veuille tant pêcher en eau trouble. Ils ne comprennent pas, non plus, le double langage du Président sénégalais. N’est- ce pas lui qui a affirmé sur les ondes de Radio France Internationale (RFI) qu’il a appelé ses pairs, dont le Président Nino Vieira, pour leur dire « de laisser les Guinéens régler leur problème entre eux ; ce qui se passe en Guinée est une affaire intérieure. »
Mais l’action du Président Wade serait doublée de celle de son fils Karim qui soutiendrait, quant à lui, Ibrahima Kassory Fofana, ancien Ministre des Finances. En effet, Kassory Fofana est un ami de Karim Wade.
Qu’on ne s’y trompe pas ! L’amitié n’explique pas à elle seule les actions conjuguées du clan Wade. Le père et le fils défendent des intérêts mafieux qui sont liés à l’exploitation minière de notre pays. La convoitise pour la Guinée, pour laquelle nous mettions en garde, il y a quelques jours, trouve ici confirmation.
Beaucoup d’observateurs se demandent si M. Wade, et maintenant son fils, ne voudraient pas se venger du défunt Président Conté avec lequel le père ne s’est jamais bien entendu. Ce dernier préférant privilégier ses liens avec le Président Nino de Guinée Bissau.
Le Capitaine Moussa Dadis Camara doit réaffirmer à cette occasion et dès à présent qu’il est un Président à part entière. Qu’il n’a pas besoin de tuteur pour tenir débout. Il doit, comme il l’a dit lui-même, agir de son propre chef.
En tout cas, le peuple de Guinée n’est pas mort. Il n’oublie pas que M. Lansana Kouyaté s’est toujours montré en adversaire de celui-là même qui l’a nommé. Qu’il a faussé le changement revendiqué par les Guinéens lors des événements de janvier et février 2007 qui ont fait des centaines de morts. Qu’il a piétiné la Feuille de Route et voulu imposer un pouvoir personnalisé. Qu’il s’est toujours considéré comme un prédestiné au pouvoir. D’où son conflit avec le Général Conté et toutes les institutions républicaines : syndicats, société civile, assemblée nationale etc. Enfin, qu’il a passé son temps à voyager et à implanter ses comités de soutien à travers le monde.
N’oublions pas qu’à chaque moment où les Guinéens ont voulu tourner une page de leur histoire, M. Lansana Kouyaté a refait surface pour fausser leur combat !
La Guinée a des hommes de valeur qui sont plus méritants, plus unitaires que celui qui a quadrillé la Guinée de ses préfets dont personne n’est prêt d’oublier la nomination.
Parmi ces hommes de valeur, il y a Mohamed Béavogui, François Lounsény Fall, ancien Premier Ministre et qui a démissionné de son poste, Issa Ben Yacine Diallo, Alioune FanTouré, économiste et écrivain, Tierno Monénembo, écrivain, Prix Renaudot 2008, Kabiné Komara et tant d’autres à l’intérieur.
Les militaires devraient être sur leur garde et être vigilants car les Guinéens ne sont pas prêts à revivre l’ère Kouyaté.
Les hommes politiques qui veulent le changement doivent sortir de leur torpeur et peser de tout leur poids pour que la transition qui s’est passée, jusqu’à présent, dans la paix ne se transforme pas en un conflit qui mènera la Guinée dans le chaos !
M. Wade devrait mieux s’occuper des affaires intérieures de son pays que vouloir nous dire ce qu’on devrait faire. Nous sommes capables de choix ! Le paternalisme en politique se résumant à cette pensée « je te côtoie, te berce avant de t’étouffer et te manger », la junte militaire qui a bien géré la transition devrait se montrer ferme dans sa volonté de changement.
On ne dira jamais assez que tous les Guinéens doivent être encore plus vigilants et être prêts à défendre notre pays des intérêts étrangers !
Lamarana Petty Diallo pour www.guineeactu.com
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